Haïti en Agonie :  La Trahison Silencieuse des Dirigeants Haïtiens.

Haïti en Agonie :  La Trahison Silencieuse des Dirigeants Haïtiens.

Pierre-Richard Raymond

Boukan News, 03/20/2025 – Haïti, berceau de la liberté et de la résilience, est aujourd’hui à genoux. Les neuf membres du Conseil Présidentiel de Transition ont plongé le pays dans une crise humanitaire sans précédent, tandis que le G9, coalition de gangs armés, impose sa loi sanglante dans les rues. Les cris de détresse des Haïtiens résonnent dans le monde entier, mais ces dirigeants restent sourds à l’agonie de leur peuple.

Port-au-Prince, autrefois perle des Caraïbes, est désormais une zone de guerre. Les hôpitaux fonctionnent sans médicaments ni électricité, quand ils ne sont pas simplement attaqués. Plus de 70 % des infrastructures médicales sont hors service. Les écoles restent fermées depuis des mois, privant 500 000 enfants d’éducation. Les routes sont contrôlées par des barrages armés, isolant des régions entières.

Selon Kennedy Okoth Omondi, porte-parole de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus d’un million de personnes sont aujourd’hui déplacées à travers le pays. La situation s’aggrave quotidiennement avec 60 000 nouveaux déplacés ces dernières semaines, fuyant la violence des gangs qui s’intensifie dans la capitale. Ces chiffres alarmants contrastent cruellement avec les discours lénifiants du Conseil Présidentiel et leurs promesses sans lendemain.

Sò Ann, 45 ans, témoigne : “J’ai vu les hommes armés envahir Cité Soleil, brûler nos maisons et exécuter nos jeunes. Ils violent nos filles sous nos yeux pour nous humilier. Le Conseil ne fait rien. Ils sont complices par leur silence.” Réfugiée dans un camp de fortune à Carrefour, elle survit avec un repas tous les deux jours.

Boss Marcel, vendeur d’eau ambulant, risque quotidiennement sa vie pour gagner quelques gourdes. “J’ai perdu ma maison lors d’une attaque de gang. Maintenant, je dors sous un préau du marché avec mes trois enfants,” confie-t-il. Quand on lui demande s’il n’a pas peur, il répond d’une voix brisée : “Vivre en Haïti aujourd’hui est un enfer pire que tout ce qu’on peut imaginer. Personne ne se soucie de nous. Ni le Conseil, ni l’étranger. Nous sommes seuls.”

Pendant ce temps, les élites politiques poursuivent leur ballet cynique. D’un côté, elles versent des larmes de crocodile devant les caméras internationales ; de l’autre, elles négocient discrètement avec les chefs de gang le contrôle de territoires et de ressources. Leur nationalisme de façade – ce “speedo nationalisme” qui se déshabille aussi vite qu’il s’affiche – ne trompe plus personne. Des sources crédibles rapportent que des armes destinées aux forces de l’ordre se retrouvent mystérieusement entre les mains des gangs, avec la complicité tacite de hauts fonctionnaires.

La réalité est brutale : plus de 5,2 millions d’Haïtiens en insécurité alimentaire aiguë, et une inflation qui dépasse 40 %, rendant les produits de première nécessité inaccessibles. L’aide internationale, quand elle arrive, reste bloquée au port ou dans les entrepôts, détournée par des réseaux de corruption qui remontent jusqu’aux plus hautes instances de l’État.

Le Conseil Présidentiel, censé assurer la transition démocratique, n’est qu’une façade qui masque mal la course aux privilèges et aux prébendes. Leur inaction délibérée face à la crise humanitaire relève non plus de l’incompétence, mais d’une stratégie calculée : maintenir le chaos pour justifier le report indéfini des élections et continuer à piller les ressources nationales.

Nous exigeons que les membres du Conseil Présidentiel :

– Établissent un dialogue national inclusif avec la société civile et les représentants de tous les secteurs.

– Créent des corridors humanitaires sécurisés dans les zones contrôlées par les gangs.

– Mettent en place un programme d’emplois d’urgence pour les jeunes des quartiers vulnérables.

– Assurent la protection des marchés et des petits commerçants comme Boss Marcel.

– Rétablissent les services de base (eau, électricité, santé) dans les camps de déplacés.

À la communauté internationale, nous demandons un soutien qui respecte la dignité haïtienne : formation des forces de l’ordre, programmes de développement communautaire, et surveillance indépendante de la distribution de l’aide.

Le peuple haïtien mérite un avenir. Ses enfants ont droit à l’espoir. Aux membres du Conseil Présidentiel, nous rappelons votre serment : servir la nation, pas vos intérêts. L’Histoire retiendra ceux qui, à cette heure sombre, auront choisi de se tenir debout pour un nouvel Haïti, où la vie de chaque citoyen, qu’il soit Sò Ann ou Boss Marcel, compte autant que la vôtre.

Pierre-Richard Raymond.  

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