VERS HAITI CHERIE, UNE NOUVELLE HAITI (1ere partie)

VERS HAITI CHERIE, UNE NOUVELLE HAITI

AOUT – NOVEMBRE 2022 – Actualisé le 11 janvier 2023
Par Georges-Michel Celcis
George-Michel Celcis

Haïti est déchirée dans une situation épouvantable dans l’indifférence inexplicable de ses élites
et de la communauté internationale. Deux interventions majeures sous le couvert de
l’Organisation des Nations Unies (ONU) après le lancement unilatéral des Etats Unis d’Amérique
pour le rétablissement de la démocratie, ont laissé le pays encore plus affaibli et divisé.
Ces interventions directes dont le but avancé était de parvenir à une bonne gouvernance, ont
échoué. Les occupants s’estimaient au-dessus de toute erreur et ont refusé d’assumer
responsabilité pour leurs faux pas. A l’origine d’une épouvantable épidémie de choléra suite au
déversement plus économique de matières fécales dans le fleuve Artibonite, l’ONU n’a présenté
aucune excuse formelle voire de compenser d’une quelconque manière les victimes.

Toutefois, un faux débat est entretenu sur les causes de la situation épouvantable d’Haïti et sur
la manière d’en sortir. Généralement, il y a quatre lignes de pensée, ou de combat : le « blanc »
est responsable ; les Haïtiens sont responsables ; les catastrophes, naturelles ou causées par
l’homme, sont responsables. Tous les éléments ci-dessus sont responsables à des degrés divers.

Je voudrais souligner deux catastrophes causées par l’homme, en quelque sorte négligées, qui
sont parmi les raisons les plus IMPORTANTES de la méga calamité nationale actuelle : l’embargo
et la fuite des cerveaux.
(Les catastrophes naturelles avec leur capacité de destruction illimitée ont des effets immédiats
d’une autre nature que ceux discutés ici, et réclament, aussi, l’attention urgente de la nation.)

L’EMBARGO – L’embargo « total-capital-intégral » de trois ans imposé par le décret 12779 du
président américain George Bush signé le 30 octobre 1991, a détruit notre production nationale
dans tous les départements géographiques du pays, et dans toutes les activités de production
imaginables, mis des millions de personnes au chômage et décapitalisé les entrepreneurs
Haïtiens. Trente-deux ans plus tard, la production nationale, tant pour la consommation locale
que pour l’exportation, ne s’est pas redressée ! Le chômage élevé et durable qui en résulte a créé
un nouveau groupe de « laissés pour compte » facilement attirés par les activités illégales.
Aucune action n’a été engagée ni par le gouvernement, ni par le secteur privé, ni par la
communauté internationale qui l’avait décrété, pour s’attaquer à ses effets déplorables.
Alors que ces effets de l’embargo persistent, les chômeurs sont un terrain fertile pour les
recruteurs de gangs, et l’absence de production nationale est la principale raison de la
dévaluation de la gourde et de l’inflation incontrôlée.

LA FUITE DES CERVEAUX – Ici, nous avons deux mouvements différents : l’EXODE de nos
intellectuels et travailleurs, et les DÉPARTS VOLONTAIRES.

1) Pendant l’EXODE, des centaines de milliers d’Haïtiens ont été expédiés, de gré ou de force, vers
d’autres pays (Panama, Cuba, République dominicaine, et autres) pour effectuer des travaux
physiques pénibles que les indigènes refusaient de faire. Construction du canal de Panama à
partir de 1882, coupe de la canne à sucre à Cuba et en République dominicaine à partir de 1919,
cet exode sporadique s’est terminé au milieu des années 1980 avec le dernier « Zafra », ou
recrutement de coupeurs de canne haïtiens par la République dominicaine, représentant plus de
800 000 descendants de coupeurs de canne vivant en RD aujourd’hui, et des nombres inconnus
au Panama, à Cuba et ailleurs.

2) Les DÉPARTS VOLONTAIRES forcés ou encouragés des intellectuels pour des raisons
économiques, politiques, de sécurité ou de qualité de vie ont commencé en 1946. [ATTENTION :
la décision d’un citoyen de partir et de rester hors de son pays ne peut être contestée et doit être
respectée] Ils se sont intensifiés à la fin des années 1950 et sont devenus systématiques,
principalement vers le Canada et le Congo belge, dans les années 1960. Huit cents professeurs,
technocrates professionnels et leurs familles sont allés contribuer au développement de l’Afrique
via un programme de l’ONU au début des années 1960. Les médecins, les infirmières, les
professeurs et les enseignants, vigoureusement recrutés, ont largement contribué au
développement des structures de santé et d’éducation et à la sécurisation de la langue française
dans la province de Québec au Canada. Le phénomène des boat people a rapidement vu des
cohortes de personnes tenter de rejoindre la Floride par la mer, 8 % d’entre elles se noyant en
cours de route. De grandes villes américaines comme New York, Boston, Miami, Chicago, Los
Angeles ont rapidement eu des « colonies » haïtiennes. Le mouvement, qui ne s’est jamais arrêté,
a vu son flux exploser à chaque crise, qu’elle fut de cause naturelle ou d’origine humaine, avec
l’un des niveaux les plus élevés aujourd’hui même.

Au fil des ans, les Haïtiens qui ont quitté Haïti ont largement contribué au développement des
sociétés où ils se sont installés. Des maires, chefs de partis, ministres, « porte-parole » de
président, à Immortel à l’Académie française ; des chauffeurs de taxi, des ouvriers du bâtiment,
des employés de l’industrie, des athlètes et musiciens professionnels, des ingénieurs, des
capitaines d’industrie, des infirmières, des médecins, des professeurs, et autres : les Haïtiens ont
payé leur dû à leur société adoptive en tant qu’individus fiables, performants et respectueux des
lois. Ainsi, les pays où ils ont atterri ont bénéficié d’un flux de professionnels “fait et fourni”, tout
en ayant le choix des meilleurs grâce à leur sélection des demandeurs de visa. Pendant deux ans
au tournant du siècle, le Canada et les États-Unis accordaient chacun 20 000 visas, chaque année,
à des Haïtiens : 80 000 émigrants légaux sélectionnés en deux ans.
La médaille a un revers : la diaspora Haïtienne disséminée aujourd’hui dans le monde, est le
résultat de la FUITE DES CERVEAUX d’Haïti et comprend au moins 85% de tous les Haïtiens
titulaires d’un diplôme. Les moins de 15% encore en Haïti ne peuvent pas porter la charge d’une
bonne gouvernance du pays.
Là se dresse LE DÉFI. Le résultat de ces deux catastrophes causées par l’homme, le chômage
tragique et l’inflation d’un côté, l’épuisement de la “matière grise” d’Haïti de l’autre, identifie les
deux fondements de la reconstruction vitale d’Haïti :
1) la création intensive d’emplois,
2) la création d’un environnement qui incite les Haïtiens à rester chez eux et à rentrer chez eux.
La solution à TOUTES LES AUTRES PRIORITES en dépend, à court et à long terme, pour atteindre
notre objectif commun et ultime :
HAITI CHERIE, UN PAYS OU IL FAIT BON VIVRE, POUR TOUS !
(…pi bel peyi pase ou nan pwen…)
LA CREATION INTENSIVE D’EMPLOIS
Le nombre de chômeurs en Haïti avoisine les deux millions de personnes, non compris ceux qui
se livrent à de petits travaux. Le taux de dépendance étant de 10 à 1, Il s’agit de lancer une
véritable bataille de création d’emplois. Pour ce, il n’est pas nécessaire de réinventer la roue,
mettons-nous au travail !

Il existe un grand choix de programmes de création d’emplois en urgence à travers des travaux à
haute intensité de main d’œuvre, généralement lancés par l’Etat, mais impliquant aussi le secteur
privé. Une fois la décision prise, au niveau de l’Etat, il appartient à une équipe multidisciplinaire
composée de spécialistes en travaux publics, agriculture, santé, éducation et formation,
commerce et industrie, économie et finances, ingénierie sociale, associations professionnelles et
patronales, syndicats, etc. de décider des activités, des priorités, d’un budget, et des stratégies
d’implantations appropriés. Ils/elles pourront s’inspirer, si nécessaire, du succès d’autres pays
ayant affronté des situations similaires. Il s’agit d’un véritable branle-bas de combat canalisant
les énergies dans un programme national supporté par la citoyenneté qui sera tenue informée
des détails et progrès.

Un programme pareil nécessite des investissements importants, indiqués par le budget, question
qui sera abordée plus bas.

Le programme de création d’emplois sera une « locomotive » importante de la marche vers
HAITI CHERIE, UN PAYS OU IL FAIT BON VIVRE, POUR TOUS.
(… Peyi sila a se la doudous …)
LA CREATION D’UN ENVIRONNENEMT QUI INCITE LES HAITIENS A RESTER CHEZ EUX ET A
RENTRER CHEZ EUX
Créer un environnement qui incite les Haïtiens à rester chez eux et, ceux à l’étranger, à retourner
chez eux, implique la mise en œuvre d’un chantier de reconstruction tel que le pays n’a jamais
connu, englobant tous les aspects de la vie en Haïti, s’étalant, sans décourager le lecteur, sur une
cinquantaine d’années. Une fois la décision adoptée par la nation, une entité de gestion sera
créée, qui élaborera un programme dont les grandes lignes comprendront :

1. une évaluation de l’état des lieux,
2. une analyse des raisons qui nous ont conduits là où nous nous trouvons aujourd’hui,
3. une définition de l’environnement souhaité qui sera l’objectif commun à atteindre,
4. des objectifs sectoriels clairement définis visant l’objectif final,
5. un calendrier d’exécution sur cinquante ans, par étapes de cinq ans, puis annuelles,
6. la préparation de budgets correspondants,
7. l’inventaire des disponibilités,
8. la recherche de fonds nécessaires,
9. la présentation biannuelle à la nation des progrès de chaque étape.

Projet titanesque ! Naïf ? Angélique ? Utopique ? Certainement pas fait pour les timides, mais
pour ceux qui ont les nerfs solides et une volonté, une ténacité à toute épreuve.
(…toujours en avant nous irons…}

Vu la technologie disponible, les talents d’haïtiens tant en Haïti que disséminés à travers le
monde, la source de fonds accessibles : descendants de Toussaint Louverture, Dessalines,
Pétion, Christophe, des signataires de l’Acte de l’Indépendance, et de tous nos héros inconnu :,
Les Haïtiens et Haïtiennes peuvent le faire !
(…Grenadiers… ! Grenadières… !)
Faisons ensemble un survol, dans les limites de temps de ce texte, des éléments de ce programme
mentionné plus haut.
1. une évaluation de l’état des lieux
Retenons cette partie de l’entête de ce chapitre : « …qui incite les Haïtiens à rester et à rentrer
chez eux. » Les Haïtiens vivant à l’étranger sont originaires de tous les coins du pays. Le rêve de
chacun étant de retourner à son « pays », « nan peyi mwen », l’enquête sur l’état des lieux
couvrira tous les racoins du territoire, évaluant tous les éléments de l’environnement qui
contribuent au choix par l’Haïtien de vivre sa vie entière chez lui, ou, au moins, en Haïti.
(…ala konten m konten aswè a m nan peyi mwen…)
2. une analyse des raisons qui nous ont conduits là où nous nous trouvons aujourd’hui
Qui est responsable : les « blancs », ou l’Haïtien ?
Du côté des « blancs »
Certains évènements et faits, tant externes qu’internes et en toile de fond, ont affecté l’histoire
de la vie sur notre territoire.
Depuis le débarquement des Espagnols notre territoire n’a connu que la bouleverse due aux
« blancs ». Tantôt envahisseurs, tantôt colonisateurs, tantôt impérialistes, mais toujours
cruellement avides de richesses ou revanchards insatiables, pratiquant à outrance la cruauté, la
division, la perfidie pour atteindre leur but. Et nous voici aujourd’hui, une nation telle une bête
traquée, maltraitée, souffrant de mille blessures, exsangue, affaiblie, titubant… mais refusant de
céder ses droits inaliénables acquis par la plus glorieuse, fracassante, et retentissante victoire sur
la plus forte armée du monde, couronnant la révolution la plus importante de l’histoire de
l’humanité. 2
Ayiti a été un pays où la vie était agréable, pour tous, nous dit-on. C’était jusqu’au 6 décembre
1492. De cette date du premier débarquement des « blancs » à aujourd’hui (540 ans !), une liste
non exhaustive d’évènements et actes, ne cessant de porter atteinte à notre dignité, reste gravée
dans le granite de notre mémoire de peuple: 6 décembre 1492, Fort Nativité, arrivée des
2 Revolution! THE ATLANTIC WORLD REBORN _ Edited by Bender, Dubois, and Rabinowitz

Espagnols, exploitation des indigènes, premier génocide du continent, esclavage et son cortège
d’horreurs, relève par les Français 1697, Hédouville, deuxième débarquement/expédition
Leclerc, arrestation Toussaint Louverture, noyades, Jefferson, embargos par les nations
esclavagistes, héritage colonial 3
, exclusion du Congrès de Panama en 1826, LA DETTE,
humiliations/rançons, La Navase, ingérences, vol du trésor, troisième débarquement,
occupation Américaine, premiers bombardements et mitraillages aériens au monde,
Charlemagne Péralte, massacre Marchaterre, les gens-à-chaussures vs les va-nu-pieds de
Roosevelt, massacre « perejil » dominicain, campagne anti-vodou, les Montclair, 4H, remarque
sénateur Américain Biden 1994, dépôt matières radioactives, exploitation or/Clinton, archives
FADH, prélèvements miniers clandestins, déportation indésirables, MINUSTAH, choléra ONU,
salami dominicain, maltraitance Haïtiens en Dominicanie, les vautours du Fonds de
Reconstruction d’Haïti, manipulation électorale/Clinton, vote contre le Venezuela, insulte
président Américain Trump, CORE groupe, Fondation G-9/Lalime, TWIT Lalime, présence Lalime,
traitement migrants Haïtiens au Texas, déportation migrants Haïtiens, indifférence, dédain,
mépris, humiliations !
Aaah, ces « blancs » !
(Dessalines pa vle wè blan mannan…)
Avec un chapelet de scélératesses et d’avanies pareil, j’ai toujours plaidé que notre état
déplorable de peuple en souffrance, en retard d’éducation et de modernité, est dû aux
« blancs ».

Du côté de L’Haïtien

MAIS ! Voilà que, récemment, des voix s’élèvent pour recommander, réclamer même, un
changement dans la mentalité de l’Haïtien pour sortir de nos malheurs. Certains, et pas des
moindres, accusent l’Haïtien d’accumuler tous les vices de la terre. Cela donne à réfléchir : en
quoi « l’Haïtien » peut-il être responsable de ses propres malheurs ?
Qui est cet « Haïtien » de qui il faut changer la mentalité ?
Les composantes ethniques de l’Haïtien.
Le peuple Haïtien d’aujourd’hui, est composé d’une multitude d’ethnies Africaines, et aussi
Européennes, Moyen Orientales, et autres.
La composante Africaine consiste en descendants d’au moins une cinquante ethnies Africaines,
transportées contre leur gré, chacune parlant sa langue, ce que le colon exploitera pour les
diviser. Leurs membres qui ont survécu à l’esclavage ont traversé, au moins, quatre épreuves
traumatisantes : la capture, les tortures-triages avant la vente et l’embarquement, la traversée

de l’Atlantique en négrier, et l’esclavage à Saint Domingue, réputé avoir été l’un des plus féroces
de tous. Chacune de ces épreuves a vu son lot d’hommes, de femmes et d’enfants succomber
aux maltraitances et tortures.
Ces épreuves ont laissé des séquelles traumatiques, tant physiques que mentales, affectant les
gènes de tous les afro-descendants de notre continent, toutes nuances de couleurs de peau
confondues. Parmi les séquelles physiques identifiées scientifiquement : la propension au
diabète et à l’hypertension et les troubles de stress post-traumatiques. Les séquelles mentales
dominantes : la méfiance et l’appréciation du respect.
La composante Européenne consiste principalement en descendants de Français, d’Allemands,
d’Italiens, de Scandinaves, et de Juifs, dont certains des ancêtres étaient présents sur le territoire
du temps de la colonie. Les immigrants de chacun de ces pays sont arrivés parlant la même
langue. Ils sont venus de leur propre gré, trimbalant leur culture respective.
La composante Moyen-Orientale, venant principalement de la Syrie, du Liban et de la Palestine,
s’est introduite en Haïti durant la deuxième moitié du XIXème siècle, cherchant fortune ou fuyant
les difficultés de leurs pays. Ils n’ont pas été bien accueillis. Le rythme de leurs arrivées
s’accélérait durant les années 1970, jusqu’à constituer une présence économique dominante
aujourd’hui. Ils se sont adaptés rapidement au créole, communiquant plus aisément avec la
composante Africaine qu’avec les autres, ce qui a facilité leurs débuts en échanges commerciaux.
La composante de migrants venus d’autres origines, inclut le cas particulier des Polonais.
Emmenés à Saint Domingue comme soldats de l’expédition Leclerc, ils ont refusé de se battre
contre l’armée indigène et se sont regroupés dans certaines villes du pays après la victoire de
Vertières, bénéficiant de la nationalité Haïtienne accordée par un Jean-Jacques Dessalines
reconnaissant.
Ainsi, l’Haïtien est une mosaïque de mixages ethniques des différents groupes de la composante
Africaine entre eux-mêmes, entre un faible pourcentage de cette composante avec les autres, et
les autres, entre eux, généralement de couleur de peau blanche. Une vraie salade dans laquelle
la composante Africaine domine à plus de 95%. Notons l’absence des Tainos, quasi exterminés
par las Espagnols dans le premier génocide du continent.
De la mentalité de l’Haïtien.
Dans son livre publié en 2004 intitulé « A la Recherche d’un Consensus après 200 Ans
d’Indépendance : La Structure du Système Sociale Haïtien & Les Défis du Développement » à la
suite d’une « Etude Spécialisée Commandée par La Fondation Nouvelle Haïti Et L’Initiative de la
Société Civile Avec l’Appui de L’Union Européenne »
, la Dr. Tatiana K. Wah nous décrit avec
détails et précisions dans son chapitre 3 « La Structure du Système Interne » (social Haïtien).
Dans ce chapitre de 43 pages, Dr. Wah identifie les trente-et-un segments du système social
Haïtien et nous offre une richesse d’informations sur l’élément humain Haïtien, central et
indispensable à tout programme de développement. On y trouve tout ce qu’il faut savoir de la
mentalité de l’Haïtien par rapport au développement de Haïti. De cette longue liste de traits de
caractère tant positifs que négatifs de l’Haïtien, qui servira aux ingénieurs sociaux pour aiguiller
les stratégies d’acceptation et d’implémentation de programmes, deux retiennent mon
attention, l’un négatif, l’autre positif : la méfiance et l’appréciation du respect.
La méfiance s’est installée dans le subconscient de nos ancêtres dès l’instant de leur mise en
captivité, et cette hantise de besoin de respect découle de leur dantesque et avilissant sort vécu.
Tous deux ont été exacerbés par la pauvreté et le clivage pays-en-dedans pays-en-dehors. Au fil
des siècles, ces traits se sont répercutés sur les trente-et-un segments du système social Haïtien.
Ils seront des ingrédients de leur mentalité durant toute leur vie et ils les passeront à leur
progéniture, si elle ne les corrige pas.

Une société composée d’individus dominés par la méfiance et le sentiment de mépris aura des
problèmes. Les impulsions négatives qui en découleront conduiront ces hommes et femmes
au soupçon, l’envie, la jalousie, la mésentente, la rancune, l’hostilité, la trahison, le conflit. Les
vibrations émises par ces citoyens et citoyennes, loin de s’aligner en direction d’objectifs
communs, iront dans tous les sens, s’enchevêtreront. Au fil des années et des générations on
aboutira à une tour de Babel résonnant de charabias individualisés.
N’y sommes-nous pas ?
Depuis janvier 1804 notre pays vit de querelle en querelle, de crise en crise, de confrontation en
confrontation. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, en crescendos, nous nous
retrouvons aujourd’hui dans un tourbillon frénétique, au fond d’un gouffre duquel les plus malins
d’entre nous ne voient la sortie. La méfiance a abouti à la haine presqu’aveugle. Nos frères
s’entretuent. En conséquence, le mépris envers l’Haïtien s’est universalisé…
Notre mentalité nous y a conduit. Fera-t-elle que nous soyons destinés à un avenir inavouable ?

CONCLUSION : S’il est accepté que la responsabilité de l’état lamentable d’Haïti est partagée
entre les « blancs » et l’Haïtien, retenons que : d’un côté, l’atmosphère empoisonnée créée par
les « blancs » depuis le 1er janvier 1804, ajoutée à leurs manœuvres semant perpétuellement la
division, n’ont jamais permis à l’Haïtien de s’épanouir et de gouverner son pays correctement ;
d’un autre côté, même en tenant compte des comportements autodestructeurs de l’Haïtien, la
déroute dans laquelle le « blanc » maintient, sans état d’âme, le peuple Haïtien, le genoux sur le
cou et la tête sous l’eau jusqu’à ce genoux, est la preuve qu’en dernier lieu il a le dessus dans la
part de responsabilité.

Notons que je parle ici des causes négatives de notre situation attribuables aux « blancs ». Haïti
compte beaucoup d’amis de par le monde, tant au niveau des nations, des organisations et des
individus qui ont généreusement contribué à son développement soit par amitié,
reconnaissance, ou solidarité humaine. Nous ne devons jamais l’oublier. Leurs multiples
concours, tout comme les belles qualités de l’Haïtien, n’ont pas réussi à faire le contrepoids. Ils
seront encore à nos côtés face à notre détermination et assiduité dans l’exécution d’un
programme valable.
(…… Haiti, …. Haiti, .… La de los Jacobinos negros …) (Hugo Chavez)

Georges-Michel Celcis, je suis un octogénaire, Haïtien,
premier Haïtien ingénieur industriel de formation, premier
Haïtien diplômé en licence et en maitrise de Northeastern
University à Boston. Mon opinion sur le futur d’Haïti vient
de mon héritage familial à plusieurs racines et sur plusieurs
générations, de mon vécu en étroite collaboration avec
mes concitoyens de toutes origines, et de mes observations
des comportements de l’homo sapiens. Mon ambition en
rédigeant cette offre de solution à nos sempiternels
tourments est de ne pas mourir comme mes parents
proches, éloignés, et la plupart des Haïtiens pensants, avec
le chagrin et la tristesse en leur cœur de citoyens, mais de
m’en aller le sourire aux lèvres, le cœur plein d’espoir pour
mes frères et sœurs Haïtiens, confiant que le pays est lancé
sur une bonne base pour transformer La Perle des Antilles
des colons français en Diamant des Amériques, des
Haïtiens et Haïtiennes !

One comment

  1. Il faut des programmes sociaux mais pas le socialisme. Des programmes similaires au Royaume Uni. C’est presque impossible d’appliquer ce que vous proposez dans votre article à cause des gangs qui ,selon les sources du media, kidnappe et tuent chaque jour. Comme l’Ukraine,il faudra armer la police nationale et leur donner des armes lourdes pour rétablir l’ordre. À part ça vous décrivez bien le chemin à suivre pour la liberté. Les Etats Unis d’Amérique veulent éliminer l’influence Française et Anglisiser Haïti en vue de l’exploiter spécialement pour cette nouvelle mine de produits nucléaires. Négocions donc avec eux pour qu’ils nous foutent la paix.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *