République Dominicaine, le dernier bastion du racisme d’Etat !

République Dominicaine, le dernier bastion du racisme d’Etat !

Joel Leon

Pennsylvanie, USA, 11/25/2022 – Le 30 juin 1991, l’Afrique du Sud abolissait officiellement le système d’apartheid qui a été mis en place depuis 1948. Quoique le racisme ait toujours existé, aucun gouvernement ne l’avait jamais revendiqué publiquement. A l’exception de la République Dominicaine !

Les Dominicains, en grande majorité, sont racistes. Cette réalité quotidienne est sciemment entretenue et maintenue contre tous les noirs qui vivent ou qui sont de passage dans ce pays. Al Jazeera a rapporté dans un article publié en 2013 que : « Les enfants dominicains âgés de 4 à 13 ans sont plus susceptibles d’associer le mal, la laideur et la pauvreté aux Noirs qu’aux Blancs ».

En 2009, j’avais écrit que « Le comportement de la République Dominicaine n’a d’autres justifications que le racisme. Un pays composé de 16% de blancs, comment peut-il être raciste si ce n’est pas une illusion confuse à la fois anthropologique et biologique qui envoûte des générations d’hommes et de femmes ». Le pire, ils sont fiers de leur racisme, une idéologie que tous les pays du globe rejettent à cause de son inhumanité.

Haïti, qui partage le même bout terre avec la république dominicaine est fièrement peuplée de 95% de noirs, est la première victime du racisme de cette nation. Additionnellement, toutes les personnes noires reçoivent ce même traitement de sous-homme. Les Américains noirs ne sont pas épargnés, incluant ceux qui sont des membres actifs de l’armée des Etats-Unis.

Le 21 novembre 2022, l’Ambassade Américaine en République Dominicaine était obligée, face au comportement raciste des autorités de ce pays, de lancer cet avertissement à ses ressortissants noirs : « Ces actions peuvent conduire à une interaction accrue avec les autorités dominicaines, en particulier pour les citoyens américains à la peau plus foncée et les citoyens américains d’ascendance africaine. Selon certaines informations, des détenus sont détenus dans des centres de détention surpeuplés, sans possibilité de contester leur détention et sans accès à de la nourriture ou à des toilettes, parfois pendant des jours d’affilée, avant d’être libérés ou expulsés vers Haïti ». Le racisme dominicain dépasse les limites haïtiennes pour s’étendre à toute la race noire.

Définitivement, Luis Abinader lance une campagne de « Nettoyage Ethnique » à travers toute la République dominicaine et en dehors de toute humanité, même les enfants ne sont pas épargnés. L’UNICEF vient de révéler « qu’environ 1 800 enfants migrants haïtiens ont été brutalement expulsés vers Haïti sans qu’ils ne soient accompagnés de leurs parents ».

Le président Luis Abinader est lui-même à l’avant-garde de cette campagne raciste. Car, politiquement il est en chute libre. En ce sens, il utilise l’émotion du peuple dominicain pour s’accrocher au pouvoir. Cependant, cette démagogie populiste qu’il utilise a produit des « Effets de Boomerang », c’est le pays qui va faire les frais en voyant considérablement réduire son taux de croissance économique. À rappeler que les Etats-Unis et la République d’Haïti sont parmi les 4 plus grands partenaires commerciaux de la Dominicanie.

Cette semaine, l’administration de Joe Biden a exprimé son irritation face aux pratiques illégales et racistes de la République dominicaine. Spécialement, dans le domaine du « travail forcé », après avoir mené une recherche sérieuse : « Le CBP a identifié cinq des 11 indicateurs de travail forcé de l’Organisation internationale du travail au cours de son enquête : abus de vulnérabilité, isolement, retenue de salaire, conditions de travail et de vie abusives et heures supplémentaires excessives ». Elle vient d’adopter une série de mesures jusqu’à stopper l‘entrée du sucre dominicain sur le marché américain. C’est une façon de ramener Abinader à la raison, à savoir que nous ne sommes plus au début du 20e siècle, le racisme d’état n’est plus toléré.

Ces mesures pourraient correspondre à la présence d’un nombre imposant de noirs au sein de l’administration américaine, parmi eux : Karine Jean Pierre, la porte-parole de la maison blanche. Et peut-être aussi le résultat des pressions du « Black Caucus » et de la « NAACP » qui deviennent de plus en plus irrités face au mépris raciste de l’État dominicain. Qu’en est-il des autorités haïtiennes ?

Lorsqu’on considère que la « République d’Haïti n’est plus dirigée ni administrée », la primature abandonne ses sujets en difficulté en République Dominicaine. Toutefois, les Haïtiens eux-mêmes qui vivent aux environs de la frontière ont entrepris l’initiative de fermer la barrière frontalière reliant Dominicanie et Wanament , une ville avoisinante. La conséquence de cette mesure est immédiate, des millions de dollars de marchandises des hommes d’affaires dominicains pourrissent en grande quantité. D’après l’économiste Etzer Emile, cette fermeture va occasionner un manque à gagner de 292 millions de dollars pour l’économie dominicaine.

Joel Leon

References:

1-Aljazeera du 1er novembre 2013: “Xenophobia and racism back in the Dominican Republic”, Manuel Barcia

2- Dark Skin Citizens in Dominican Republic Being Detained After Mistaken for Haitians-By Ny MaGee, November 25, 2022

3- L’occupation silencieuse de la République d’Haïti par la République Dominicaine- Joel Leon, Mai 2009

Photo Courtoisie : www.prensaunica.com

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