Comprendre Aristide

Comprendre Aristide

Esau Jean-Baptiste

New York, USA 06/29/2022 – Chercher à comprendre Aristide, c’est d’abord traverser plus de deux siècles dans l’histoire de la politique haïtienne pour finalement se poser cette question à savoir : l’homme est-il un Louverturien ou un Dessalinien ?

C’est aussi chercher à comprendre l’homme dans sa lutte pour une meilleure condition de vie des masses populaires face au plan global de déstabilisation de l’international pour Haïti.

Chercher à comprendre le leader lavalas, c’est aussi chercher à comprendre l’idéologie du prêtre de Saint Jean Bosco dans un contexte de nouvel ordre mondial de l’après-guerre froide d’un monde politique internationalement unipolaire.

On ne peut pas faire semblant de comprendre le disciple de la Théologie de libération, si on refuse de comprendre que l’homme de souche paysanne n’était pas apprécié par la bourgeoisie de couleur, certains hommes de l’élite intellectuelle et des hommes d’affaires rapace d’Haïti.

On peut, à partir des analyses pointues tirées dans les journaux d’extrême-droite, faire comprendre que l’homme était un activiste. Puisqu’il n’avait pas de programme politique, il n’était pas préparé pour diriger Haïti. Si bien que, il incitait les gens à la violence surtout contre les nantis qui, depuis l’indépendance garde le pays dans la crasse et le peuple dans la misère la plus abjecte. Mais parmi tous ses constats, il faut aussi réaliser qu’il y avait toujours eu des obstacles sur son chemin à chaque fois qu’il voulait montrer le contraire à ses détracteurs.

Dans des débats anti-Aristide, on peut tout dire négativement sur ses deux mandats, mais si on ne reconnait pas à chaque fois qu’il tentait, à partir des efforts, de permettre aux masses de vivre dans la dignité et la liberté, il y avait la main intouchable des puissances occidentales et de la bourgeoisie rapace qui était continuellement là pour faire avorter ses rêves les plus chers pour Haïti, c’est que vous avez lu une seule histoire de la gestion politique de cet homme.  Celle des journaux de droite antiprogressiste.

Comprendre qu’Aristide est un prête, une humain, mais pas un Saint qui est sans péché, c’est déjà avoir une bonne lecture de la lutte de ce nationaliste qui a eu ses racines dans la souffrance des masses populaires . Mais le présenter comme le mal absolu ou l’homme de tous les maux, comme le veulent  faire croire ses détracteurs, c’est ne pas avoir une très bonne lecture d’analyse sur les causes profondes des problèmes du sous-développement d’Haïti.

Celui qui a plaidé plusieurs causes et revendications sociales nationales est, dans l’ensemble, une victime.  L’homme est victime d’une élite anti-changement.  Il est aussi victime d’une communauté internationale qui, tout en donnant des diktats, cherche toujours des dictateurs pour opprimer le peuple, dilapider les caisses de l’État et en retour, avec des agences bidon, la laisser aussi de plein pouvoir pour exploiter toutes les ressources du pays.

Comprendre qu’Aristide peut être le président provisoire pour nettoyer les malpropretés des dix dernières années des autorités incompétentes du pays, c’est avoir une fausse et bien mauvaise compréhension sur celui qu’on avait, en deux occasions, interrompu leur mandat légitime et populaire

Pour mieux comprendre Aristide, c’est faire un recul loin de tous les clichés anti-Aristide et des textes pro-Aristide, et faire votre propre jugement pour voir que l’homme est un nationaliste qui, en dépit de ses faiblesses, a toujours pensé du bien pour Haïti et son peuple.

Si on a seulement eu la chance de rencontrer l’Aristide le prête, l’activiste, l’homme politique, le Recteur de l’Université, sans avoir fait connaissance de l’homme dans sa bonne humeur, on manque beaucoup du personnage que les mauvaises langues représentent comme un maniaque, un récalcitrant. Il y a donc un monde de différence entre l’Aristide activiste qui, publiquement, enflamme les foules par des discours engagés…et un autre en privé. Pour celui qui sait enflammer les foules, Titid, avec une voix beaucoup plus calme, sait aussi donner des blagues.

Chercher à comprendre le Recteur de l’Université de la Fondation d’Aristide, c’est arriver à faire cette distinction à savoir, mis à part sa formation en tant que disciple de la Théologie de libération, l’homme est-il un Louverturien ou Dessalinien revu, et corrigé ?

Et en fin de compte, Chercher à comprendre Aristide, c’est arriver à cette conclusion que l’homme, victime de deux coups de force, était toujours, est maintenant et sera encore mal compris.  Oui, si on voulait, toutefois, l’impliquer, spécifiquement comme chef de transition dans cette merde de ces emmerdeurs locaux et internationaux. C’est avoir une autre idée du Père Titid des années 1980, le rêve du 16 décembre 1990, et les raisons de ses deux coups d’État par l’occident. Si on a cette idée de voir le retour de Titid comme président provisoire d’Haïti, c’est comme, définitivement, séparer Jean-Bertrand, d’Aristide.

Prof.  Esau Jean-Baptiste

 

 

 

4 Comments

  1. C’est blague que pour faire rire des idiots. Le nationalisme est un courant réactionnaire et sectaire. En apparence progressiste, même cette forme de faux semblant, Aristide ne l’est pas. Il aurait refusé son retour avec l’occupation. Aristide était, est et sera un élément au service des classes dominantes. En témoigne sa position sur le salaire minimum des travailleurs en 1991. Pas une seconde, Aristide n’a mis en danger les privilégiés des classes possédantes. Quand on milite sans aucune responsabilité dans l’état, des discours transforment les démagogues en révolutionnaires. Mais, quand tu es le chef d’état, il faut faire et non dire. Tu peux essayer sans y arriver, à quel moment la privatisation des entreprises publiques a commencé ?

  2. Haïti est l’un des rares pays où il n’y a pas de politique de droite ou de gauche. Où la droite mène la politique de gauche et vice-versa. La politique haïtienne est une politique de grenn gòch. La raison est du côté où l’on parle plus fort, ou où l’on parle plus.

    Je suis persuadé qu’il faut évincer tous ces rapaces présents sur la scène politique pour voir émerger peut-être une nouvelle classe de politiciens avec une idéologie et un vrai sens du nationaliste. Le pays a besoin d’hommes et de femmes ayant une vision et des projets où la majorité est le centre des objectifs non pas les partisans où proches.

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