14 février : Bonne fête à toi Haïti, ma valentine

Toi ma bien-aimée, pourtant mal-aimée par des coureurs de jupes, des courtisans menteurs, des bluffeurs, des bandits, des voleurs, des violeurs et surtout des lâches qui prennent plaisir à te frapper, te battre au quotidien.
La violence verbale, physique et sexuelle qu’ils exercent sur toi au jour le jour, explique définitivement le genre de relation et de sentiment machiavélique qu’ils ont pour toi. Je me demande pourquoi tu continues à accepter et vivre tout cela ?
Alors que moi, je ne te frapperai pas même avec une fleur, parce que je t’aimais hier, je t’aime aujourd’hui et, je t’aimerai encore plus fort demain. Et ceci, d’un amour sincère.
En ce 14 février, jour des amoureux, je sais que tu souffres de tout. Pour commencer, tu reçois un soin de santé d’un vieux et mauvais médecin qui ne comprend même pas ton diagnostic. Oui, il ne comprend pas ce dont tu souffres. Ainsi, faute d’un bon traitement médical approprié et aussi bien d’autres choses de base, chaque jour, tu perds de ta beauté. Tu n’es plus la perle des Antilles.
Tandis que tu vis une vie très difficile, le médecin en charge, tout en signant de mauvais diagnostics, continue de te faire beaucoup plus de mal. Avec l’autre, bien entendu sous les diktats des faux amis, il prend plaisir à détruire ta personnalité, piétiner la dignité, enlaidir ta splendide beauté et finalement, tuer ton corps physiquement. Toi qui, autrefois, était si belle. Tu avais un sourire à faire perdre la tête.
Aujourd’hui, en ce 14 février, jour des amoureux, j’aurais bien aimé être à tes côtés pour te chuchoter des mots doux, des mots d’amour, mais je suis empêché. Bloqué par un médecin qui, dans son égoïste, veut te garder pendant longtemps au lit de son hôpital mal équipé et des résidents de mauvaise foi. Il veut, pour ne rien faire, être toujours à ton chevet comme médecin traitant.
Entre-temps, souffrant d’une pathologie chronique de rester au pouvoir sans pouvoir et moyens de faire quoique ce soit, souvent c’est au lit qu’il lit le mauvais diagnostic et recommandations de ta prise en charge. Et je comprends l’objectif de ses recommandations.
J’imagine ta souffrance qui, définitivement, n’est pas imaginaire. Je te comprends. Je ne suis pas insensible, je le vois. Je n’ai pas besoin, avec tous les antécédents médicaux, d’utiliser ni le télescope du vieux médecin, ni le microscope dans le laboratoire des oligarques pour voir bouger sous mes yeux ta souffrance. Elle est réelle. Elle est palpable.
Haïti chérie, ma valentine, non seulement je souffre des mauvais traitements infligés à ton égard, mais je hais aussi tous ceux qui, pourtant, avaient et ont encore la chance de te rendre belle et heureuse.
Je souffre de ta souffrance. Puisque d’une souffrance en gît une autre qui, dans bien des circonstances, est plus douloureuse que celle d’avant, donc vu ta souffrance constante, dans mon cas, je vis constamment d’un chagrin qui s’exprime dialectiquement entre sanglots et larmes.
Chérie, quand tu pleures, je pleure moi aussi. Et surtout quand tu n’as pas de larmes à verser. Et c’est ce qui me tourmente au quotidien, spécialement en ce jour, fête des amoureux.
Je pleure quand tu cours partout et ailleurs pour te mettre à couvert contre les balles des vauriens, les griffes maléfiques des vautours et des bandits légaux en fonction. Je pleure aussi l’arrivée, inévitablement, des « gwo soulye » dans ta vie.
J’étais jeune, mais déjà, j’avais compris ta souffrance. Je souffrais dans le temps. À travers le temps, je t’ai vu souffrir pendant des jours, des mois et des années. Et aujourd’hui encore, rien n’a changé.
De temps en temps, je pleure pour le temps de ta jeunesse qui est gaspillé par ceux-là qui ne savent pas à travers les notions du temps, d’amour et sensation émotionnelle, apprécier ta beauté naturelle. Je pleurais hier. Je pleure aujourd’hui. Et, si rien n’est fait pour te rendre heureuse, je continuerai à pleurer demain.
Enfin, si aujourd’hui, en ce 14 février, je t’invitais à éviter de penser à des pensées négatives contre le médecin et ses associés, par contre, moi, je pense quotidiennement à l’idée de punir sévèrement tous ceux qui avaient et qui ont encore aujourd’hui, malheureusement des pensées uniquement méchantes à ton égard.
Définitivement, ce n’est pas moi qui pense, je me laisse tout simplement penser par l’idée qu’un jour comme aujourd’hui, il y aura un lendemain meilleur pour toi qui souffre d’une souffrance incommensurable produite dans les laboratoires de tous les maux de tes faux amis et amoureux.
Et si jusqu’à présent, le vieux médecin ne veut pas partir pour laisser la place à un plus jeune et plus capable, ce n’est certainement pas ta beauté qui l’attire. Contrairement à moi qui t’aime d’un amour charnel, lui il t’aime pour des avantages, pour des privilèges. Et si, chaque jour, ce comportement d’opportuniste se normalise par des accords qui désaccordent la société haïtienne, moi je le vis encore très mal.
Malgré tout, bonne fête à toi, Haïti chérie.
Esau Jean-Baptiste





