Jean Bertrand Aristide, président provisoire, a-t-il quelque chose à perdre ?

Jean Bertrand Aristide, président provisoire, a-t-il quelque chose à perdre ?

« Dans des situations exceptionnelles, il nous faut des décisions tout à fait exceptionnelles » !

Pierre Frederique

Avec la catastrophique situation socio-économique que traverse le pays, avec l’insécurité qui a atteint son point culminant. Les choses ne vont pas changer à partir d’eux même ou en écrivant des rapports teintés de non-sens, ou en faisant des déclarations pompeuses dans les médias (traditionnels ou réseaux sociaux).

Les gens qui sont animés de sentiments patriotiques doivent se révolter dans leur conscience en posant la grande question de Vladimir Ilitch Lénine, que faire ?

Dans des situations exceptionnelles, il nous faut des décisions tout à fait exceptionnelles, comme le fait le commissaire du gouvernement Mr Muscadin dans le département des Nippes. Il dit et je cite « pour que les gens de ma juridiction puissent dormir, je dois rester en éveil ». C’est un choix de singularité fait par un homme conscient qui ne se laisse pas dépasser par la situation dégradante que connaît le pays depuis plus de 10 années.

La multiplication des gangs étatisés par les deux derniers gouvernements : Martelly et Jovenel, est une catastrophe pour le pays. Ils utilisent ces stratégies démoniaques pour contrôler le choix de la population par la terreur afin de voler les élections comme bon leur semble.

Ils ont multiplié les armes à feu dans les quartiers populaires, avec l’appui de puissantes ambassadrices, telles que : Mme Helen Meagher Lalime et Mme Michele J. Sison. La première a eu l’infernale l’audace de prononcer ces mots à la tribune des Nations Unies, et je cite : « c’est grâce à la fédération des gangs G9 qui rend la sécurité probable en Haïti », fin de citation.

Je sais qu’il y a des gens qui sont hostiles à la visite de l’une de ses deux femmes chez Mr. Aristide. Certains d’entre eux sortent de leur cocon pour déverser leur frustration politique sur lui, ainsi que l’Organisation Politique Fanmi Lavalas. Après la visite de Mme Lalime, Aristide a eu la chance de voir toute un défilé de diplomates et politiciens chez lui, dont l’ambassadeur de France, Mr. Fabrice Mauries et le vieux rat, Ariel Henry. Pourquoi ?

C’est parce que tous les hommes politiques haïtiens ont en commun un seul boss : l’ambassade américaine. Ils s’en foutent pas mal de la gueule du peuple qu’ils se réclament être des dirigeants, pendant que le pays patauge dans un climat sécuritaire alarmant.

Dans cette situation, Haïti a besoin d’une équipe assez forte politiquement, un homme qui inspire confiance, pour poser les pierres de la fondation des institutions qui sont déjà toutes effondrées. Il y a des gens qui disent que le président Aristide va se faire piéger par la communauté internationale. Spécialement, les Américains. Eux qui ont déjà fomenté deux coups d’État contre lui (1991-2004). Je suis d’accord, mais s’il n’est pas en retraite politique, pourquoi ne peut-il pas prendre le pouvoir pour sauver la nation ?

D’abord, si nous nous référons à la constitution, Aristide ne peut pas être candidat pour un troisième mandat présidentiel. Mais en tant que Louverturien, le moment est venu pour lui de saisir cette opportunité politique, pour sortir le pays de ce marasme politique, économique et social

Qu’aurait-il à perdre ? Rien. S’il parvenait à sortir le pays de cet imbroglio, cela ferait de lui un patriote qui s’est sacrifié pour son peuple, une façon de prendre sa revanche sur l’histoire.

Tout le monde se lave les mains comme le Ponce Pilate, en se dédouanant de la situation dégradante du pays. Entretemps, le blanc ne chôme pas, ainsi nous sommes arrivés là où nous sommes aujourd’hui. Cependant, il faut tenir compte aussi de la contribution de nos frères Haïtiens dans le processus qui a conduit l’international à prendre le contrôle de la barque politique du pays.

Ce qui est important aujourd’hui, quelqu’un doit s’armer de courage pour accaparer le pouvoir politique afin de la stabiliser et la régulariser pour le bonheur de la nation. Je pense qu’Aristide peut s’offrir en holocauste, en imposant à la communauté internationale une nouvelle vision pour la porter à changer leur politique vis-à-vis d’Haïti. Car, les dirigeants internationaux (CORE GROUP) qui planifient la politique en Haïti, sont les principaux instigateurs et responsables des problèmes du pays.

Voilà quelques conditions que l’ancien président Jean Bertrand Aristide doit imposer à la communauté internationale :

1) le renforcement du corps de la police nationale avec l’introduction d’équipements lourds appropriés pour démanteler les gangs qui infestent le territoire national.

2) Un fond spécial, d’au moins 5 milliards de dollars américains, doit être alloué au gouvernement pour développer des projets sociaux et d’infrastructures à grande intensité de main d’œuvre afin de mettre le peuple au travail. Une fois qu’une bonne partie de la population a dignement accès au pouvoir d’achat, la tension sociale sera confortablement diminuée.

3) Le terrain politique sera prêt pour des élections libres et démocratiques et inclusives.

Ainsi, le pays renouera avec la stabilité politique, la croissance économique et l’harmonie sociale !

 

Pierre Louis Pierre Frédérique

Économiste

One comment

  1. Bonjour,

    Moi je recommande Une Révolution Haïtienne Bis.
    Le peuple haïtien doit se lever comme Dessalines et Tboukman pour en finir avec la dictature et les tyrans.
    Il faut à tout prix une révolution bis pour remettre Haïti sur les rails.

    Merci.

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