ALTERNATIVE AU FORCEPS
Par Jean L Theagene
1986-2021/Trente-cinq ans que ce pays marche à reculons, qu’on est contraint de retourner du côté du passé pour puiser des forces et se relever, pour donner un sens à la vie et survivre !
Trente-cinq ans de démocratie du divertissement où des comiques entrent en politique et des politiques arrivent avec des qualités de comique dont le langage coloré ne fait pas seulement rire mais invite à une profonde réflexion sur leurs mimiques extraordinaires. Aidés en la circonstance de formations politiques bidon aux contours complexes, contradictoires et par certains aspects très dangereux pour le pays en continuant à leur façon les spectacles de bouffonnerie. De ce tableau trompeur naissent des mafias, des gangs, du clientélisme politique, de la corruption, des jeunes angoissés par leur avenir, des accusations d’improvisation, de dilettantisme, d’irresponsabilité, menace sérieuse capable de faire imploser cette société abonnée aux émeutes.
Les jours passent et la pelote des existences humbles et vaillantes veille en permanence au grain alors que les tenants du pouvoir écaillent le vernis de leur opulence, de leur réussite. Et voici que le temps d’un été très sec et caniculaire, un été, disons le, qui rit à gorge déployée où le peuple moissonne les humeurs du Ciel, suite au communiqué du gouvernement, un mouvement sans structure,.sans planification, sans comité stratégique déstabilise dans un cataclysme politique la vie haïtienne et excelle à entretenir une atmosphère trouble.
Dès lors, le pouvoir est partout et nulle part. Le peuple est aux commandes. Les langues se délient. Les couteaux aiguisés sont sortis. Le ciel fuit, la mer tremble et la terre glisse sous les pas de ces hommes de pouvoir qui n’ont jamais été inscrits nulle part, même pas chez les scouts. Quoiqu’il en soit, ils sont allés au bout de leurs rêves, qui président, Ministres, qui Sénateurs,. Députés, Maires et tutti quanti.
A la vérité ces pilotes, prisonniers de leurs commanditaires, ne tiennent pas vraiment le volant. Ils reçoivent des ordres d’un non chef qui approuve, choisit, refuse,désigne. Ce non chef qui ferme les yeux sur les conditions de vie de ce peuple bon enfant, les croyant soumis, se bouche les oreilles sur leur exaspération qui aurait pu tout au moins leur redonner un peu d’humanité, n’avait pas prévu dans son agenda un tel soulèvement. Tout allait bien Mme la Marquise pendant que le feu couvait sous la cendre. À la merci de son tempérament, le non chef n’a pas jugé bon de demander aux mots de lui apporter une dimension qu’il n’a peut-être pas assez ou jamais éprouvée. Et le pire arriva, on ne peut que s’en plaindre. Des sacrifices de toute une vie partent en fumée et c’est grotesque !
Au moment où nous griffonnons ces lignes, le seul espoir serait qu’une nouvelle classe dirigeante fiable apparaisse, que le peuple ait recours à des personnalités rompues au métier de la politique pour qu’un nouveau gouvernement se révèle plus réaliste et efficace , capable de maintenir la paix et l’ordre. A contrario, à moins que ce soit le fait d’une formule magique, les jours à venir s’annoncent encore beaucoup plus sombres. Car, sous tous les cieux, Haïti exceptée, la politique a toujours été un sport d’élite.
Jean L Theagene





