Le commissaire du gouvernement, Jean Ernest Muscadin, promet la pacification du pays avec 500 hommes !

Intervenant longuement dans la presse, ce mardi 26 avril 2022, le commissaire du gouvernement des Nippes, Jean Ernest Muscadin, dit avoir besoin d’une troupe de 500 hommes bien armés et de quelques tracteurs pour rétablir la paix dans la banlieue sud de la capitale haïtienne, Martissant !
Avec des résultats mitigés dans le département des Nippes en matière de sécurité publique, le commissaire espère entrer à Port-au-Prince, comme le bourreau des bandits, pour rétablir l’ordre et la paix dans le quartier de Martissant. C’est un peu ironique. Car, Mr Muscadin n’a pas encore prouvé son efficacité en matière de sécurité pour imposer son transfert vers une entreprise aussi fragile et risquée.
Sans se questionner sur la provenance des armes et munitions qu’il entend avoir à sa disposition, Mr Jean Ernest Muscadin annonce son messianisme sécuritaire et, cela, dans un court instant !
La déclaration intempestive du commissaire Muscadin arrive au moment où des bandes armées s’affrontent à l’entrée nord de la capitale haïtienne, Port-au-Prince. Sur fond de contrôle de territoires, les caïds de la croix-des-bouquets et ailleurs s’affrontent sans merci, tout en faisant des dizaines de victimes innocentes dans le rang de la population. Entretemps, la Police Nationale Haïtienne d’Haïti ne s’est pas montrée à la hauteur des exactions des gangs pour les contrecarrer. Pourtant, elle est la seule force publique nationale jouissant de l’autorité légitime !
L’on constate, qu’après la banlieue sud de Port-au-Prince, maintenant c’est l’entrée nord qui tombe dans l’escarcelle des bandits sans que les habitants ne sachent à quels saints s’adresser : À Saint Frantz Elbé ou à Saint Lesage ? La réponse pourrait ne pas être donnée vu que les deux sont frappés à la fois par la surdité et la cécité !
En effet, cette situation d’insécurité risque de s’empirer au moment où la police, déjà en sous-effectif, corrompue et non motivée, éprouve du mal à recruter de nouveaux policiers. La raison, c’est que les candidats, à force de se faire taper dans l’anus, présentent de certificats médicaux qui leur sont défavorables à l’intégration du corps de police !
Et, si cette tendance parvenait à se généraliser chez les candidats, on risquerait de de se trouver dans l’obligation d’une solution alternative. En leur procurant un autre trou de cul, ou d’accepter ouvertement l’homosexualité au sein de la PNH. « Chalmas, kote k gen zen » !
Et si ni le devant ni le derrière n’en tenaient plus, la situation deviendrait préoccupante. Car, faut-il bien qu’on arrive à renouveler le personnel policier. Et ce renouvellement ne saurait se faire qu’avec des hommes et des femmes – mais s’ils sont endommagés au superlatif, la messe sécuritaire est dite !
Revenons avec le commissaire Muscadin !
Pour ce dernier, la justice haïtienne est pour beaucoup dans la prolifération des gangs à travers le pays du fait qu’après leur arrestation, on les retrouve dans les rues. Et le commissaire semble posséder le savoir-faire, une sorte de solution chirurgicale très efficace, aux yeux du commissaire, afin d’empêcher les repris de justice de marcher librement dans les rues.
Au cours de l’interview, le commissaire a abordé l’aspect environnemental aussi. Avec ces engins de travaux publics qu’il espère trouver du gouvernement, il entend raser toutes ces maisons de fortune dans les cités servant de refuge aux bandits. Qu’en est-il des occupants ? Et là, aussi, un tel procédé ne risquerait-il pas de déplacer le problème de l’insécurité de la capitale vers les villes provinciales ? Il n’y a pas de doute là-dessus. Ces derniers temps des bandits laissent la capitale pour aller dresser leurs tentes dans la Grand ‘Anse, à Jérémie, dans le Sud, aux Cayes, tout aussi bien à Jacmel, dans le Sud Est !
Nous croyons que les mesures qui aboutiront à la solution de l’insécurité dans le pays, doivent-être mieux abordés, réfléchis en tenant compte de l’aspect humanitaire…
En dépit des bonnes intentions, la problématique sécuritaire est trop préoccupante pour que ses contours puissent se discuter, se révéler à coups de médias interposés !
Soyons sérieux, messieurs, aurait dit le Feu Leslie François Manigat !
Michaud Joanier, journaliste





