Et les contractuels, n’ont-ils pas des bouches à nourrir?

Et les contractuels, n’ont-ils pas des bouches à nourrir?

Narcise Jean-Baptiste
Boukan News, 03/18/2025 – La condition contractuelle dans l’administration publique n’est plus enviable. Elles sont loin les années où un tas de gens affectionnaient le statut de contractuel. Le salaire était de loin plus intéressant surtout pour des prestataires qualifiés.
Sous l’instigation de Conille, à la fin de l’exercice fiscal 2023-2024, l’OMRH avait créé une plateforme numérique pour ré-engager les contractuels avec l’aval de l’institution d’affectation afin d’éviter le cumul des emplois dans la fonction publique (art. 17 du Décret du 17 mai 2005 sur la fonction publique).
Entre temps, des contrats sont passés. Toute la paperasse traine des institutions passant par l’OMRH à la Cour des comptes. Ceux qui ont signé peinent à entrer en possession de leur exemplaire. Un vrai chemin de croix avec tout le stress que ça cause.
Comme agents économiques, les contractuels doivent subvenir aux besoins de leurs familles. Et, comme l’a si bien dit Nissage Saget :  “Chaque bourrique brait dans son pâturage”.
Si la chèvre ne broute que là où elle est jouquée, comment peut-elle y parvenir quand on tarde à la servir? Dans une situation de précarité généralisée quand on ne reçoit pas sa paie à temps, on est doublement pénalisé. On s’endette pour pouvoir gérer le quotidien et on n’a presque rien quand on est payé tant les dettes absorbent tout. Déjà, on peinait à subsister avec des salaires maigrelets, imaginez ce qu’il en est quand les salaires ne sont pas livrés à temps.
Selon nos informations, cinq ou six mois après avoir paraphé le contrat, aucun contractuel n’a toujours pas empoché le moindre sou. N’est-ce pas frustrant?
Même si on ne peut pas dire que l’argent coule à flot dans les caisses de l’Etat, mais on ne peut pas prétendre qu’elles sont vides, non plus. D’ailleurs, le CP Fritz Jean a même fait mention d’une situation de surliquidité.
 Les contractuels doivent-ils attendre un budget rectificatif pour être payés? Ce budget de guerre quand exactement verra-t-il le jour? S’il est juste de parler de la guerre contre l’insécurité, il faut aussi mener une guerre contre la précarité et la misère matérielle. Les gens meurent à petit feu faute d’espoir réel.
Il importe que la condition contractuelle soit repensée sérieusement. Puisque l’article 15 du Décret portant révision du statut général  de la fonction publique du 17 mai 2005 stipule que l’agent public contractuel peut être temporaire, vacataire ou journalier.
Haïti doit cesser d’être le pays où des concepts diamétralement opposés prennent sens quand ils sont jumelés, tels “bandit légal”, “contractuel permanent”.
Narcisse Jean-Baptiste
narcissejeanbaptiste196@gmail.com

One comment

  1. Il est urgent de repenser la condition contractuelle en Haïti, où les agents publics contractuels sont souvent confrontés à des conditions de travail précaires et à des salaires dérisoires. L’article 15 du Décret portant révision du statut général de la fonction publique du 17 mai 2005 stipule que l’agent public contractuel peut être temporaire, vacataire ou journalier, ce qui laisse une grande marge de manœuvre pour les employeurs ¹.

    Les contractuels haïtiens sont souvent payés au SMIG, soit environ 200 gourdes par jour, ce qui est insuffisant pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. De plus, ils n’ont pas accès aux mêmes avantages sociaux que les fonctionnaires titulaires, tels que la sécurité sociale et la retraite.

    Il est temps que les autorités haïtiennes prennent des mesures pour améliorer la condition des contractuels et mettre fin à la précarité et à la misère matérielle qui les affecte. Cela passe par une révision du statut des contractuels, une augmentation de leurs salaires et une amélioration de leurs conditions de travail.

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