2 Millions de personnes étaient dans les rues au cours du premier jour de la manifestation pour dire NON au retour de la dictature en Haïti.

2 Millions de personnes étaient dans les rues au cours du premier jour de la manifestation pour dire NON au retour de la dictature en Haïti.

          Les organisations politiques de l’opposition et celles de la société civile ont fait un grand succès ce dimanche 14 février 2021 dans le cadre de la lutte pour faire respecter la constitution. Au moins deux millions de personnes étaient dans les rues dans toutes les grandes villes du pays, notamment à Port-au-Prince, au Cap-Haitien, aux Gonaïves etc… répondant à l’appel citoyen des leaders politiques et sociaux. Ce qui est déterminant et significatif pour la suite de la mobilisation populaire contre le régime de facto.

          Des figures emblématiques de la classe politique (Antonio Cheramy, Youry Latortue, Antoinette Duclair), du secteur médiatique (Liliane Pierre Paul, Marvel Dandin), des organisations populaires…étaient présents pour exprimer leur ras-le-bol face à un gouvernement décrié et accusé de plusieurs crimes de sang, des massacres, de multiples cas de corruptions, et des accointances douteuses avec des gangs armés.

La police nationale d’Haïti-PNH, une fois encore, a failli à sa mission de protéger et de servir. Ils ont tiré sur les manifestants pacifiques avec des balles réelles ou en caoutchouc, sans oublier l’aspersion démesurée avec du gaz lacrymogène. Ainsi, au moins deux journalistes sont touchés par balles en caoutchouc. Ils étaient transportés d’urgence à l’hôpital, dont l’un d’entre eux se trouverait dans un état critique. Le bilan est très lourd. Un jeune motocycliste, répondant au nom de Ronald Dufresne (alias Zobogi), a été exécuté par les hommes d’un chef de gang qui s’appelle Tigreg, ensuite ils mirent le feu au corps pendant que la victime était encore en vie. Sans oublier que les policiers avaient procédé à des dizaines d’arrestations, de multiples cas de bastonnades sont aussi enregistrés.

L’escalade politique a pris naissance à partir du constat de la fin du mandat de Jovenel Moïse, selon l’article 134-2 de la constitution, mais celui-ci refuse d’abandonner le pouvoir. Il entend le confisquer illégalement pour une année de plus, ce qui a irrité les partisans de la démocratie en Haïti qui ne cessent de lancer des appels pour le respect de la constitution. Ils vont jusqu’à placer Me Joseph Mécène, le plus ancien juge de la Cour de Cassation, comme président provisoire pour diriger les appareils de l’État.

Le nouveau président est obligé de se mettre à couvert lui-même, car le gouvernement de facto a lancé un arrêt judiciaire qui l’empêche de quitter le pays. La police est à sa recherche pour le mettre en prison.

Nenel Cassy, un ancien sénateur qui a été lui aussi victime d’arrestation illégale, a déclaré sur les ondes de RCH-2000, que « ce 14 février est un jour historique » le fait que des millions de citoyens étaient dans les rues. En dépit du climat de répression qui règne dans le pays, les fausses accusations de coup d’État au cours duquel un autre juge a été arrêté illégalement à 3 heures du matin. Le président de facto, contesté par tous les secteurs de la société : les églises, les médias, les partis politiques, les syndicats…il utilise la terreur pour s’accrocher au pouvoir au détriment des principes réguliers de la démocratie.

Paradoxalement, l’ancien président Jovenel Moïse se trouvait hier soir dans le nord-ouest du pays pour danser au carnaval. Entretemps, la république est bloquée et fait face à des troubles socio-politiques très profonds.  Il semble que les dirigeants illégaux haïtiens ne sont pas concernés par ces problèmes. Satisfaits de cette journée de méga-manifestation, les leaders de l’opposition entendent augmenter la pression pour contraindre l’ancien président à abandonner le pouvoir.

Boukannews

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