Communiqué : Position de la CONVENTION SOUVERAINE   2054

CONVENTION SOUVERAINE   2054

Rony Mondestin

Boukan News, 01/24/2025 – L’année 1985 commence avec une atmosphère d’anxiété perceptible parmi les cercles du pouvoir, la bourgeoisie, la paysannerie et la société en général. Malgré le soutien indéfectible de la bourgeoisie au régime, des signes de dissension sont présents.

Cinq ans plus tôt, ce gouvernement avait célébré l’élection de Ronald Reagan à la présidence des États-Unis en novembre 1980.

Les partisans du pouvoir n’avaient pas anticipé que la libéralisation du marché, ainsi que celle du pouvoir politique, constituaient un aspect important de la politique de cet opposant au communisme. Diminuer le rôle de l’État, réduire son pouvoir de contrôle, le rendre moins influent dans les affaires sont ses objectifs principaux, parallèlement à sa lutte contre le socialisme.

Même les régimes idéologiquement proches de Washington doivent s’aligner sur la politique de libéralisation. Les actions d’un certain « Mister Clean » au début des années 80, bien que brèves, n’ont été comprises que par une minorité. La brutalité envers ses collaborateurs contraste avec les intentions affichées du régime, pourtant les diplomates haïtiens en poste ont saisi le vent menaçant.

Le signal du ciel est un wake up call. En mars 1983, le Pape s’invite, annonce les couleurs et force à voir ceux qui ne pouvaient pas ou ne voulaient pas voir, ainsi que ceux qui jouaient au plus malin ou résistaient.

Dans la foulée, une délégation composée de plusieurs membres du Haut État-Major des FADH a été reçue à Washington au cours de la même année.

La boucle est bouclée et le tour est joué. Vatican, Washington, duvaliériste, « jeanclaudiste », ONG, une minorité des membres du secteur des affaires (la peur des représailles tenaille ce secteur) l’opposition du pouvoir, l’opposition au pouvoir…si plurielle. Une agrégation quasi complète est formée…l’assaut est donné.

Certains médias et bien de journalistes étaient mis à profit à fond de cale.

La première révolution de couleur est expérimentée en Haïti.

Elle a atteint son objectif, bien que légèrement en retard sur le calendrier prévu, dans la nuit du 6 au 7 février 1986.

La société haïtienne n’était pas prête à faire face à ce tournant ni à l’assumer dans le sens souhaité par l’international et encore moins à l’organiser et ou A S’ORGANISER par elle-même, c’est à dire prendre le destin du pays en main

Les militaires haïtiens, ont failli à leur mission. De fait, ils n’étaient pas outillés structurellement, organisationnellement et intellectuellement, et n’avaient pas non plus la capacité politique et idéologique autonome pour assumer une telle transition. (Les Américains qui commettent souvent ces erreurs, tentent toujours de faire porter la responsabilité de leurs bêtises et arrogances aux exécutants-victimes de leurs propres aventures, l’ont compris dès la fin de février 1986). Les plans A B C D sont en mode bouillabaisse.

Seul un soutien ferme de la population et des secteurs politiques aurait permis aux Forces Armées haïtiennes de mener cette mission. Les organisations de la société civile étaient presque inexistantes et les partis politiques désorganisés. Les églises, malgré leurs diversités, étaient également affectées par des troubles internes après le départ de Jean Claude.

Nous avons dû emprunter un chemin rocailleux et non pavé depuis le 7 février 1986.

Quarante ans plus tard, Où sommes-nous ?

La Convention Souveraine 2054 reconnaît et expérimente cette réalité difficile, marquée par des échecs significatifs, durant ces quarante dernières années.

En cette année 2025, sommes-nous disposés à continuer dans cette direction ?

En 2026, allons-nous suivre les mêmes approches qui, au cours de quarante années, ont entraîné des milliers de décès et l’émigration de plus d’un million d’Haïtiens vers l’étranger ?

Écartons les humiliations et les traitements dégradants, qu’ils soient violents, choquants ou sournois.

La Convention Souveraine 2054, à travers cet état des lieux succinct et objectif, invite chacun de nous à réfléchir sur l’avenir de notre pays.

Nous sommes à un tournant.

Les éléments suivants peuvent servir d’éclairage :

·       Le 5 mars 2024, le Premier ministre haïtien, Dr Ariel Henry, a été séquestré et mis en détention par les autorités américaines et transféré dans un lieu tenu secret à l’étranger.

·       Le 11 mars 2024, les partis politiques haïtiens s’accordent avec l’organisation régionale, la CARICOM, sur les mécanismes et arrangements politiques à mettre en place pour établir la forme et la mission du pouvoir provisoire à créer.

– Le 10 avril 2024, le Premier ministre « sous séquestre » et de son lieu de séquestration publia le décret portant création du CPT 9.

– Le 14 avril 2024, le PM Dr Ariel Henry, toujours sous la bonne garde de ses bienveillants gardiens, publia l’arrêté nommant les 9 membres du CPT 9.

·       Le 23 mai, environ un mois après leur installation, les conseillers-présidents publient dans le Journal Officiel un décret relatif à l’organisation et au fonctionnement du CPT 9.

Les attributions et la mission du CPT 9 furent explicités au corps de ce décret.

La Convention Souveraine 2054 tient à attirer votre attention, chers concitoyens, sur l’article 8 de ce décret en son point 4-c, qui stipule :

« S’assure, de concert avec le gouvernement, du développement et de la mise en œuvre de cinq (5) grands chantiers, à savoir :

La Conférence nationale et la question constitutionnelle ».    Fin de citation.

En application de l’article 8, point 4-c, du décret du 23 mai 2024, le CPT9 a créé, par décret du 17 juillet 2024, le Comité de Pilotage de la Conférence Nationale. Ce comité est chargé d’organiser la Conférence Nationale et de procéder à un référendum constitutionnel.

La Convention Souveraine 2054 a pris acte de la remise du rapport sur les travaux réalisés par le Groupe de Travail sur la Constitution, dirigé par un chef de parti politique.

La Convention Souveraine 2054, prend acte que délibérément une confusion est savamment entretenue par les autorités sur la question constitutionnelle.

a) tantôt dans ce décret on parle de nouvelle Constitution

b) tantôt on parle de révision de la Constitution.

Dans tous les cas, le peuple doit avoir le dernier mot, comme en 1987. Le pouvoir législatif, seul habilité à devenir une Assemblée constituante, n’est pas actif.

La Convention Souveraine 2054 prend acte de l’inexistence jusqu’ici d’une Assemblée Constituante alors que le CEP annonce la tenue d’un référendum en mi-mai 2025.

La Convention Souveraine 2054 prend acte que la Constitution haïtienne de 1987 est en vigueur, le CPT 9, d”ailleurs le répète à satiété.

Or l’article 284-3 de la Constitution de 1987 ratifiée par le peuple, le 29 mars 1987 interdit toute modification de celle-ci par voie référendaire, nous le citons texto : « article 284-3- Toute consultation populaire tendant à modifier la Constitution par voie de référendum est formellement interdite ». Fin de citation.

Quelle autorité détient le CEP pour s’arroger le droit de tenir un référendum sur la constitution sans l’aval d”une Assemblée Constituante et à l’issue des travaux de celle-ci.

Une Assemblée Constituante sera établie une fois que le peuple se prononcera sur :

a) la révocation de l’article 284-3, ratifié par le peuple le 29 mars 1987, où

b) la révocation pure et simple de la Constitution de 1987, ratifiée par le peuple haïtien dans sa majorité écrasante le 29 mars 1987.

Comment peut-on oser modifier et ou remplacer l’actuelle constitution sans autorisation préalable de ceux-là même qui l’avaient ratifié : les citoyens, en l’absence du pouvoir législatif.

Le peuple doit être convoqué en ses comices sur l’une ou l’autre de ces deux questions par le CPT9 en ses attributions à travers la structure afférente de l’État qui est le CEP.

NON PAS PAR LE COMITÉ DE PILOTAGE de la Conférence Nationale.

Une fois cette action politique nationale et populaire réalisée, selon les résultats de la consultation populaire, on peut procéder ou non à l’établissement de l’Assemblée Constituante. Le peuple devra d’abord voter en faveur de la révocation ou non de l’article 284-3 et/ou de la Constitution de 1987 de manière similaire à celle de 1987 : sans aucune pression et même avec un certain enthousiasme.

Un référendum révocatoire est une étape essentielle. Un mandat populaire sera donné à une Assemblée Constituante représentative, comme en 1987. Cette assemblée aura pour mission de soumettre au peuple, à la place du pouvoir législatif, le résultat de ses travaux : soit une nouvelle Constitution à ratifier, soit des points amendés à adopter dans le cadre de la révision constitutionnelle.

Si le peuple se prononce contre l’une et l’autre des options qui lui sont présentées, alors fermons tout simplement cette page.

ATTENTION MESSIEURS DU POUVOIR, FAITES BIEN ATTENTION.

NOUS VOUS ENJOIGNONS A LIRE CLAUDE MOÏSE SI VOUS NE LAVIEZ PAS ENCORE FAIT.

Cas de conscience, de probité et d’intégrité. !!!

Il y a trente-huit ans, un jeune architecte local mais venu d’ailleurs, reconnu pour son habileté sociale, entreprenant et influent dans le domaine politique ainsi qu’entrepreneur de haut niveau, animait la place autour de la constitution. À cette époque, il était dans la fin de sa trentaine. Son action se concentrait sur un groupe de citoyens qui avait pour mission de mobiliser la population afin de :

a) d’animer avec les partis politiques le débat autour des travaux de l’assemblée constituante qui siégeait au parlement haïtien

b) forcer les militaires (CNN) à rendre public le texte de la constitution adopté par l’Assemblée Constituante,

c) veiller à ce qu’l ne soit pas altéré

d) mobiliser et encourager, partout, les jeunes, les masses des villes et de la paysannerie à se rendre en masse dans les urnes pour ratifier la Constitution adoptée par l’Assemblée Constituante.

Ce fut une journée patriotique mémorable en 1987. Avec un prélat renommé, il a aidé à créer l’organisation « Honneur Respect pour la Constitution » le lendemain du vote de la Constitution le 29 mars 1987.

Son parcours est régulier et linéaire, sa trajectoire reste constante car il appartient à la race des Anguilla rostrata ou des Anguillidae (espèces de poissons serpentiformes à peau visqueuse).

Ministre, ministre plénipotentiaire (octobre 1995), chef de cabinet, ministre sans titre officiel, candidat à la présidence.

Un citoyen incontournable dans la gestion de la chose publique depuis mars 1990.

Aujourd’hui, il préside les destinées de la nation à titre de Coordonnateur du CPT9.

Parcours exemplaire non !

Le combat des souverainistes haïtiens commence ici, centré sur la question constitutionnelle. C’est le critère pour mesurer les patriotes de conviction.

Nous de la Convention Souveraine 2054 notre combat, à coté des autres, est le suivant :

– Mobiliser la population afin d’exiger le respect de ses droits.

– Expliquer le bien-fondé de la démarche avancée ci haut

– Empêcher par tous les moyens politiques et autres la tenue d’un quelconque référendum sur la Constitution en dehors des travaux réalisés à l’issue de débats et de consultations nationales et populaires, comme en 1987.

– Exiger et obtenir du CPT9 la mise sur pied d’une Assemblée Constituante.

La Convention Souveraine 2054 est prête à s’unir avec toutes les forces politiques, syndicales, religieuses et sociales partageant ces préoccupations et prêtes à lutter contre l’imposture annoncée.

Le CPT9 subrepticement capitalise sur l’actuel climat de terreur – qui entre autres l’arrange assez bien – afin de réaliser son forfait constitutionnel.

Le CPT 9 mise sur la peur du peuple à gagner les rues.

Le CPT 9 mise sur le dégoût du peuple des politiques

Le CPT9 mise sur la fatigue et le désarroi de la population.

Le CPT 9 mise sur le désintérêt du peuple pour les choses publiques et patriotiques.

Le CPT9 déploie tous les efforts nécessaires pour s’assurer que les problèmes relevés au sein de la population, notamment chez les masses populaires, ne soient pas traités efficacement dans le temps nécessaire.

Alors, il est du devoir des patriotes de s’assurer que la voix du peuple soit entendue. Il y va de sa propre survie.

Il nous rejoindra assurément lorsque nous ferons preuve de constance et de détermination, et que nous resterons cohérents et fermes à ses côtés pour défendre les droits de tous, incluant l’ensemble des classes sociales haïtiennes, avec équité.

Vive une Haïti Souveraine

Convention Souveraine 2054

Rony Mondestin

Fritz Charles

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