DONALD TRUMP : EST-IL UNE ARME DE DESTRUCTION MASSIVE CONTRE LA DÉMOCRATIE DE SON PAYS ?

DONALD TRUMP : EST-IL UNE ARME DE DESTRUCTION MASSIVE CONTRE LA DÉMOCRATIE DE SON PAYS ?

Ducasse Alcin

Pennsylvania, USA, 08/14/2022 – Les adversaires des Etats-Unis n’ont plus besoin de lever le petit doigt au cas où ils auraient souhaité semer la pagaille au sein de la société américaine. Trop jaloux pour leur laisser faire ce boulot, Donald Trump leur a volé la vedette, il s’en charge lui-même !

En moins de 6 ans, comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, l’ancien président a pu réussir le pari là où les autres nations ennemies ont échoué à savoir : saper les bases structurelles des institutions américaines.

Les historiens et politologues sont unanimes à reconnaître que jamais dans son histoire lointaine ou contemporaine, la démocratie américaine n’a été si menacée autant qu’elle l’est maintenant avec l’ascension de monsieur Trump au devant de la scène.

Joe Biden

Ne me croyez pas sur parole. Allez demander cela à Joe Biden, car c’est celui qui a décelé la menace pour en avoir été victime le premier. Il en a fait mention dans une allocution au lendemain des élections de 2020 où Donald Trump, jouant le mauvais perdant, refusait de concéder sa défaite.

Si à l’époque il existait un tant soit peu de doute sur la pertinence d’une telle perception, la cascade d’événements subséquents à l’élection allait montrer toute la magnitude du danger que ce malotru politique représentait et continue encore de représenter pour la démocratie bourgeoise et qu’en fait l’ancien occupant de la Maison Blanche est pire encore que ce qu’on pourrait imaginer.

Dans cette analyse, nous allons nous intéresser à deux événements pivotants : l’insurrection du 6 janvier et celui du mardi 9 août écoulé.

Mais au préalable, faisons un bref survol sur le parcours politique de Donald Trump.

Comme vous le savez peut-être déjà, monsieur Trump n’a pas eu le parcours du combattant en politique. C’est un outsider qui a alléché les électeurs dépités par les partis traditionnels en leur offrant un discours fasciste/populiste pour assouvir leurs fantasmes xénophobes.

Dès son entrée dans l’arène politique, il a commencé sa campagne en colportant des rumeurs fantaisistes. Barack Obama fut le premier à en faire les frais, quand Trump insinuait qu’il est né en dehors du territoire des États-Unis ; ce qui, d’après lui, le rendait inapte à devenir président.

Trump supporters

Fervent adhérent à la théorie conspirationniste, Donald Trump a pollué l’écosystème politique en y instillant le poison du soupçon partout. Le mensonge estampille toujours ses discours. On peut dire que le type abhorre la vérité. La notion d’exactitude factuelle est un concept flou dans son vernaculaire. Tant et si bien que le Washington Post a répertorié plus 22 mille mensonges sortis de la bouche de monsieur Trump en moins de 4 ans de mandat !

Animé d’un narcissisme maladif, il n’a pas pu suivre le sentier classique de ses prédécesseurs qui ont toujours admis leur défaite avec grâce. Brisant cette noble tradition, avec l’aide de quelques-unes de ses satrapes, monsieur Trump a plutôt décidé de fomenter un coup pour s’accrocher au pouvoir.

C’est ainsi qu’en ce fameux 6 janvier 2021, répondant à son appel, des milliers de sympathisants du président, se transformant en émeutiers, ont investi l’enceinte du congrès, pour bloquer le déroulement du processus de transition.

Cet événement constituait une entaille très grave faite à la démocratie américaine. Les gens n’en revenaient pas qu’un tel drame puisse se produire aux États-Unis. En tentant ce coup foiré, Donald Trump a voulu déboulonner l’axe sur lequel s’assoient les institutions si chères aux Américains.

Mais le coup de l’estocade allait être donné le mardi 9 août dernier quand les informations ont révélé que l’ancien président avait en sa possession des documents classés top secret.

Ce jour-là, la nouvelle est tombée comme un couperet. L’information selon laquelle le FBI a effectué une descente des lieux au domicile de monsieur Trump pour récupérer les documents susmentionnés a été diffusée en boucle.

Après maintes tentatives à l’amiable qui lui firent injonction de remettre les documents, les agents fédéraux se sont vus contraints de recourir aux manières fortes pour contraindre Trump à obtempérer. C’était une course contre la montre puisqu’il est bruit que le code de l’arsenal nucléaire figurerait parmi ces documents.

On n’était pas au bout de nos surprises puisqu’on allait apprendre plus tard que l’ancien président faisait même l’objet d’une investigation portant sur l’espionnage. Évidemment, ses partisans crient haro sur baudet, car selon eux “c’est sans précédent”. Mais ils ne doivent pas oublier que leur champion entre dans un registre d’un chef d’État atypique qui refuse délibérément de se conformer aux principes du jeu démocratique.

 Où est le danger dans tout cela ? 

Poutine et XI

 

Il est limpide. Connaissant le caractère vénal de monsieur Trump, on craint que certains de ces matériels sensibles n’aboutissent déjà aux mains des forces ennemies des Américains, telles la Corée du Nord, la Chine ou encore la Russie.

Même si monsieur Trump avait déjà coché plusieurs cases pour ce qui est de son inaptitude cognitive, on était loin d’imaginer l’énorme danger qu’il représente. Dès son entrée sur scène en politique, il a battu en brèche tous les fondements normatifs régissant la démocratie américaine. L’exemple le plus parlant, on l’a vu, remonte au 6 janvier de l’année dernière où il a failli réduire les États-Unis en une république bananière en fomentant un coup d’État qui a failli réussir, n’eut été le courage de certains hommes de loi.

Tant qu’il continue à bénéficier d’un blanc-seing en ce qui a trait aux violations flagrantes et répétées de la loi, il pourra toujours gonfler sa cage thoracique, se croyant immunisé. Aussi longtemps que le système judiciaire se montre complaisant envers lui, il représentera toujours une épée de Damoclès tangible, planant au-dessus de la tête de la démocratie occidentale, bien pire qu’une arme de destruction massive.

Ducasse Alcin

Photo, courtoisie de: New York Daily News

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