Ariel Henry et le démantèlement programmé de la classe politique haïtienne

« Il y a une pratique dans le milieu politique haïtien qui consiste à participer consciemment dans un gouvernement dont on a déjà la certitude que les pratiques illégales et corrompues marqueront leur mode de fonctionnement. Cependant, ils y prennent part dans le but de faire de l’argent pour se refaire une santé économique, après quoi ils se rangent parmi les plus virulents critiques et dénonciateurs de ce même gouvernement. Cette pratique nauséabonde avilit toute une génération d’hommes qui pense pouvoir changer la situation du pays à travers un processus politique sain et honnête. C’est pourquoi que le patriotisme, l’honnêteté et la compétence ne sont jamais au pouvoir en Haïti. Ceux qui « Highjack » l’arène politique chassent toute une catégorie de citoyens qui sont capables, techniquement et humainement, de faire une grande différence. »
Pennsylvania, USA, 08/02/2022 – Les organisations politiques en Haïti ont une longue tradition d’éclatement. C’est ce qui explique que la classe politique est si morcelée avec des centaines d’organisations, très souvent logeant dans la même enseigne idéologique et politique. Cependant, ce qui arrive aujourd’hui dans le paysage politique haïtien fait partie d’un vaste plan de démantèlement et réorientation.
René Préval a fait école. Il avait explosé l’Organisation Peuple en Lutte-OPL. Le 27 juillet 2009, Mr. Paul Denis, coordonnateur adjoint du parti, publia une note dans laquelle il critiquait le comportement du comité exécutif de l’organisation et se séparait définitivement de ses camarades de longue date. Le Député Louis Jeune déclara à cette époque, qu’il ne reconnaissait plus le conseiller du président Préval, en déclarant que : « L’OPL n’a aucun dirigeant au Palais National. Le président René Préval cherche à s’accaparer de tous les hommes politiques sous prétexte qu’il va les aider à lui succéder au pouvoir, mais l’OPL ne va pas entrer dans ce petit jeu de M. Préval ». Ce dernier utilisait stratégiquement le pouvoir politique pour diviser l’arène politique tout en se constituant une majorité parlementaire et dans la perspective des élections à venir.
Le président Michel Martelly, certainement à sa manière, reproduisait la même méthode de Préval. Mais, cette fois c’était l’Organisation Fanmi Lavalas qui avait perdu des cadres importants au profit du pouvoir en place.

Aujourd’hui, Ariel Henry se comporte comme l’héritier spirituel de René Préval en ce sens. Le « Secteur Démocratique et Populaire-SDP » est en phase de désintégration. Les contradictions politiques et organisationnelles sont devenues ingérables, les nerfs sont à fleur de peau, quelqu’un ou un groupe de dirigeants ou d’organisations doit partir. Mr. Nenel Cassy, l’ancien sénateur du département des Nippes, tire la sonnette d’alarme à travers une conférence pour dire publiquement que le SDP ne fait plus partie de l’Accord du 11 Septembre, en fait du gouvernement. Il ne reconnait plus Mr. Ricard Pierre comme son représentant au sein du gouvernement.
L’homme d’affaires, Mr. Reginald Boulos, entretemps converti en homme politique depuis tantôt 3 ans, a publié une note pour dire qu’il ne fait plus partie du « Mouvement pour la Transformation et la Valorisation d’Haïti-MTV ». Boulos a continué pour dire que : « Notre parti a connu une situation de, avec des divisions et de désaccords, notamment dus à la signature de l’accord du 11 septembre… ».
Le SDP comme le MTV, deux partis majeurs de la classe politique, font face à des tumultes internes qui imposent les dirigeants à prendre des initiatives extraordinaires, conformément à la ligne stratégique et politique. Maintenant, est-ce que l’ancien sénateur Ricard Pierre, qui se la coule douce au ministère de la coopération externe, pliera aux injonctions de Nenel Cassy ?
Lorsqu’on considère que Marjorie Michelle et André Michel, deux importants dirigeants de SDP, n’étaient pas présents à la conférence de presse, cela peut traduire la sévérité de la division qui traverse cette organisation.
Et Ariel Henry dans toute cette sordide histoire ?

L’actuel premier ministre-président est un politicien véreux. Il sait pertinemment qu’il y a peu de chances à ce que les membres du gouvernement vont obtempérer aux injonctions de l’abandonner. Ricard Pierre, Marjorie Michel et André Michel, qui jouissent des dividendes de leur engagement politique de ces dix dernières années, ne vont pas lâcher leurs privilèges. D’ailleurs, il est bruit que la position adoptée par l’ancien sénateur Nenel Cassy reflète une tendance électoraliste parce qu’il a l’intention de se porter candidat au prochain sénatorial. En ce sens, il doit prendre sa distance du gouvernement machiavélique d’Ariel Henry pour conserver sa popularité dans le département des Nippes.
Quant à Reginald Boulos, il semblerait que sa mise à l’écart révèle d’une décision politique prise par le grand tuteur international d’Haïti d’abandonner la vie politique, au moins pour l’instant.
Ariel Henry institue la cupidité comme un mode de fonctionnement de la politique dans le pays. Il s’entoure de cupides, les uns plus avares que les autres. Ils ne se soucient absolument de rien, que de s’enrichir aussi rapidement que possible, tout dans une ambiance d’impunité incomparable.
Autant que la classe politique est peuplée de ces énergumènes, la politique restera toujours l’apanage des corrompus et incompétents.

Il y a une pratique dans le milieu politique haïtien qui consiste à participer consciemment dans un gouvernement dont on a déjà la certitude que les pratiques illégales et corrompues marqueront leur mode de fonctionnement. Cependant, ils y prennent part dans le but de faire de l’argent pour se refaire une santé économique, après quoi ils se rangent parmi les plus virulents critiques et dénonciateurs de ce même gouvernement. Cette pratique nauséabonde avilit toute une génération d’hommes qui pense pouvoir changer la situation du pays à travers un processus politique sain et honnête. C’est pourquoi que le patriotisme, l’honnêteté et la compétence ne sont jamais au pouvoir en Haïti. Ceux qui « Highjack » l’arène politique chassent toute une catégorie de citoyens qui sont capables, techniquement et humainement, de faire une grande différence.
En ce sens, Nenel Cassy savait pertinemment qu’Ariel Henry n’inspirait aucun espoir de voir changer les choses en Haïti. Toutefois, Il s’était engagé à le crédibiliser aux yeux de l’opinion publique nationale et internationale, aujourd’hui dire que le régime est pourri, mais tout le monde le savait deja. Les hommes politiques doivent cesser de voir le pouvoir politique comme une intarissable source d’enrichissement illégal. Ces genres de comportement affaiblissent la classe politique qui n’arrive pas à jouir d’un certain appui populaire représentatif, a l’exception de « Fanmi Lavalas ». Définitivement, Il faut faire la politique autrement !
Joel Leon






Il fallait congedier congedier cette classe politique belle lurette Joel
Ils sont tous et toutes des assassins. Ils sont des reptiliens qui ne peuvent pas vivre sur cette avec des humains. Il faut qu’on les mettre en cage.