COMMUNIQUÉ DE PRESSE
LHADAN exige plus de vérité de l’Organisation des États Américains (OEA) sur sa déclaration surprenante et compromettante, admettant l’échec de la communauté internationale (CI) en Haïti !
LHADAN prend note de la déclaration de l’OEA qui a fini par faire son mea-culpa en confessant le rôle de la CI dans la dégradation des conditions du pays depuis au moins une vingtaine d’années. Car pour elle : « Sous le parapluie de la communauté internationale, les bandes criminelles qui assiègent aujourd’hui le pays et son peuple ont fermenté et germé, sous ce parapluie le processus de désinstitutionalisation et de crise politique que nous connaissons aujourd’hui a germé et couvé. » Le peuple haïtien a lui-même préalablement fait ce constat.
LHADAN estime toutefois que l’OEA et l’Organisation des Nations Unies (ONU) sont les deux faces d’une même pièce de monnaie siégée dans le Core Group, qui ont participé pleinement à cet échec global et quasi-irréversible en s’immisçant, maladroitement et volontairement, dans les affaires internes de la République d’Haïti.
Quoique tardive, cette déclaration de l’OEA n’est que la répétition des propos de l’ambassadeur chinois qui, avec bravoure, avait déjà dénoncé et condamné cet échec écœurant durant l’Assemblée générale de l’ONU tenue en juillet dernier. Notons également que ladite déclaration réitère les diverses notes de presse de LHADAN.
Cela dit, le communiqué du secrétariat de l’OEA, intitulé « Démocratie et sécurité », s’apparente à un exposé de sciences politiques destiné à la classe politique, aux dirigeants de l’État et aux citoyens lettrés haïtiens ; mais non aux masses populaires qui exigent la vérité sur les violences, la misère et les solutions appropriées.
Entre le discours universitaire et l’exploration du terrain, il y a la réalité. Cette réalité se résume aux non-dits que l’OEA a omis de souligner. Citons-en quelques-uns : le coup d’État de 2004 contre Jean-Bertrand Aristide et la mise sous-tutelle d’Haïti pour faire plaisir au bonapartiste de France, M. Dominique de Villepin. Sans oublier l’intérêt financier des secteurs privés nationaux et internationaux. Le New-York Times a révélé cette vérité… !
Il y a aussi un ancien Secrétaire général de l’OEA, José Miguel Insulza, qui eut à dire en personne à René Préval, en 2006, que les résultats des élections publiés ne sont pas ceux souhaités par l’OEA et Washington ; qu’il lui prépare un avion pour quitter le pays… Il y a les élections de 2011 où les Clinton ont imposé un président au vu et au su de la CI (OEA et Core Group réunis). Ce sont les mêmes colons qui tentent de nous faire des leçons de démocratie.
Puis, le choléra de la MINUSTAH, éradiqué grâce à un don financier de la Fondation Bill Gates. Jusqu’à date, l’ONU ne veut toujours pas dédommager les victimes.
Il y a enfin les fonds de la reconstruction (CIRH) et du PetroCaribe qui ont été dilapidés par des politiciens véreux et des institutions financières internationales. Le Core Group en a fait le silence du cimetière mais nous parle aujourd’hui d’absence de ressources financières en Haïti pour supporter des programmes de développement.
Le bilan du Core Group est fait d’échec en échec en Haïti et semble être une preuve flagrante de leur intention d’anéantir notre nation. Le peuple haïtien est en droit de se questionner : si la CI a fait partie du problème, comment peut-elle apporter des solutions en renforçant davantage ses responsabilités comme le suggère l’OEA ?
LHADAN porte un démenti catégorique à la déclaration de l’OEA qui prétend que : « Haïti ne dispose pas des ressources humaines préparées et de capacités dans son accumulation financière, elle ne dispose pas des capacités techniques nécessaires pour faire face à la situation d’insécurité à laquelle elle est confrontée. » Ça, c’est un gros mensonge ! Le pays a un énorme potentiel humain intelligent, formé, compétent et intègre qui se retrouve aussi bien en Haïti qu’à l’étranger. La vérité c’est qu’il y a des citoyens qui craignent de braver la violence politique et les gangs. De ceux qui osent se prononcer, beaucoup ont laissé leur peau : nous pensons à Me Dorval, à Duclaire, à Rospide, à Saint-Hilaire et à des centaines d’autres patriotes qui ont été assassinés depuis 1986 pour leurs convictions progressistes.
Depuis près de deux ans, LHADAN ne cesse de dénoncer cette ingérence osée qui a dérobé Haïti de ses ressources humaines et minières. Nous avons fait maintes propositions incluant l’importance d’impliquer tous nos compatriotes intègres et compétents dans les affaires internes de leur pays afin d’assurer une transition démocratique. Mais en vain. Le Core Group tient la baraque en soutenant incessamment des individus déviants, incompétents et faibles ne pouvant faire résistance aux desiderata des institutions financières et politiques internationales.
Aujourd’hui, le monde entier a découvert les auteurs de la destruction d’Haïti. Sans doute un peu trop tard, car plusieurs vies humaines et maintes familles innocentes ont été détruites. Le pays a connu une forte régression à tous les niveaux durant les vingt ans de tutelle de l’ONU et de l’OEA, donc de la CI.
Le temps est arrivé pour nous, Haïtiens et Haïtiennes, de prendre en charge notre destin afin d’arracher notre souveraineté des griffes de l’oppresseur !
Pour le comité de communication, info@lhadan.org
Sergo Alexis Paris, France, 10 août 2022





