Ariel Henry, Choisi par Michel Martelly, Nommé par Jovenel Moïse, Appuyé par Moïse Jean Charles…est dans l’impasse !

Pennsylvania, USA, 07/24/2022 – Haïti entre dans une phase de décomposition avancée, cela implique une thérapeutique de choc. Visiblement, quoique médecin neurologue, Ariel Henry est complètement dépassé par les événements.

Après avoir conduit Claude Joseph en deux occasions comme premier ministre A.I., Jovenel Moïse était contraint de nommer un premier ministre définitif. Tradition oblige, il contacta l’ancien président Michel Martelly, avec qui il avait conclu un accord de garder le pouvoir pour une période de 5 ans, après quoi il doit lui renvoyer la balançoire, de participer au choix du nouveau premier ministre. Sans hésiter, Michel fit choix de Mr. Ariel Henry.
Entretemps, les proches conseillers de Jovenel Moise voulaient le maintien du statu quo, par officialiser Claude Joseph comme le nouveau premier ministre définitif du pays. Le président voulait aussi le garder à son poste, à cause de son infaillible loyauté. Cependant, le moment n’était pas encore propice, il souhaitait présenter l’apparence d’un homme d’ouverture. Donc, Claude Joseph faisait partie d’un plan beaucoup plus profond et spécial.

Jovenel Moïse, d’après toutes mes sources, n’avait pas l’intention d’organiser des élections dans le pays comme il le clamait. Il voulait garder le pouvoir même après la fin de son mandat, le 7 février 2022. Ainsi, le loyaliste Claude Joseph était le pion à conserver quand le moment arriverait pour avancer comme premier ministre, à partir du mois de décembre 2021. Donc, Jovenel voulait jouer la carte d’Ariel Henry, comme un joker juste pour calmer les appétits politiques avant qu’éclate la grande crise institutionnelle à partir du constat de l’impossibilité d’organiser de nouvelles élections.
Ariel Henry, d’après une source confidentielle, fut l’ami intime de Jovenel Moise. Ce dernier utilisait les services de l’actuel PM pour accomplir des tâches politiques ultrasensibles. Quand j’ai demandé à mon interlocuteur de me donner quelques exemples afin de corroborer sa révélation, il m’avait expliqué « Un jour, pendant que j’étais au bureau du président, il avait reçu un appel du sénateur Hervé Fourcand, qui est propriétaire d’une compagnie aérienne. Il voulait que son ami intime, Ariel Henry, se rendre immédiatement dans le nord pour délivrer une valise pleine d’argent à l’ancien sénateur Moïse Jean-Charles ». C’est cet argent qui avait permis au leader de « Pitit Dessalines » d’organiser cette série de manifestations à Vertières en brandissant une multitude de drapeaux noirs et rouges à l’occasion du 18 novembre. En réalité, c’était un pétard politique pour affaiblir la manifestation de l’opposition à Port-au-Prince contre Jovenel Moïse.
Donc, Ariel Henry, contrairement à ce que certains pensent, fut l’homme de confiance de Jovenel Moise. En général, quiconque joue le rôle de missionnaire spécial, en dehors de la sphère du pouvoir politique institutionnelle, doit être un homme avec qui il y a des années d’amitié éprouvée. Ce n’est pas une fonction qui revient à quiconque, on peut déduire que l’actuel PM est un homme expérimenté et un politicien avisé.
Après l’assassinat odieux du président Jovenel Moise, les principaux ministres du gouvernement et les proches conseillers de ce dernier voulaient garder le pouvoir en maintenant le premier ministre par intérim, Dr. Claude Joseph, à la primature. Cependant, par manque de maturité politique, ils ont échoué dans leur tentative. Un revers qui pourtant était évitable, ils ne savaient pas jouer aux échecs. Ils ne déplaçaient même pas un pion, pourtant en politique comme dans la vie courante, quand des bouleversements profonds sont produits au sein d’un système opérationnel, cela exige toujours un recadrage. Dans le cas spécifique de l’après Jovenel, Claude Joseph devrait assouvir certains appétits politiques en introduisant de nouveaux visages et de nouvelles mesures, en contradiction avec les vœux du roi. C’est exactement ce qu’avait fait Ariel Henry. Il impliquait le SDP/Fusion/Unité/MTV… comme forces politiques et patiemment annulait le référendum, renvoyait le CEP…

Ariel Henry est un maître politique, il déplace ses pions sans pisser un mot. Il conserve tous les alliés de Jovenel Moïse : par exemple, Moise Jean-Charles. Car, d’après un reportage de Theriel Thelus, le président l’avait demandé de conserver le ministère de l’intérieur a « Pitit Dessalines », ce qu’il a copieusement fait. Il a aussi tenu sa promesse à l’égard de Michel Martelly, en lui conservant les ministères de la justice et des finances. Ariel a bien compris que ce sont des alliances, cohérentes ou hétéroclites, qui ont toujours dirigé la république d’Haïti. Pour avoir une idée plus claire de cette théorie des alliances à travers l’histoire d’Haïti, je vous propose de lire « Révolution et contre-révolution en Haïti de 1946 à 1957 », de Colbert Bonhomme.
Aujourd’hui, Ariel Henry, le premier ministre/président se trouve coincé dans une impasse économique, sociale et politique sans aucune solution à l’horizon. Honnêtement, il faut admettre que c’est le pire des moments de se trouver à la tête d’un quelconque État. Les crises qui éclatent sont mondiales : guerre entre la Russie et l’Ukraine, l’inflation due au Covid-19… En revanche, les répercussions sont nationales, comment y faire face dans un pays en situation de banqueroute économique, d’instabilité politique et d’une insécurité grimpante qui prend l’allure d’une hécatombe. Joe Biden, à l’heure actuelle fait face à une grave crise économique et sociale qu’il essaie de gérer, mais pas sans grandes difficultés, en dépit du fait que les Etats-Unis possèdent d’énormes ressources. Qu’en est-il pour Ariel Henry ?
Il est dans la merde. A côté de la crise mondiale, son gouvernement souffre d’anémie d’idées. Y-a-t-il un seul penseur dans son cabinet ou au gouvernement ?

En dépit du fait qu’il n’y a pas de parlements pour mettre du bâton dans les roues du gouvernement, Ariel ne cesse de faire « marche-arrière ». Le pouvoir ne définit aucune priorité. Il fait feu partout, sans jamais atteindre une cible. Pourtant, il y a une constante dans les revendications nationales, combattre l’insécurité et le kidnapping, c’est ce que veulent toutes les couches sociales du pays et la diaspora haïtienne. Jusqu’à présent, Ariel n’arrive pas à satisfaire ce seul point qui pourrait relancer la vie dans le pays, quoique de façon abracadabra et précaire.
Les jours qui surviennent s’annoncent extrêmement difficiles pour Ariel Henry, qui lui viendra en aide ?
Michel Martelly est totalement décrié. Il ne peut même faire danser les gens à travers un exercice si régulier qu’un bal. Comment va-t-il convaincre le peuple à donner un « break » à son protégé, Ariel henry ?
Moise Jean-Charles, d’après beaucoup d’observateurs, il est à bout de trucs. Il a déjà tout abîmé. Le pire, même ses plus fervents supporters commencent par se poser des questions sur le comportement politique suspicieux du leader « socialiste révolutionnaire ».
Jovenel Moïse n’est plus. Ce qui reste du capital politique de ce dernier, Martine Moise et Claude Joseph sont en train de l’utiliser contre Ariel Henry qui, d’après eux est complice dans l’assassinat du président.
Le gouvernement américain, le perpétuel tuteur d’Haïti, est toujours motivé par ses intérêts stratégiques et économiques. Donc, il n’a d’allégeance à qui que ce soit, que celui qui garantit la continuité de son contrôle sur le pays.
Dans ce cas, Ariel Henry est seul. Survivra-t-il au tsunami politique qui s’amène ?
Joel Leon





