En guise de Proposition de sortie de crise, et pour que cessent le non-sens (par Serge Pierre-Louis)

Jacmel, Haiti, 09/29/2022 – Gwo istoryen ou lòt mounn ki konn ap reflechi sou pwoblèm kriz politik, ekonomik ak sosyal, yo renmen repete ke istwa konn repete tèt li. Gen anpil lòt ki konn di tou: ou pa bezwen ap fè efò, kase tèt pou w envante wou an paske repons ak anpil pwoblèm jodi an, gen mounn ki te deja reflechi sou yo. Swa yo te deja jwoinn solisyon ak yo. Swa yo deja fè pwopozisyon pou rezoud yo.
Tout pale sa yo fèt, se jis pou n fè yon ti bak an aryè, spesyalman an 2019 pou n twouve yon pozisyon ke n te fè sa gen 3 zan.
Paragraf ki ap swuiv yo, se te yon pwopozisyon ke m te fè nan moman peyi an t ap fè fas ak yon gwo kriz politik nan peryòd peyi lòk lan. Jodi an, 3 zan aprè, mwen twouve l anko daktyalite.
C’est une proposition en trois (3) courts chapitres : 1) – Pourquoi une de plus ? 2)- La formation du gouvernement de Salut public 3-) Nous conclurons avec le mandat/mission de ce gouvernement et quelques explications.
Sortie de crise s’entend le départ de Jovenel Moise. On sait bien qu’un peuple peut parler à travers les urnes avec son bulletin ; le peuple peut tout aussi bien s’exprimer par ses pieds sur le macadam. Comparez. Nous sommes aujourd’hui dans une dynamique de luttes populaires. Nombreux disent qu’il est question d’insurrection ou tout simplement de situation quasi-insurrectionnelle. A la vérité, j’ai lu plusieurs propositions dites de sortie de crise ; Etant un citoyen engagé, tout en respectant ceux qui mènent la bataille pour mettre fin au statu quo, je me permets d’opiner et aussi de proposer.
Primo. Depuis l’assassinat de Dessalines, le plus terrible cancer du pays, l’ennemi public # 1 de ce peuple est cette maladie de président (présidentité). Un président en Haïti, d’expérience, quelle qu’en soit son incompétence (ou même son âge) fonctionne comme un chef de mafia. Les membres de la confrérie viennent lui baiser la bague et lui font le serment d’allégeance.
Le tout premier s’appelle Alexandre Pétion. Depuis 1806 donc ! C’est le chef de mafia qui décide de tout ; c’est lui qui distribue les faveurs ; c’est lui commande les assassinats. Malgré une tentative de la Constitution de 1987 de lui limiter ce pouvoir, ça n’a pas changé ! Qui peut me dire le contraire ? Pour ce qu’il s’agit de Premier ministre : de la petite expérience Célestin/Manigat, on a vu ce que ça a donné. Pour aboutir à ces 100000 dollars US qu’un PM nommé met à la disposition de chaque sénateur qui accepte de lui voter la confiance.
Deuxio : Comment comprendre qu’il y a quelquefois un (1) ou même deux (2) ou trois (3) millions de manifestants chauffés à blanc qui réclament un changement de système (même le vieux Jojo en parle), et qu’on perde un temps à leur proposer que des choses du passé. Comme si le peuple parisien avait pris la Bastille, pour réconforter et consolider la monarchie absolue Louis XVI.
Tous ces gens dans les rues, c’est parce qu’ils ont ras le bol et qu’ils veulent en finir avec ces présidents Nerette, Jonassaint, Boniface… Ce n’est pas sans raison qu’on entend souvent sortir le mot ‘’tabularaza’’.
Cela signifie qu’il faut en finir avec ce système mafieux dont l’unique mission est d’enrichir une petite clique d’Haïtiens et d’étrangers. Autre système, autre formule ; oui, la formule ; cela a été la grande erreur (l’une d’elles) d’Aristide d’avoir agencé son gouvernement en 1991 exactement comme J-C Duvalier nous l’avait laissé, or, c’est dans l’agencement et l’alignement du gouvernement qu’on se fait une idée de la volonté des nouveaux responsables d’innover pour un véritable changement.
Cela dit, malgré tout mon respect pour le leadership de l’actuel mouvement qui prône un ‘changement radical’, je propose :
– Un Triumvirat a la tête d’un gouvernement de Salut Public composé de deux femmes et un homme ; ou de deux hommes et une femme. Ce Triumvirat avec ces trois (3) personnalités qu’on estime au-dessus de tout soupçon. Un profil ? -Professeur Michel Hector, récemment décédé. En rotation, l’une de ces personnalités assumera la présidence du Triumvirat tous les six (6) mois.
– Un ministre d’État des Finances (économie, plan, développement)
– Un ministre d’État de la Justice.
– Un ministre d’État de l’Intérieur et de la Sécurité publique.
– Autres portefeuilles : Affaires étrangères ; éducation (sports et culture) ; Travaux Publics ; Affaires sociales ; Agriculture (Pêche); Commerce (Industrie et Tourisme). Au besoin, on pourra toujours nommer quelques vice-ministres…
-Un conseil de vigilance patriotique avec un membre venu de chaque département géographique
10 membres avec réunions régulières une fois par mois ; les membres du Conseil peuvent être convoqués à l’extraordinaire pour discuter avec les membres du gouvernement de Salut Public des grandes décisions.
-Le gouvernement choisit un représentant par Département avec l’aide des populations sur la base de confiance comme c’est le cas pour tous ceux qui vont intégrer l’Administration.
Le gouvernement de Salut Public dont la durée ne doit pas être déterminée, est supposé avoir la confiance de la population ; en tout cas, ce sont les taches suivantes qui dicteront sa durée :
Organiser une conférence nationale
Monter une Assemblée Constituante
Entamer les procès contre la corruption, à commencer avec le procès Pétro Caribe.
Faire voter la nouvelle Constitution
Encourager la décentralisation
Convoquer des élections générales
Concluons et disons, qu’il faut bien que les gabegies s’arrêtent. Ces histoires d’être président et qu’après un an ou 4 ans ou 5 ans et qu’on est multimillionnaire ; PM, ministre, parlementaire, Juge… de la hiérarchie mafieuse, Haïti n’est pas une loterie pour faire des « dòmi pòv leve rich ».
C’est la mission à confier à un ministre d’État des finances qui doit être comme une sorte de camera installée sur le trésor public (transparence absolue) pour que le pays puisse regarder en permanence. Ainsi on est sûr qu’il n’y de mauvais contrats. Les jobs donnés ont des « tatawel ak bizawel », fini !
Tout doit être fait au grand jour, les postes seront occupés à partir de compétence. Tout doit être vérifié et justifie.
La justice, un vrai ministre ; des exemples à tracer, des signaux de tolérance zéro à la corruption, de vrais procès, de vraies enquêtes et de bonnes instructions.
La question de la sécurité doit être abordée immédiatement. En faisant appel à la population pour que tous les bandits soient pourchassés de tous leurs trous.
Voila ! Une véritable révolution, vu que les deniers publics ne vont plus atterrir dans les poches par ci par là de ceux-ci et de ceux-là. On comprend aisément que les hôpitaux existants vont pouvoir fonctionner étant mieux pourvus, et que d’autres seront construits ; qu’il en est de même pour les écoles ; l’Université avec laboratoire et tout ; ce n’est pas un rêve, c’est une révolution, c’est le changement ; enfin, un autre système.
Serge PIERRE-LOUIS





