L’insécurité d’État, sous la coupe du CORE GROUP, détruit la vie dans les ghettos.

L’insécurité d’État, sous la coupe du CORE GROUP, détruit la vie dans les ghettos.

Pierre Frederique

Le banditisme d’État, généralisé au niveau du département de l’Ouest, pose un problème sérieux qui entrave la circulation des produits alimentaires dans les quartiers populaires. En ce sens, nous sommes en face d’une crise alimentaire artificielle, créée par les activités criminelles des gangs. Cette réalité se fait sentir particulièrement au niveau de la classe des plus démunis, eux qui vivaient déjà dans des conditions assez précaires.

La montée des PHTKistes au pouvoir au cours des 10 dernières années constitue le catalyseur idéal pour l’éclatement d’autres crises. Effectivement, ils ont systématiquement démantelé toutes nos institutions, qui étaient déjà en lambeaux. En conséquence, frapper de désespoir les jeunes sont forcés d’émigrer vers les pays de l’Amérique latine. Les gens abandonnent leurs maisons et leurs quartiers ou ils y habitaient pendant des années sous la pression des gangues armées. Certains se replient dans les villes de provinces accompagnés de leurs enfants, et ceci en plein milieu de l’année scolaire. En définitive, personne ne sait à quel saint se vouer, parce que l’État avec l’appui de la communauté internationale est en possession de la clé de la machine qui théorise la population.

Tout ça nous fait réfléchir profondément sur l’avenir de notre Haïti. Un pays qui a une économie boiteuse, semi-féodale, fondée exclusivement sur la monoculture, focalisée sur la production agricole par l’intermédiaire d’outils archaïques. La crise alimentaire est devenue un phénomène social. Les jeunes se prostituent, car le « grangou » et la sous-alimentation représentent le sort des chômeurs. Ceux qui travaillent dans les industries de la sous-traitance sont faiblement rémunérés avec un salaire de misère de moins de 500 gourdes par jour. La montée en flèche de l’insécurité élimine une bonne partie de leurs activités quotidiennes.

Personne ne se pose cette question vitale, ou sont passés les ouvriers et ouvrières qui travaillent dans la zone industrielle après le boulot ? La réalité est qu’ils vont s’entasser dans les ghettos de la zone périphérique de Port-au-Prince. Ils sont les plus vulnérables de la société.  Ils mènent une vie simple qui se fait particulièrement sur les trottoirs avec les marchands ambulants qui cuisinent au quotidien pour leur survie.

La majorité de ces marchands, qui caractérisent le secteur informel, ne peuvent pas subvenir à leurs besoins dans ces conditions. Parce que la journée de 24 heures en Haïti est réduite à moins de 12 heures. Avant le coucher du soleil, tous les gens se hâtent à rentrer chez eux pour ne pas être la proie des ravisseurs et des kidnappeurs qui rançonnent en permanence. En d’autres termes, la vie nocturne n’existe plus en Haïti, comme dit le proverbe « ti koulèv rete nan twoul sil vle grandi ».

La solution à ce problème reste entre les mains de la population. Car, l’État haïtien n’a pas seulement démissionné, il s’est fait complice. Cependant, tout n’est pas perdu, il suffit que les gens s’organisent ensemble. Ainsi, ils pourront remédier d’une façon définitive à ce mal qui ravage la population haïtienne.

Nul homme honnête ne peut avoir la conscience tranquille en constatant que des milliers de pères et mères de familles ne peuvent plus vaquer à leurs activités journalières. Dans l’impuissance, ils sont tous à la merci de la diaspora pour les aider à survivre, à se procurer de vêtements, abris, nourriture…

La misère et les circonstances exceptionnelles dans lesquelles vivent nos compatriotes nous portent à dire que seule une révolution profonde nous permettra de rattraper les retards sociaux-économiques, que nous ont causé les pays impérialistes. Selon la banque mondiale « les 20% les plus riches de la population haïtienne détiennent plus de 64%de la richesse totale du pays, tandis que les 20 % les plus pauvres n’en possèdent que moins de 1% de la richesse ». Avec ses écarts économiques, toutes les conditions sont réunies pour un changement radical dans le pays. Juste une prise de conscience nationale et sous le leadership d’un groupe de citoyens patriotes, honnêtes et compétents remettront la pendule à l’heure.

Pierre Louis Pierre Frédérique

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