Emmelie Prophète, une autre débâcle de l’intelligence haïtienne !

Pennsylvanie, USA, 04/02/2023 – J’ai beaucoup réfléchi avant d’écrire cet article, et ceci pour plusieurs raisons. D’abord, madame Emmelie Prophète est une femme, dont le genre (seulement 4 femmes sur 19) est sévèrement sous-représenté à l’intérieur d’un gouvernement fortement dominé par des hommes. Ensuite, elle est une figure fulgurante de la classe intellectuelle du pays qui, bravement se lance dans une aventure aussi périlleuse qu’est la gestion de l’héritage amalgamé de Jovenel Moise.
Je ne veux pas non plus contribuer à entériner le courant anti-intellectualisme qui bat son plein dans le pays, surtout à partir de « la déroute de l’intelligence » aux présidentielles de 2010. Cependant, il y a des limites. La dernière prestation de Mme Emmelie Prophète au micro du journaliste Yvenert Foeshter Joseph qui avait été très professionnel en préservant son patriotisme, est une offense à l’intelligence. En ce sens, il est nécessaire de l’appréhender et la commenter en tant que telle. D’abord le mensonge !
Le journal officiel d’Haïti, « Le Moniteur » publia un numéro spécial (# 29), le vendredi 7 octobre 2022, dans lequel est écrit ce qui suit :
« Le Conseil des Ministres donne mandat au Premier Ministre Ariel Henry, Pour :
1- Solliciter et obtenir des partenaires internationaux d’Haïti un support effectif par le déploiement immédiat d’une force spécialisée armée, en quantité suffisante, pour stopper, sur toute l’étendue du territoire, la crise humanitaire, causée entre autres, par l’insécurité résultant des actions criminelles des gangs armées et de leurs commanditaires. »
Madame Emmelie Prophète a crûment menti en refusant d’admettre l’échec de son gouvernement dans sa tentative de faire débarquer des soldats étrangers sur la terre de Jean Jacques Dessalines. Elle a participé pleinement dans l’indigne sollicitation de ramener « une force spécialisée armée » dans le pays. Le pire, elle exigea qu’elle soit déployée « sur toute l’étendue du territoire ». Dans la politique, comme dans la vie en général, tout le monde commet des erreurs, le gentleman les assume et se projette vers l’avant, mais désavouer la vérité, c’est encourager le vice. C’est un manque de courage qui me renvoie à questionner la probité intellectuelle et l’intégrité morale de Mme Prophète. Car, la décence existe encore !
Edward Said, un critique littéraire palestinien, voit l’intellectuel comme « le moqueur à qui il appartient de soulever publiquement des questions embarrassantes, de confronter l’orthodoxie et le dogme, d’être quelqu’un qui ne peut pas être facilement coopté par les gouvernements ou les entreprises ». Cette définition a fait les délices même des Anglais qui, généralement affichent des comportements délirants face aux intellectuels qu’ils conçoivent comme « Un homme qui n’est pas fidèle à sa femme. » Emmelie prophète, femme de lettre respectable, au lieu de dénoncer les mauvais actes gouvernementaux, elle y participe. Ce qui fait que l’échec d’Ariel Henry est aussi le tien, donc elle est coupable dans la gestion calamiteuse du pays comme super-ministre.
En écoutant Mme Prophète, on expérimente le dirigeant de toujours qui parle abondamment mais réalise très peu. Le pire, c’est qu’elle a un comportement d’une citoyenne qui vit quelque part, mais pas sur la planète terre, certainement pas en Haïti. Cet étrange comportement invite à questionner le mental de nos dirigeants qui partagent l’inconscience avec l’ange de la mort. Ils ne se soucient de rien. Ils évitent la réalité. Ils mentent jusqu’à croire à leurs propres mensonges, Ils se perdent dans des diatribes au lieu de disséquer la réalité.
On dirait que si les autres peuples fréquentaient les grandes universités occidentales afin de transformer la réalité économique, sociale, politique…de leur pays, les Haïtiens s’adonnent uniquement à l’oralité. Ils apprennent à bien prononcer les phrases, à trouver les mots et expressions justes…ou à dire n’importe quoi pour s’accrocher à un poste. Ils ne sont pas pragmatiques !
Les dirigeants haïtiens, dont Mme Prophète est le prototype, rejettent les concepts de progrès et ignorent tout de la culture d’exécution et du résultat. Au sein de l’administration publique, comme présidents/premier-ministres/ministres/secrétaires d’état/directeurs généraux/sénateurs/députés…Ils ne peuvent s’empêcher de bavarder. Pendant ce temps, les gangs prennent le contrôle de la capitale politique et économique de la nation. La super-ministre a avoué que des territoires sont perdus, c’est-à-dire qu’ils échappent au contrôle du « pouvoir central ». Pourtant, elle est honnête lorsqu’elle déclare qu’elle n’emprunte pas la zone de Martissant pour rien au monde.
Ils s’en foutent pas mal, ils continuent de présenter des excuses aux journalistes et aux peuples en guise de réalisations. Ils se comportent comme des vaincus consentants et complaisants.
Je me demande, après avoir pris lecture de « les villages de Dieu », une superbe narration d’Emmelie Prophète, comment a-t-elle pu avoir ce comportement insensible à l’endroit de « Celia, Tonton Fredo, Gran Ma, Rosia », tous des personnages de son roman, eux qui vivent la tourmente aujourd’hui. Il y a cette phrase de Celia qui traduit la réalité commune des gens du peuple « Je suis une fille avec une histoire très ordinaire. Ma mère fut ma grand-mère. ». Les ghettos sont habités par des millions de « Celia et de Fredo », que la calamiteuse gestion du pays, émaillée de vols et de gaspillages, gaspillent au quotidien. Est-ce tout simplement une exploitation abusive à des fins mercantiles du mode de vie des gens du peuple pour recevoir les « Prix Fektann ! Maryse Condé et Carbet des lycéens », ou la manifestation d’un cri du cœur ?
En attendant, les dirigeants haïtiens continuent à être décevants au pays comme à l’international !
L’international, après deux siècles de palabres, est habitué aux grandiloquences des dirigeants haïtiens, on ne les prend guère au sérieux. Cette absence de crédibilité détermine leur relation avec Haïti. Les pays du CORE GROUP cessent de consulter les dirigeants du pays depuis belle lurette, il leur dicte leur comportement. Ils ne questionnent pas les ordres, ils les appliquent avec zèle. Aux assises internationales, ils s’intéressent plus à déguster les hamburgers et « chicken-cheese-stakes » que de poser les problèmes de la nation. On les invite juste pour épater la galerie, parfois l’international préfère traiter avec les dirigeants dominicains des problèmes d’Haïti que les Haïtiens eux-mêmes. En fait, ils sont considérés comme des inaptes, des imbéciles, des vampires enfantés par le soleil.
Ils n’ont pas de bilan. A la radio comme à la télé, les responsables haïtiens ne présentent jamais des formules arithmétiques, voire mathématiques pour démontrer leurs réalisations. Ils ne font que narrer des histoires vides sans fin d’auteurs étrangers sur des sujets complexes liés au développement global, l’économie, la technologie…mais eux, « nada ».
Le pire, Mme Prophète s’en était prise à la diaspora. C’est ce qu’arrive lorsqu’on n’a rien de sérieux à dire ou à faire, on invective sans raison, on se fâche pour cacher l’échec et on accuse. Une diaspora qui apporte une contribution annuelle de plus de 4 billions de dollars à un pays qui ne leur offre rien en retour, pas même le droit de vote. Sans omettre de mentionner les 30 millions de dollars perçus sur les transferts d’argent et appels sur Haïti. Dans des pays comme les Philippines, le Mexique, la Dominicanie…l’état vénère sa diaspora. Ce sont des responsables intelligents qui sont au pouvoir, ils valorisent cette participation qui écoulent des capitaux frais dans l’économie. Ils sont si reconnaissants envers leurs diasporas, il y a leurs représentants qui siègent au congrès de leurs pays respectifs comme députés ou sénateurs.
Emmelie Prophète, en dépit de l’accumulation de prix littéraires, ne fait pas la différence qu’on attendait d’elle !
Joel Leon






Monsieur Joël Joseph . Bonne continuation. Merci.
Peux-être que cette dame considère, comme le reste du pays que la Diaspora est en esclavage pour Haïti. Tout ce que ces incompétents, ces criminels apatrides ne peuvent pas obtenir pour Haïti, c’est la Diaspora qui doit le payer. Utilisant l’ignorance, la jalousie humaine, la faim, la pauvreté d’un peuple aux abois pour forger une haine imbécile et idiote contre la première source du PNB Haïtien. Ces idiots ne produisent rien, et ne savent même pas comment collecter les impôts. N’ayant aucune imagination, alors il ne leur reste que de l’argent facile : kidnaping, vol, corruption, escrocrerie aux douanes , la télecommunication, usurpation de droit, assassinats, l’intimidation dans l’insécurité, le trafic d’armes et de munitions.
Tous des escrocs.