Inclure les exclus
« On n’attaque pas les riches par jalousie, mais par légitime défense. L’accaparement de la richesse est la cause de la pauvreté. Les riches ne sont pas seulement indifférents à la pauvreté : ils la créent et la maintiennent », tels sont les mots de l’actrice Jodie Foster.

New York, USA, 10/18/2022 – Et c’est cette injustice ou inégalité sociale que l’Empereur Jean Jacques Dessalines, en esprit au côté du peuple haïtien qui était dans les rues que ce soit en Haïti et dans des communautés haïtiennes dans la diaspora, dénonçait hier lundi 17 octobre 2022.
Depuis la trahison du 17 octobre 1806, date tristement célèbre à laquelle, le Père fondateur de la patrie a été crapuleusement assassiné au Pont Rouge, le pays est divisé. Et cette division est partout et en tout.
Par exemple, à travers des articles d’exclusion de la constitution de 1987, les Haïtiens vivant en dehors d’Haïti se sont, par l’injustice des hommes de Port-au-Prince, mis à l’écart des grandes décisions des pouvoirs politiques.
Tout en restant l’oxygène qui permet à Haïti de respirer économiquement, depuis plus de trente ans, la diaspora est exclue des affaires politiques du pays.
Quant aux gens des sections rurales et des communes qui n’ont pas de contacts avec des grands hommes du pays, quoique vivant à l’intérieur du pays, ils sont eux aussi les victimes des problèmes d’exclusions. Dans la République d’Haïti où tout est concentré à Port-au-Prince, la capitale, les paysans sont, eux aussi, des “mounn an deyo” vivant en dehors du pays.
Les paysans ne sont pas les seuls à être victimes de l’exclusion, puisqu’il y a un ministère de l’Éducation nationale qui, malheureusement avec un système d’éducation de deux poids et deux mesures pour deux catégories d’enfants, forme deux différents citoyens pour le pays. Ainsi, les écoles des enfants des gens riches sont complètement différentes de celles des adolescents pauvres vivant à Martissant, La Saline, Bel-Air, Cité Soleil, Raboto, Lafossèt, Saint Helène etc.
De plus, pour le malheur d’Haïti et de ses citoyens, d’une façon insensée, il y a une force de police pour protéger et servir nationalement tout le pays qui est composé des jeunes gens descendants uniquement de souches pauvres de la paysannerie et des quartiers populaires de Port-au-Prince.
Dans ce pays de deux peuples et de deux modes de vie différents, les oligarques sont bien protégés par l’institution policière. Avec cette couverture sécuritaire et un système de justice corrompu avec des juges qui sont achetables, les hommes d’affaires se sont impliqués dans toutes sortes de combines politiques et financières pour finalement créer cette grande disparité économique et sociale entre une minorité qui a tout pris et une majorité qui n’a rien trouvé. Ces derniers sont les exclus d’une société d’exclusion.
Définitivement, il est inconcevable et impensable pour qu’en 2022, deux cent dix-neuf ans après la grande épopée de Vertières du 18 novembre 1803 que des citoyens haïtiens vivent dans de telle condition inhumaine.
Ce qui est inimaginable est bien réel. Car, sous l’œil des autorités rapaces d’un État en mauvais état, les femmes, les enfants, les chômeurs, les paysans, la diaspora, les vaudouisants, les policiers, les écoliers, les étudiants, les handicapés etc., ils sont tous exclus dans une société construite sur l’injustice et de l’inégalité sociale, politique et économique.
Face à cette injustice sociale, politique et économique si criante imposée depuis plus de deux cents ans par une oligarchie locale et internationale, surtout dominée par les États-Unis, le message du Père fondateur de la nation lors de ces manifestations du lundi 17 octobre 2022 était, d’inclure les exclus.

Selon l’idée même l’idéal dessalinien, inclus les exclus, c’est, dans un programme de réforme agraire dans tout le pays, distribuer, équitablement des terres publiques, mais surtout cultivables, aux paysans. En se faisant, c’est définitivement retirer les terres agricoles des mains des patrons de la sous-traitance de l’oligarchie mafieuse qui les exploitaient à des fins personnelles et abusives à l’encontre des classes salariales des masses populaires.
Pour le père du socialisme moderne, inclus, les exclus, c’est, à travers un programme national d’éducation, donner une chance égale à toutes les filles et tous les fils du pays d’avoir une éducation gratuite, mais surtout de qualité.
De plus, la crise de bidonvilisation qui prévaut en Haïti particulièrement dans les quartiers populaires “a entraîné des manifestations de certaines situations socioéconomique vraiment néfastes à la survie de la population défavorisée”
Donc, avec un programme de construction de projets sociaux permettant aux pauvres dans les quartiers populaires d’accéder à des services de base dans leurs communautés, c’est rendre justice à cette couche défavorisée qui a toujours été mise à l’écart dans une société d’exclusion.
Puis, créer des opportunités économiques et des emplois pour les chômeurs des couches marginales que ce soit à Port-au-Prince la capitale et dans les endroits les plus reculés. En se faisant, c’est lutter contre la relégation et la marginalisation de ces haïtiens qui sont eux aussi les petites filles et petits fils de Dessalines
Enfin, dans cette Haïti divisée avec des stratifications sociales des plus poignantes, le lundi 17 octobre 2022, les Haïtiens en Haïti et des communautés haïtiennes dans la diaspora étaient dans les rues pour réclamer le départ de l’actuel Premier ministre. Ils se mobilisaient aussi pour dire non à de forces étrangères d’occupation ou d’intervention au pays de Jean-Jacques Dessalines, mais surtout non à l’exclusion.
Prof. Esau Jean-Baptiste






C’est tres bien dit et je ne sais quoi d’autre ajouter car tu as une si belle plume monsieur Jean Baptiste.