L’élection de mi-mandat du 8 novembre 2022 et ses enjeux ( 3eme partie)

L’élection de mi-mandat du 8 novembre 2022 et ses enjeux (3e partie)

Esau Jean-Baptiste

New York, USA, 11/05/2022 – A quelques jours des élections de mi-mandat aux États-Unis, bon nombre de pays aussi bien que des médias ont leurs regards tournés vers la politique américaine, particulièrement à la prochaine élection législative du 8 novembre 2022.

Contrairement aux élections présidentielles qui ont une plus large couverture médiatique dans la presse internationale, celles du mi-mandat sont différentes. N’empêche, les résultats de ces élections du 8 novembre, par leur importance, auront un véritable rôle d’équilibre à jouer des pouvoirs au Congrès.

Au-delà des leçons démocratiques à tirer généralement du processus de ces élections législatives américaines, l’enjeu reste de taille pour l’administration de Joe Biden. Les grandes décisions politiques, économiques et sociales qu’auront à prendre le chef de la Maison-Blanche dans les prochains mois et même des années à venir dépendront grandement de l’issue de ces élections.

D’une façon ou d’une autre, le devenir des citoyens américains aussi bien que celui d’autres peuples et de leurs dirigeants est lié à ce scrutin.  Autant dire qu’il se révèle important pour le peuple américain, pour certains dirigeants d’autres pays, ainsi que pour leurs compatriotes éparpillés un peu partout aux États-Unis d’accorder une priorité à l’élection législative américaine du 8 novembre 2022.

Jouant le rôle de référendum pour ou contre le président qui est en fonction depuis deux ans, ce 8 novembre, les électeurs Américains auront à faire le choix entre laisser une majorité parlementaire au président démocrate, ou s’ils préfèrent voir les parlementaires républicains contrôlent le parlement pour balancer l’administration de Joe Biden dans l’exercice de leur pouvoir exécutif de gouverner.

Jusqu’à date, avec une faible marge, le parti démocrate a une majorité à la Chambre des représentants et aussi bien du Sénat.  Mais les résultats des élections législatives qui se tiendront le 8 novembre de 2022 seront déterminants pour la suite du mandat de Joe Biden, qui aura besoin de conserver sa majorité parlementaire pour gouverner ou diriger, soit dans la bonne ou mauvaise direction. 

Dans son texte : Élections de mi-mandat aux États-Unis : le duel Biden-Trump en arrière-plan, Yona Helaoua écrit que:  « La campagne pour les midterms 2022 est marquée par une présence inhabituelle de l’ex-président. Si bien que ce scrutin, qui historiquement sanctionne le chef de l’État en place, ressemble cette fois à un double référendum Biden-Trump. »

Contrairement à bon nombre de ses prédécesseurs une fois qu’ils se retirent de la fonction de chef d’État, gardent le silence, jouissent de leurs vacances, tel n’a pas été le cas pour le 45e président des États-Unis. Politiquement, il est très actif.  Il semblerait qu’il soit déjà en campagne même lorsqu’il n’y a pas d’élections primaires au sein du parti républicain pour trouver un nominé pour 2024. « La tradition veut qu’une fois hors du Bureau ovale, les ex-chefs de l’État gardent un silence relatif, préférant au tumulte de Washington des vacances au soleil, des conférences grassement payées ou la construction d’une bibliothèque présidentielle. Il n’en est rien pour Donald Trump », écrit Yona Helaoua.

 Du fait que l’ancien président jouit d’une bonne popularité du côté des républicains, durant toute la campagne des candidats républicains, Donald Trump volait « souvent la vedette aux prétendants au Congrès qu’il est censé être venu soutenir. »

Entre-temps, les candidats du parti républicain tout en soutenant la théorie complotiste de l’élection volée ils ne faisaient, directement ou indirectement, que rappeler que leurs adversaires démocrates sont du même parti que le chef de l’Etat.

Quant aux démocrates, tout en réagissant aux accusations des républicains, particulièrement de celle d’inflation ‘’surnommée “Bidenflation” – qui frappe le pays et le reste du monde, le président et son équipe répliquent en faisant campagne sur le thème du sauvetage de la démocratie. “Il n’y a pas de place pour la violence politique“, ont-ils fait savoir.

Mais au-delà des arguments contradictoires des uns et des autres, « pour pouvoir passer une loi dès janvier, il faudrait que les démocrates conservent la Chambre des représentants tout en gagnant dix sièges au Sénat, afin d’atteindre les 60 sénateurs nécessaires pour mettre fin à l’obstruction des républicains. Un tel scénario est hautement improbable. »

 Et comment comprendre qu’il y a peu de chance que cela puisse se produire quand, « Les démocrates savent de toute façon qu’ils n’arriveront pas à convaincre les partisans purs et durs de Donald Trump. Mais pour garder une chance au Sénat, ils visent plutôt les électeurs indépendants, des modérés qui basculent d’un parti à l’autre en fonction des élections, et à qui l’évocation de la figure de Donald Trump donne des boutons. Si ces derniers sont très insatisfaits de la politique de Joe Biden et de l’inflation galopante, peut-être qu’une piqûre de rappel sur l’attaque du 6 janvier pourrait leur éviter de mettre un bulletin républicain dans l’urne. Les démocrates auront leur réponse le 8 novembre », avait conclu Yona Helaoua.

Dans l’intervalle, « Depuis, certains stratèges démocrates, comme James Carville, célèbre ancien conseiller de Bill Clinton, ont estimé qu’il fallait faire de l’avortement un sujet majeur. L’ancien président Barack Obama a également apporté son soutien à cette stratégie avec une vidéo postée mercredi sur les réseaux sociaux. Ils s’appuient notamment sur certains sondages montrant que la décision de la Cour suprême pousserait des électeurs à se rendre aux urnes.

Mais, dans cette confusion de choses mêlées, à quelques semaines du scrutin, d’autres experts, dans leurs analyses, arrivent à cette conclusion, en dépit des sondages, le parti du président peut rendre probable ce qui était considéré comme improbable.

Par exemple, dans son texte Midterms 2022 : quitte ou double pour Joe Biden et les démocrates, publié dans les colonnes de l’Opinion en date du 14 octobre 2022, Joann Mathias écrivait qu’ «À l’approche des élections de mi-mandat, qui se tiendront le 8 novembre prochain, les démocrates n’ont donc pas vraiment bonne presse. Mais pour l’emporter, Joe Biden pourrait bien compter sur l’aide bien fortuite de ses meilleurs ennemis : « Le radicalisme des républicains va sans doute se retourner contre eux, juge encore Anne Deysine. En avril 2022, les sondages étaient encore très favorables aux républicains. En plus, c’est classique, les élections de mi-mandat ne sont pas favorables au pouvoir en place. Mais il y a eu ce jusqu’au-boutisme des républicains sur le port d’arme, sur l’avortement ainsi qu’une décision de la Cour suprême contre l’Agence de protection de l’environnement. »

 Mais que disent les sondages ?

À quelques jours « Les sondages sont donc particulièrement serrés et le résultat incertain à l’approche de ces midterms. Mais Joe Biden et les démocrates ont l’histoire contre eux. “Le président a perdu la majorité à la Chambre des représentants 36 fois sur 40”, lors des midterms, a expliqué à L’internaute Marie-Christine Bonzom, ex-journaliste française pour la BBC et Voice of America. Sur Slate, Laurence Nardon, chercheuse à l’IFRI et spécialiste des USA, a affirmé mercredi 19 octobre 2022 que, “à la Chambre des représentants, les républicains devraient l’emporter.” Cependant, elle estime que “les démocrates ont une chance légèrement favorable de conserver le Sénat. »

 « Si les Républicains l’emportent en novembre, ils utiliseront leurs nouvelles majorités à la Chambre, et peut-être au Sénat, pour surveiller de très près l’administration Biden et cela pourrait se traduire par une paralysie certaine de l’agenda législatif présidentiel. Ce dernier (qui avait déjà eu du mal à faire passer des projets de lois sur la fiscalité, le climat et l’énergie) aura encore plus de mal à obtenir un soutien bipartite pour les priorités politiques des Démocrates. De manière générale, le parti qui contrôle le Congrès contrôle l’agenda politique, écrivait Louise Chetcuti dans son texte: L’Institut Montaigne éclaire : les élections de mi-mandat aux États-Unis .»

Et par contre, si ce sont les démocrates qui gagnent, avec un contrôle dans les deux chambres, l’administration Biden n’aura pas de grandes difficultés pour faire passer ses projets politiques et résoudre des problèmes dominants comme la politique en matière d’armes à feu, l’inflation galopante qui inquiète, ‘’les prix des produits alimentaires ont flambé de 13,5% en un an, selon le dernier relevé de fin septembre 2022’’ avait noté Maxime Gil.  Tout en contrôlant le Congrès, il contrôlera son agenda politique.

Mais l’analyse de ses élections ne s’arrête pas seulement aux sondages.  Elle ne s‘arrête pas non plus entre ce qui est probable et ce qui ne l’est pas.  Ainsi, comme l’enjeux est de taille, déjà, des experts pensent à une forte participation d’électeurs aux urnes ce 8 novembre 2022. C’est ce que Maxime Gil a écrit dans son texte : Élections de midterms 2022 aux États-Unis : résultats des sondages, enjeux… Tout comprendre.  « Il faut dire que ces midterms 2022 pourraient être marquées par un record de participation de la part des Américains. C’est ce qu’avance Inside Elections, site spécialisé sur la politique aux États-Unis. Lors des élections de mi-mandat en 2018, le taux de participation était de 50,1%, soit 10 points de plus que la moyenne des 40 dernières années (39,4%). Deux ans plus tard, lors de la présidentielle, le schéma fut le même : 66,8% des électeurs se sont déplacés, contre 56,5% en moyenne sur les quatre décennies précédentes. Généralement, la participation lors des élections de mi-mandat est bien moins importante que pour élire le président des États-Unis : -16,4% en moyenne. Cependant, l’application de cet écart au record de participation de 2020 aboutit à une estimation de la participation plus élevée qu’en 2018. Une projection de 50,4% d’électeurs venus dans les bureaux de vote est donnée. »

Un rappel : Les vainqueurs des élections législatives du 8 novembre prêteront serment le 3 janvier 2023 pour le 118e Congrès.

Dans l’attente de tout cela, saviez-vous que ce 8 novembre, il y aura aussi des élections pour d’autres postes électifs aux États-Unis?

 Prof. Esau Jean-Baptiste

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *