Haïti : bombe à retardement ou bombe à déflagration ?
Massachusetts, USA, 10/06/2022 – Pour plus d’un la situation est considérée comme une bombe à retardement i.e nous vivons une situation instable qui n’a pas encore atteint sa limite d’élasticité pour parler physique. On peut toujours tirer sur la corde. Comme des enfants, on continue de jouer avec le feu, jusqu’à son embrasement.
Pour d’autres, on est en plein chaos, c’est le déferlement, c’est le blocage quasi total, bref c’est l’arrêt de toutes les chaînes de production, de surcroît d’approvisionnement et de consommation. Vu sous cet angle, certains disent que c’est la déflagration.
De toute façon, à quelque bout de l’analyse que l’on se positionne, une vérité existe.
Dans le réel, Haïti comme nation, comme pays n’existe pas. La nation caractérise l’État. Et l’État lui-même se manifeste dans un ensemble d’institutions qui le symbolisent et des actions qui le matérialisent. Et l’institution et l’action ne peuvent exhiber pour se prévaloir de l’État. De ce fait, soit il est fictif, soit il est en léthargie ou l’on veut nous faire fantasmer.
Le paradoxe dans notre cas, ce qui lui rend unique, c’est que des hommes et des femmes agissent de manière éhontée au nom de cet État non-existant. Drôle de choses, leurs actes posés ont valeur légale. Qui philosophe politique, sociologue travaillant sur l’évolution des sociétés et leur transformation peuvent nous aider à saisir l’unicité de notre situation.
Malgré les guerres, malgré les débordements au niveau des nations, il me paraît assez difficile de trouver une situation similaire au nôtre dans le concert des nations.
Est-ce la raison pour laquelle nous devenons insaisissables, difficiles à caser. Ce qui rend tout copier-coller, toute approche fourre-tout inadaptable, donc vouée à l’échec au départ.
Ne serait-il pas mieux, partant de nos origines esclavagistes et de la façon dont nous avons forgé notre liberté de penser, de concevoir et d’établir une approche spéciale basée sur nos combats, nos souffrances, nos résistances et notre résilience pour enfin voir comment tracer la sortie. Une sortie faite de bien-être pour toutes et tous et qui en bout de chaîne nous conduit vers le bonheur.
Marcel Poinsard MONDÉSIR
Photo: Le Devoir






