Cécilia
Leve Cécilia
Leve Cécilia
Leve Cécilia
5 kè du maten, revèy lan sonen
Vye kò w tou kraze, je w pa k ab ouvri
Vye chanb glase, w pa kab dòmi, lespri w ap travay kou mabi…

Boukan News, 01/16/2025 – Ce court texte, inspiré du classique et triste réalité de la chanson de Jean-Claude Eugène des années 1980, s’inscrit dans le cadre de ce long combat d’intégration au quotidien des femmes haïtiennes en terre étrangère. Il est aussi un hommage bien mérité à toutes ces femmes vaillantes, ‘’ Poto mitan’’ de la famille et de la communauté haïtienne dans la diaspora. Que ce soit dans le froid glacial des pays nord américains et de l’europe, dans bien de cas d’une autre langue étrangère, dans des villes faites de très grandes diversités historiques et culturelles, les femmes haïtiennes se battent toujours pour s’intégrer au pays d’accueil et finalement, créer une place pour elles-même et le tout le reste de leurs familles.
Ce qui fait, malgré la température froide de très long mois d’hiver dans des pays comme les États-Unis, le Canada, la France etc, par leur discipline de travail et académique, ces femmes haïtiennes trouvent toujours de l’énergie pour profiter de toutes les opportunités offertes dans ces pays, comme par exemple: des réussites sociales, économiques et professionnelles.
Cette bouffée d’oxygène qui permet à leurs familles en particulier et à Haïti en général, de respirer économiquement, ces femmes haïtiennes de la diaspora témoignent toujours de leurs attachements à leur pays. Malheureusement de coups d’État aux interventions militaires étrangères, pour une destruction planifiée dans une transition démocratique qui n’en finit pas”, Haïti est aujourd’hui invivable. Et de l’invivabilité, résultat de l’insécurité généralisée causée par les vauriens de ‘’Viv ansanb”, par peur d’être kidnappées, violées et même tuées par des bandits, ces combattantes sont incapables de rentrer dans leur pays pour des vacances, investir dans les affaires, voire régler des urgences familiales.
Cécilia, c’est aussi cette haïtienne qui, après des décennies de longues heures de travail dans un pays étranger est, aujourd’hui, épuisée par le poids des ans. Tout en espérant d’une stabilité politique au pays, elle contemple quotidiennement leur terre natale. Elle rêve tout le temps à des sables chauds des plages de leur pays, au rhum et liqueur de la Barbancourt et d’un cola Couronne qui avait été gardé bien frais pendant des heures au frigo. Sans oublier à un tassot traditionnel haïtien fameusement bien épicé d’une femme créole ayant maitrisé l’art culinaire de la cuisine haïtienne, un “bouyon tèt kabrit”, un plat de “diri ak jyonjyon, griyo, bannan m peze ak pikliz”, lambi et poisson boucané dans un restaurant dansant. Elle veut définitivement retourner au bercail pour des vacances tropicales parfaites, visiter des sites touristiques et, en fin de compte, prendre une retraite anticipée pour rester loin de l’ardent hiver de l’Amérique et de l’Europe.
Cécilia, c’est cette travailleuse qui sent maintenant le besoin de fuir la neige, le froid et toutes ces choses qui minent le moral, pour finalement passer des vacances dans son pays, là où elle peut, en plein hiver, porter des tenues légères, des maillots de bain. Ce pays, avant qu’un groupe de crapules, de criminels ont pris le malin plaisir de tuer, fut dans le temps la perle des Antilles.
C’est ce pays de la Caraïbes, avec la chaleur tropicale qui est, malheureusement, aujourd’hui, bien trop chaude pour attirer les touristes, y compris Cécilia. Cette dernière, est ce touriste local qui, dans le temps, ne ratait jamais une occasion pour être à bord des “compagnies aériennes comme American Airlines, Spirit, Delta, Air Canada, Air France, Copa Air, Air Transat, Insel Air, Air Caraïbes etc assurant des vols internationaux des États-Unis, Montréal, Paris, des Antilles françaises, Amérique Latine à l’Aéroport de Maïs Gâté de Port-au-Prince.” Mais les temps ont change. Ils ne sont plus les mêmes. L’Aéroport de Maïs Gâté de Port-au-Prince est fermé depuis des mois. Dans l’intervalle, Cécilia ne peut pas attendre. Elle a grandement envie d’entendre les chants des coqs dans les mornes, les contes populaires, danser les chansons engagés dans des méringues carnavalesques au Champs-de-Mars. Mais elle ne peut pas venir passer les festivités carnavalesques, les vacances d’été et les fêtes de fin d’année chez elle. En un mot, elle est empêchée par les fils de vipères de “Viv ansanb”.
Donc CPT, PM, ministre de la Défense, Commandant en chef des forces armées, DG de la PNH et le tout nouveau Secretaire d’État à la sécurité publique, il y a un problème urgent d’insécurité généralisée à résoudre dans le pays. Car Cécilia ne peut pas attendre pour trop longtemps. Comme sa mère et sa grande mère, elle se fait vieillie. Alors qu’elle avait fait une vieille promesse de retourner au pays pour passer ses vieux jours sous le chaud soleil d’Haïti? Ce pays qui, par ses plages, sa cuisine et cultures, fascine et surprend toujours les touristes.
Autorités de mon pays, comme, vous avez l’obligation de ‘’levé pi bonè ke Cécilia, boujé, bay dèyè nou 2 tap pou deplasé vagabon sal sa yo nan konfò ke yo kache kò yo an.”
Prof. Esau Jean-Baptiste





