D’une catastrophe à une autre…
Par Philomé
Depuis combien d’années s’accumulent elles,
Les catastrophes haïtiennes ? Nos catastrophes ? Environnementales ?
Politiques ? Sociales ? Humaines ?
Plusieurs siècles ! Elles ont défilé
Les unes après Les autres. Sans s’arrêter. Ces temps derniers, on dirait même qu’elles Se livrent à Un véritable marathon. Au pas de charge. De course. De destruction !
Laquelle va occasionner le plus de morts ? Le plus de dommages matériels ?
Laquelle va déranger encore plus le tissu social haïtien déjà en lambeaux ? Laquelle veut remporter le plus de palmes dans la transformation d’un jardin d’Eden habité par des anges à « Peaux Rouges » en Un lieu sinistre devenu Un tombeau à ciel ouvert pour des “ gens à cornes, aux pieds fourchus, des crocs au lieu de dents, une longue queue, des Griffes en lieu et place d’ongles et Un épiderme plus foncé que l’obscurité” terrassés par Saint Jacques le Majeur avec sa Grande épée sur son grand cheval blanc en mode de conquête continue… ? Conquête impériale, coloniale, néo coloniale s’entend !
Si j’avance une année, mes Frères siamois de la gauche orthodoxe pourraient en faire une tête et me cloueraient sans regrets, sans remords et sans réserve au pilori… Pousser à la guillotine même, juste par annoncer que L’année 1957, par exemple, pourrait être cette date charnière qui a exposé tout le mirage d’un état Républicain National et Les grands mensonges l’entourant. Point de départ de cette accélération d’un train sans Contrôle vers une destination non inscrite sur aucun tableau de bord.
Non ! Rassurez-vous, Chers amis, Pas si vite, vous savez et nous savons, toi et Moi, que nous devons remonter à plusieurs siècles, le 15ème, définitivement, avec le début de l’ère coloniale sur cet îlot de terre, d’eau, de forêt où Les hommes, Les femmes travaillaient la pierre, cueillaient, cultivaient, pêchaient et surtout priaient des dieux qui ne réclamaient pas la dîme et des offrandes humaines…pour parler de la première vraie catastrophe qui a endeuillé toute l’île d’Hispaniola ( Quisqueya, Haïti, Bohio) avec la disparition de Millions d’êtres humains mis en contact avec une civilisation de terreur, d’exploitation, de mépris et de haine…
Saura-t-on Jamais l’effectif des Tainos ensevelis par Les maladies importées d’Europe ? Les travaux forcés ? Les tueries indiscriminées ?
A cette Grande catastrophe humaine annonçant l’ère des déplacements forcés, des destructions systématiques des échos systèmes caraïbes, des pillages des ressources naturelles, de l’exploitation outrancière de la force de travail apprivoisée et conditionnée s’ajoutent des cataclysmes naturels périodiques : Les tremblements de terre qui emportent vies humaines et Bien matériels ( Jérémie, Port-au-Prince, Cap-Haïtien, Fort Liberté, Port-de-Paix) et surtout des ouragans beaucoup plus réguliers qui, dans leur furie, n’établissent aucune distinction et anéantissent tout ce qui obstrue leur passage:
Hazel, Flora, Hugo, Inès, Jeanne, Mathieu etc…en sont quelques exemples….
Les cataclysmes naturels n’ont pas un calendrier bien défini. Ils accordent un temps de répit pour honorer Les disparus, Les perdus et Les Voyagés sans retour . Entre deux frappes, les gens généralement se remettent à vivre, « bon an mal an », et même á espérer….
Toutefois, cette indigence idéologique et politique liée à la Grande catastrophe première, la colonisation au nom de la civilisation et de l’évangélisation, aussi Aux mini désastres Ponctuels, Les invasions militaires sous couvert de droit d’ingérence et de protection, Les occupations directes et indirectes, la formation d’un “ indigénat d’élite” dénué de constance, de conscience et de substance ne pardonne pas…et C’est Elle, la source des petites catastrophes périodiques qui rendent l’existence de l’homme Haïtien un Himalaya á grimper et la cigüe á boire..
La catastrophe de la colonisation, de la néo colonisation et des diktats impériaux associée à cette enclave, cette insularité, cette inertie de la pensée politique haïtienne continue à “ouvrir les veines” ( Eduardo Galeano) de la terre sacrée d’Haïti à travers la fomentation à dessein des luttes fratricides inutiles et insensées, de la promotion de la corruption et de la prévarication, du soutien sans fard aux dictateurs, aux apprentis dictateurs et hors la loi de tout acabit, des nuls, des voleurs pour entretenir “ la déroute de l’intelligence “ ( Roger Gaillard) au profit des mêmes minorités. Nationales et Transnationales.
Il est peut-être encore difficile en notre temps de prévenir ou d’éviter sur une grande échelle les dégâts et commotions qu’un ouragan, un tremblement de terre et même un Tsunami peuvent provoquer. Mais, quand á ce “ misérabilisme” idéologique et politique, cette absence de vision large et inclusive, cette intolérance chronique, cet individualisme forcené, ce dédain chevaleresque de nos traditions de vie collectives et communautaires, ce rejet spontané de la connaissance scientifique…tous ils nous ont été inculqués consciemment ou inconsciemment pour mieux nous apprivoiser et nous pousser à la barre de la perdition de notre “ âme patriotique” …. C’est un défi à relever…
Nous pouvons le faire. Mettons-nous au travail.
Sans relâche. Sans lassitude. Nous transcenderons et y arriverons… Et les petites et grandes catastrophes sociales, politiques et humaines provoquées, fabriquées, acceptées mais contrôlables et assimilables s’évaporeront pour de bon !
Philomé.






