Un point sur un « i ». 

Un point sur un « i ». 

Wilfrid Supena

New York, USA 06/25/2022 – Comme réponse aux propos exclamatifs de Notre Éditorialiste Jo Léon sur le comportement du « Chef de parquet de Nippes qui s’est doté d’un permis de tuer à la James Bond », une question pertinente a été posée : Et les bandits, de quel permis se sont-ils dotés ?

Nous disons catégoriquement :

Le même…

Le même…Le même permis.

Jean Muscadin

La différence est que les bandits ne sont pas des « responsables » ou des dirigeants d’État. Quand c’est l’État qui décide de tuer à visière levée, sans gêne, au su et au vu de tout le monde comme à l’époque des Duvalier….

Décidément, c’est la Loi du Talion qui prévaudra. La Loi de la jungle…

Nous Sommes arrivés à ce niveau-là, C’est parce que depuis 1957 nos différents chefs d’état n’ont fait que travailler pour promouvoir le crime, n’importe lequel : le larcin, le vol, la corruption à la plus grande échelle, la prévarication, la dilapidation des caisses de l’état, La corvée, la diffamation, les disparitions nocturnes, les jugements furtifs, Les condamnations hâtives, Les arrestations sans mandat, l’exil, les tortures, les tueries, les exécutions sommaires, les massacres…etc.

Tout cela organisé ou bien toléré par l’État. Tout cela sans une volonté réelle de modernisation des appareils d’État disposés par la Loi à rendre justice aux justiciables…La politique destructrice de l’impunité globale adoptée par l’État…

Pendant 29 longues années, notre société n’a connu et expérimenté que les fausses manœuvres de politicards retors abêtis par le pouvoir dans le sens du non-renforcement des institutions de justice à l’échelle nationale… !

Et pendant plus de 32 longues années, cette politique a continué sans interruption et sans la manifestation concrète d’une volonté de changer de cours et de course…

N’oublions pas l’application d’une politique d’exécutions sommaires (Zéro Tolérance) mise en place par les Aristide et Préval faisant fi de toute procédure judiciaire n’a fait que contribuer à cette descente aux enfers !

L’état en tant qu’entité qui devrait se trouver ou se placer au-dessus de la mêlée ne peut et ne doit se permettre le luxe de perpétuer des pratiques d’exécutions sommaires…

Les ressentiments personnels contre la délinquance, l’extorsion, la criminalité en général sont totalement différents des obligations de l’État vis-à-vis de tous Les « civilisés » (sens latin du terme).

Francois Duvalier (Photo: Traveling Haiti)

Pas de justification ou de confort à la barbarie de l’État. Les années des Duvalier et des militaires sont là pour continuer à nous rappeler de la nécessité de la modernisation ou de la transformation inévitable de notre société.

Pas à la manière du commissaire de gouvernement de Miragoane s’entend !  Avec ces pratiques d’exécutions extrajudiciaires avalisées par une large couche non négligeable des couches moyennes et populaires Haïtiennes, l’avenir des rapports sociaux basés sur l’unité, la convivialité, l’entraide, la solidarité et la commune obéissance aux principes de droit et de justice ne tient qu’à un fil.

Soyons des citoyens vigilants à tous les égards…Et notre soutien à Marie Yolène Gilles et à Maître Samuel Madistin dans ce cas précis est indéfectible et sans appel……

C’est une obligation pour chaque Haïtien, en ce moment, d’œuvrer dans les limites de sa capacité à la construction d’un autre état qui sera au service de tous les citoyens Haïtiens indistinctement et qui privilégiera les besoins et les intérêts de la grande masse de la population victime de la marginalisation institutionnelle chez nous

Mes égards !

 

Wilfrid Supréna

 

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