Michel Martelly, un homme tourmenté !

Michel Martelly, un homme tourmenté !

Joel Leon

Pennsylvania, USA, 11/24/2022 – Selon le très populaire journal Dominicain, « Listin Diario », Michel Martelly a voyagé deux fois en République dominicaine au cours du mois de novembre.

Le journal a pu récupérer les détours de Michel Martelly : « Selon les données des autorités de la Direction générale des migrations et des agences de sécurité de l’État, l’ancien président haïtien est entré dans le pays le 8 (novembre) du vol 1160 d’American Airlines et est reparti le 10 pour Miami, en Floride, dans le vol 376 d’American Airlines. Les deux vols passent par l’aéroport international Las Américas, José Francisco Peña Gómez.

Martelly a l’aeroport de Miami

Alors que ce mardi 22 (novembre), Martelly est rentré à Saint-Domingue depuis Port-au-Prince, Haïti. Cette fois, il l’a fait sur un vol privé numéro 9999 via l’aéroport international de Higüero, Dr Joaquín Balaguer.

Alors que ce mercredi 23 novembre, Michel Martelly a quitté le pays, sur le vol 1160 d’American Airlines à destination de Miami, en Floride. »

Pourquoi cette montée et descente ?

Il y a une importante remarque à faire dans cette sordide affaire. Tous les « sanctionnés » se défendent et clament leur innocence à travers des notes et directes interventions dans les médias, à l’exception de Michel Martelly. Cela peut être interprété, à tort ou à raison, qu’il est coupable. Ces valses incompréhensibles alimentent toutes sortes de rumeurs à son encontre.

A propos de cette montée et descente, personne ne sait vraiment la signification. Cependant, on peut mettre en contexte les bizarres déplacements de Martelly en fonction des événements qui ponctuent sa vie et des « leaks » d’informations par ses proches.

Les multiples accusations concernant les liens de Martelly avec les gangs constituent la principale pierre d’achoppement pour lui. Justin Trudeau, le premier ministre du Canada, avec l’annonce officielle de la connexion financière de l’ex-président avec les hommes armés enfonce le clou dans la plaie.

Les Etats-Unis, le lieu de résidence de Martelly, viennent d’applaudir la décision canadienne. Ce qui fragilise sa situation davantage . Pour se protéger, comme une bête traquée, il arpente les capitales du continent les unes après les autres. On ne sait pas exactement son plan, mais si l’intention est d’évader la justice américaine, c’est peine perdue. Car, « Les mains de l’Oncle Sam sont très longues et puissantes, Michel Martelly restera toujours accessible ».

Michel Martelly

Martelly vit dans la tourmente depuis la fin de son mandat présidentiel en 2016. Il est très souvent empêché de jouer du bal par des groupes de manifestants qui pressuraient les autorités locales de stopper ses performances. Tantôt c’est à New York, Montréal, Boston, Paris…À rappeler que c’est ce même président qui passait son mandat de 5 ans à boycotter le sénateur-chanteur, Antonio Cheramy-Don Kato, de performer en public en Haïti. Martelly n’est plus en mesure d’exercer sa performance nulle part, une réalité qui doit sévèrement l’affecter comme bête de scène.

Non seulement il est dans le collimateur des gouvernements américains et canadiens, il est aussi devant les tribunaux pour l’affaire de 1.50$ collecté sur les transferts d’argent vers Haïti et les appels téléphoniques entrants. Ces deux perceptions d’argent de la diaspora haïtienne devaient être utilisées pour faciliter aux enfants nécessiteux d’Haïti de fréquenter l’école. Une initiative, quoique louable, n’a pas produit les résultats escomptés. Aujourd’hui, personne ne sait vraiment où et que fait cet argent, parce que le programme a été stoppé à environ deux ans après son démarrage.

La présidence, une source de tourment pour Michel Martelly

Si la présidence a permis à Martelly de se récupérer financièrement, après que les banques américaines confisquaient ses 3 maisons de Floride au cours de l’année 2009, après cette expérience politique, il a tout perdu. Il n’avait pas un clou des difficultés qui l’attendaient l’après présidence. Il ne savait pas qu’il ne serait plus l’homme qu’il d’auparavant. C’est l’un des principes cardinaux de cette haute fonction, elle change irréversiblement votre vie. Il est en train de payer cette ignorance chèrement !

L’erreur monumentale de « sweet micky », c’est qu’il veut revenir au pouvoir. Un péché mortel que la classe politique haïtienne n’a jamais pardonné à quiconque ancien président. Automatiquement, Michel Martelly est devenu l’ennemi numéro 1 de tous les assoiffés de pouvoir. L’homme à abattre, et ceci par tous les moyens !

D’après des informations de première main, Martelly gérait les finances publiques comme ses biens personnels. Il s’amusait à passer des ordres aux ministres des finances pour verser de fortes sommes d’argent aux personnes de son choix. Ces cadres techniques n’avaient pas le courage de l’éduquer que l’argent des contribuables ne peut-être décaissé de cette façon avant de le refuser, ils déboursent l’argent du peuple. Marie-Carmelle Jean Marie et Wilson Laleau, deux anciens argentiers de la république, sont les deux premiers responsables du gaspillage de ces fonds publics. Car, Michel Martelly n’avait pas la compétence, ni l’expérience nécessaire pour administrer efficacement les finances nationales.

Propriete de Martelly

Toutefois, Michel Martelly fut le président légitime investi d’un mandat populaire, il est le seul responsable par devant la nation. Il n’avait pas « la capacité à gérer des institutions, des gens ou des ressources ». Cependant, Il a grandement profité de sa position de chef-d ’État pour s’enrichir personnellement. L’acquisition d’une maison de vacances pour la modique somme de 10 millions de dollars américains, seulement 2 ans après avoir perdu les 3 propriétés de la Floride, est l’exemple le plus concret de sa participation dans la dilapidation du trésor public.

Ensuite, le gaspillage des 4.9 milliards de dollars que généraient le fonds Petrocaribe est une sorte de malédiction qui le poursuivra jusque dans son cercueil. On n’abuse pas impunément un peuple qui croyait que Michel Martelly, un outsider du paysage politique, allait faire autrement des dirigeants précédents. Il a fait pire !

Martelly et Jovenel (Haiti-Liberté)

Michel Martelly, à travers son obsession de revenir au pouvoir, a commis l’irréparable. Il n’a jamais été un enfant de cœur, ses attaches avec la pègre et le trafic de drogues étaient connus. L’homme s’est transformé en Lucifer. Ainsi, il a développé des liaisons dangereuses avec les pires criminels du pays. Il s’est fait aider par des drogues trafiquants pour hisser son poulain, Jovenel Moïse, au pouvoir.

Lorsque Jovenel se trouve dans l’impossibilité de retourner la balançoire du pouvoir comme conclut, il devient très amer contre lui. Ainsi, pour beaucoup d’observateurs, il est le suspect numéro 1 dans l’assassinat crapuleux de son ancien protégé.  Un homme d’état que Michel Martelly avait créé de toute pièce pour parachuter au pouvoir afin d’assurer son retour au palais national en 2022.

En conclusion, les déboires de Martelly ne font que commencer. Quelque part, on a le sentiment qu’un ancien président haïtien ne devrait pas devenir la risée des gouvernements étrangers. En même temps, lorsqu’on considère le bilan de son administration et son comportement de chef-d ‘État, on a comme l’impression que c’est le prix à payer. La réalité d’Haïti actuellement justifie ses tourments, en dépit de son statut d’Haïtien.

Joel Leon

Photo: www.juno7.ht

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