*Haïti : de Toussaint Louverture à Jovenel Moïse*
Par Antonio Rival
Haïti, sous le nom de Saint-Domingue, était la plus riche des colonies françaises. Grâce à sa fameuse révolution, il est devenu, comme pays, le symbole des luttes anti- colonialiste, anti- esclavagiste et anti- ségrégationniste dans le monde.
Plus de deux siècles après Toussaint Louverture et après l’ indépendance nationale, Haïti est catalogué “pays le plus pauvre de l’ hémisphère occidental”. Plongé dans la misère et l’instabilité quasi- permanente, il vient d’assister à l’ assassinat de son président, M. Jovenel Moïse.
Comment est-on arrivé là?
La Révolution Haïtienne est bourrée de contradictions. Le génial Toussaint Louverture, pro-français, très respecté, n’ était pas aimé de ses principaux généraux. Presque chacun de ces derniers avait son propre projet de société. La société est foncièrement divisée. La dictature et la corruption aidant, le niveau d’Etat-nation n’est jamais atteint. On le comprend bien, les indicateurs socio-économiques sont tous au rouge.
À la base de cette déchéance, des facteurs externes sont à souligner aussi.
– Un embargo tacite des puissances coloniales- esclavagistes est imposé après l’indépendance.
– L’ imposition, par la France et pour la reconnaissance de l’indépendance , d’une indemnité de 150 000 000 de francs d’or en faveur des anciens colons.
– La main mise des étrangers ( Français, Allemands, Anglais, etc.) sur l’ économie nationale au 18e siècle.
– La vassalisation du pays par les puissances occidentales, surtout les États-Unis, à partir de 1915.
Il est constaté aujourd’hui que le peuple haïtien, conscient de sa réalité désastreuse, aspire majoritairement à une nette transformation socio-économique et politique de son pays.
Antonio RIVAL





