7 février 2023, imbroglio politique ou jeu de coquins !

 7 février 2023, imbroglio politique ou jeu de coquins !

Joel Leon

Pennsylvanie, USA, 01/22/2023 – Mirlande Manigat, dans sa croisade louverturienne, aurait l’assurance de Mme Hélène Lalime, entre-temps déchue, qu’elle prêtera serment comme présidente provisoire le 7 février 2023. C’est ce qu’elle aurait confié à plusieurs proches au cours de sa campagne de charme pour convaincre les opposants à l’intérieur de son propre parti à soutenir sa démarche politicienne. Plus loin, elle a déclaré et je cite : « Quand en 1988, Lesly arrivait à la présidence, tous furent contre lui. Cependant, après trois mois dans l’exercice du pouvoir, il allait jouir de l’admiration de tous ». Elle entend rééditer l’exploit de son mari défunt, Lesly Manigat. Toutefois, il faut noter que le contexte politique était totalement différent, parce que le professeur participait à des élections, certes « Gren Soulye », ayant donné lieu à des résultats contestés et à un président illégitime. Ensuite, la « percée louverturienne » n’a pas été complétée, puisque l’expérience a été brutalement interrompue, dans l’indifférence totale de la population, par un coup d’État amical, le 20 juin 1988. De plus, Mirlande n’est pas Lesly !

Avant de partir, Mme Lalime aurait fait des promesses d’installer XYZ à la présidence d’Haïti le 7 février 2023.  Ainsi, on a cité le nom de Fritz Jean, « le président élu de l’accord Montana », qu’elle avait contacté aussi comme un potentiel président provisoire. Il y a un autre citoyen haïtien de la diaspora, qui lui aussi a été averti de sa chance d’être parachuté au pouvoir dans environ deux semaines.

Donc, ce sont les mêmes pratiques politiciennes qui se répètent insidieusement pour convaincre des leaders politiques haïtiens à prendre part dans des activités « chanpwel », en général antinationales. Le paradoxe dans toute cette histoire, c’est que les hommes politiques haïtiens s’associent dans cette combine, le pire ils y croient et sont fiévreusement en attente pour prendre le pouvoir le 7 février 2023. Et Ariel Henry dans toute cette étrange histoire ?

Ariel Henry est au courant de tout. La force est calme ! Se souvient-on de la fameuse liste des sanctionnés publiée par le Canada et les Etats-Unis pour implication dans des activités de gangs, drogues et de corruptions… Ariel l’avait déjà en sa possession. Il n’avait pipé mots à quiconque, pas même aux membres de son propre cabinet ministériel. Il est au courant des combines des uns et des autres, c’est pourquoi qu’il n’a octroyé aucun pouvoir réel à Mirlande Manigat au sein du « Haut Conseil de Transition-HCT ». Cette dernière, en tant que bonne louverturienne, n’a pas jugé opportun de trop pressurer Ariel Henry pour plus de pouvoirs car, dans sa tête elle est déjà présidente provisoire.

Ariel Henry, conformément aux autres chefs avant lui, obéit au doigt et à l’œil aux humiliantes injonctions de l’international. Un comportement qui garantit son maintien au pouvoir par les puissances tutrices mondiales. Cette avilissante réalité de tutelle et de domestication internationale d’Haïti avait toujours existé dans ses relations avec le monde, spécialement à partir de l’occupation de 1915. Cependant, la république d’Haïti a franchi cette première étape pour devenir un territoire illégal des Etats-Unis, parce que le pays ne fait pas partie des États : incorporés/organisés, non-incorporés/organisés, non-incorporés/non-organisés et incorporés/non-organisés. Donc, volontiers, les élites politiques et économiques d’Haïti renoncent à la souveraineté nationale du pays au profit d’une forme de protectorat qui ne dit pas encore son nom.

D’un autre côté, il y a des rumeurs persistantes qui font croire que des politiciens aventuriers peuvent essayer de prendre d’assaut les importants sièges gouvernementaux en Haïti pour installer leur propre gouvernement. On peut citer : le palais national, la primature, les médias d’état, les postes de police…Ainsi, l’international est très préoccupé par la volatilité de la situation qui peut dégénérer rapidement en n’importe quoi, soit avant ou après le 7 février 2023. C’est l’une des raisons qui explique les fallacieuses promesses de Mme Lalime aux leaders haïtiens dans le but de calmer certains appétits politiques trop poussés.

Surtout avec l’énervement qui caractérise le paysage économique et politique haïtien avec cette affaire de sanctions, ainsi certains d’entre eux, se sentant menacés, peuvent se lancer dans des aventures pour saisir le pouvoir politique. Donc, le 7 février 2023 est une date à haut risque qui requiert l’attention de l’international et des autorités locales.

En attendant, on attend !

Joel Leon

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