La Revanche de Vladimir Poutine !

La Revanche de Vladimir Poutine !

Par Joel Leon

Pennsylvania, USA 3/24/2022 – Ce qui marque le passage des grands hommes est leur grand rêve. Ils y sont prisonniers, sauf la mort prématurée peut les empêcher de tenter de le matérialiser. Ce dont ils ont toujours besoin, c’est d’un moment historique unique, un événement, une mésaventure… comme catalyseur afin de galvaniser et impliquer tout un peuple, une nation… dans une aventure, parfois rocambolesque. C’est une constante de l’histoire !

Le « Traité de Versailles » signé le 28 juin 1919, pour mettre fin à la première guerre mondiale, entre les puissances victorieuses de l’occident et l’Allemagne vaincu, qui consacra aussi la défaite de toute la « précieuse culture prussienne », et ceci à travers une humiliation suprême.

Dans ce traité, l’Allemagne perdit 15% de son territoire et 10% de sa population au profit de 4 pays, y compris la France. La Lorraine, le Haut-Rhin et le Bas-Rhin, 3 régions importantes furent octroyées à la France. Le territoire du « bassin de la Sarre » est administré par l’international pour une période de 15 ans. Le Danemark et la Pologne reçurent aussi des territoires de l’Allemagne. En gros, le pays a été dépecé par les vainqueurs : Angleterre, France, États-Unis, Italie et Serbie.

L’Allemagne a été contrainte de limiter son armée à seulement 100.000 soldats et de livrer sa flotte maritime, les 5000 canons, 25.000 avions…aux vainqueurs. Sans oublier des milliers de kilomètres de terrains démilitarisés !

Le « Traité de Versailles » avait exigé de l’Allemagne une indemnité de 132 milliards de Marks en or, ce qui équivaut aujourd’hui à plus de 1960 milliards de dollars. Donc, les vainqueurs hypothéquèrent tout le futur du peuple Allemand !

Cette nouvelle réalité de l’après de la première guerre mondiale allait propulser silencieusement le nationalisme Allemand à son paroxysme. Un socle unissait tous les groupes sociaux du pays, le désir de prendre leur revanche face à cette humiliation suprême. Ce qui manquait, c’était un leader charismatique doté d’une capacité grandiloquente, en fait un grand tribun pour électriser et inviter le peuple à rêver au grand jour.

Ainsi, s’emmena Adolf Hitler, le champion de la démagogie populiste. Il exploita la ferveur nationaliste du peuple jusqu’à son firmament, produite par l’humiliation du « Traité de Versailles ». Le Führer du 3e Reich à développer une riche économie, raviver le passé de Bismarck dans une sauce anthropologique et culturelle, tout en construisant une machine de guerre infernale avec la capacité de broyer toute l’Europe. De prendre sa revanche !

Hitler avait promis la régénérescence de la grandeur historique de l’Allemagne, il l’avait amplement délivré. Et, le peuple l’a suivi comme un petit chien, livrant la mort et le désespoir sur tout le continent européen, jusqu’à sa disparition en 1945.

Après la deuxième guerre mondiale en 1945, le monde était divisé entre les deux grandes puissances militaires qui, quelque mois avant, étaient alliées contre les machines de guerre nazistes et fachistes.  D’où l’idée de la guerre froide qui était une bataille idéologique entre les États Unis et la Russie.  Ainsi était né un monde bipolaire.   Puis, en 1989, l’administration américaine sonne le glas du nouvel ordre mondial, l’unipolarité !

A « Brandenburg Gate », dans la ville de Berlin, Ronald Reagan, le président des États-Unis, à la suite de la rencontre du sommet G7, le 12 juin 1987, prononça un discours dans lequel il interrogea les événements de l’époque en ces termes : « S’agit-il du début de changements profonds dans l’État soviétique ? Ou sont-ils des gestes symboliques, destinés à susciter de faux espoirs en Occident, ou à renforcer le système soviétique sans le changer ? ». Ainsi, il invita Mikhaïl Gorbatchev à poser un acte déterminant « Tear down this wall », c’est-à-dire « Détruire ce mur ». Cela allait marquer la fin et le début d’une histoire. Vladimir Poutine, jeune lieutenant du KGB à l’époque, subissait cette humiliation dans l’âme et la chair, probablement qu’il caressait déjà l’idée de prendre sa revanche.

Pourquoi Vladimir Poutine éclate les hostilités maintenant ?

La politique est d’abord un facteur d’intelligence ou éminence grise. Contrairement à l’opinion générale, ce sont les stratèges qui gagnent les guerres, pas les soldats. Vladimir Putin récupéra la Crimée en 2014, sans avoir à tirer un coup de feu. L’occident abasourdi par ce coup de maître, réagissait plus d’un mois après. Il était déjà trop tard. Pourtant, c’était tout simplement un test pour observer et évaluer les réactions du monde occidental. Car, le maître incontestable et incontesté du Kremlin a des ambitions plus poussées pour « Mother Russia » !

Toute étude sérieuse du cas de Vladimir Putin doit tenir compte de son passé d’espion. Cet homme est professionnellement déformé par le sens du secret, de l’espionnage et de la diversion. Si on n’arrive pas à l’approcher sur cet angle, on ne comprendra rien de ses déplacements de pions. Donc, « Hier c’était trop tôt, demain sera trop tard… »

Stratégiquement, aujourd’hui est le moment idéal. Depuis 1961, quand l’URSS essaya la « Tsar Bomba », une bombe de 50 mégatonnes qui avait sévèrement inquiété l’occident. Il fallait attendre près de 60 ans, soit en 2020, pour qu’il revit ce même sentiment avec le déploiement de « RS-28 SARMAT », baptisé de « SATAN 2 » par les occidentaux. On l’a décrit comme suit : « Ce missile balistique intercontinental d’une centaine de tonnes est l’arme la plus redoutable de l’arsenal russe. Son cylindre noir d’une trentaine de mètres peut embarquer près de 12 têtes nucléaires et parcourir jusqu’à 10 000 kilomètres ». Il faut rappeler que toutes ces informations sont relayées par des agences officielles proches du gouvernement, dont « TASS ». Avec ce missile, Poutine croit qu’il est possible d’agir !

Donc, Vladimir Poutine ne fait que profiter de son avance militaire, garanti par les armes supersoniques qui peuvent voyager 24 fois plus rapide que la vitesse du son, “Satan 2 », capables d’atteindre la ville de New York en seulement 14 minutes. L’occident n’a pas encore atteint ce niveau d’armement.  Je peux vous garantir que les scientifiques américains travaillent jour et nuit pour rattraper la Russie et la dépasser amplement.

Quand les Soviétiques avaient mis Spoutnik en orbite en 1957, le président Dwight Eisenhower signa en 1958, la loi qui institua la « NASA-National Aeronautics and Space » Administration pour contrer et dépasser l’URSS. Au cours du mois d’avril 1961, la nouvelle est tombée comme une bombe. Youri Gagarine était devenu le premier homme à escalader l’espace. C’était la panique générale au sein de la communauté scientifique et militaire des États-Unis d’Amérique. Le président John F. Kennedy lança son programme spatial ayant comme objectif d’envoyer le premier homme sur la lune. Ce fut fait. Le 21 juin 1969, Neil Armstrong et Buzz Aldrin foulaient le sol lunaire. Depuis, les États-Unis dominent tous les autres pays dans le domaine spatial.

C’est typiquement l’américain. Il n’accepte pas d’être le second en presque rien. D’ailleurs, à travers « The manifest Destiny » ou « American Exceptionalism », l’américain croit qu’il est doté d’une mission divine de domination. Je vis en Amérique depuis plus de 28 ans. En conduisant, si vous doublez un Américain, homme ou femme, il va essayer par tous les moyens de vous dépasser à son tour, au risque même de causer des accidents. C’est un peuple extrêmement fier qui est prêt à se battre pour affirmer sa grandeur.

Vladimir Poutine sait très bien que son avance militaire est temporaire. Donc, comme stratège, il fait la bouchée double. C’est le moment M pour imposer sa loi. C’est-à-dire introduire un nouvel ordre mondial, dans lequel la Russie jouera un rôle de premier plan, à côté des États-Unis et de la Chine. La fin de l’unipolarité. Comme je l’avais écrit dans un précédent article, la guerre d’Ukraine est similaire à ce que l’américain appelle « a proxy war », c’est-à-dire une guerre qui se fait sur un territoire donné sous l’instigation de deux puissances rivales. L’Ukraine est tout simplement un immolé. J’espère que le président Zelenskyy arrivera à comprendre que la Russie et l’Occident ne font qu’utiliser son territoire pour maintenir ou faire naître un nouvel ordre mondial.

Cette faiblesse militaire américaine explique son étrange comportement. Le président Joe Biden marche sur la pointe des pieds pour ne pas piler…il joue à la prudence. L’arrogance des États-Unis a disparu. Biden devient soudainement pragmatique. Car, il sait pertinemment que son pays n’est pas en mesure de maintenir victorieusement une guerre nucléaire contre la Russie et la Chine. Donc, il temporise. Entre-temps, je l’assure que les scientifiques américains travaillent d’arrache-pied et sous la forte pression des dirigeants politiques pour dépasser l’avance militaire de la Russie. Le gouvernement américain fait passer le temps, mais il reviendra en force au moment opportun !

Pendant ce temps, Vladimir Poutine maintient la pression très forte. Il ne peut pas oublier le cauchemar qui avait suivi l’éclatement du bloc de l’est. Il n’est pas prêt à effacer de sa mémoire cette humiliation suprême de son peuple par l’occident.

C’est cette atomisation étatique qui a été constatée tout de suite après l’éclatement du bloc de l’est, à partir de 1991. La « République Socialiste Fédérative de la Yougoslavie », composée de 6 républiques (Bosnie-Herzégovine, Croatie, Macédoine, Monténégro, Serbie et Slovénie), qui avait pris naissance après la deuxième guerre mondiale, éclatait. La Slovénie et la Croatie déclaraient leur indépendance. Un peu plus tard, c’était le tour de la Bosnie-Herzégovine et la Macédoine…Serbie et Monténégro restèrent au sein de la fédération que l’ONU allait exiger son fractionnement en deux états distincts en 2006, à partir d’un référendum.

La Tchécoslovaquie avait subi le même sort, elle a été éclatée en 1993, en formant deux républiques : la Slovénie et Tchécoslovaquie.

Donc, il y a un antécédent. En général, le dépècement des états prend place pour signifier la nouvelle réalité politique et géographique du vaincu. Ce fut le cas après l’éclatement du bloc de l’est, spécialement en Europe. Avec cette incursion ukrainienne, s’agit-il d’une vengeance de Vladimir Putin ?

Car, « L’Union des Républiques Socialistes Soviétiques- URSS », composée de 15 états, avait connu un sort similaire de la Yougoslavie et de la Tchécoslovaquie en 1989. Cette fédération fit l’expérience du vaincu, en voyant éclater en petites unités nationales toutes ses républiques.

J’avais publié un article sous le titre de « La Russie, va-t-elle envahir l’Ukraine ? », il y a quelques semaines de cela, dans lequel j’avais avancé ce qui suit : « L’arrivée de Joe Biden aux affaires aux Etats-Unis, après des élections sévèrement contestées par l’ancien président Donald Trump, marque un profond virage dans la politique étrangère des Etats-Unis. L’administration de Trump avait le focus sur la Chine hégémonique, qui représentait pour elle la plus grande menace à la domination mondiale de l’Amérique. Pendant ces quatre ans au pouvoir, l’administration républicaine maintenait de très bonnes relations avec la Russie et la Corée du Nord. En revanche, elle diabolisait L’Iran et la Chine. Cette politique a eu de bonnes retombées diplomatiques, les Etats-Unis n’affrontaient plus tous les pays belligérants en même temps. Ce qui en quelque sorte réduisait les tensions internationales.

En revanche, sous l’administration de Biden, l’Amérique fait feu partout. C’est une offensive totale et simultanée. Tantôt elle frappe la Chine, puis la Russie, ensuite la Corée du Nord, dans un degré moindre, l’Iran. Cette stratégie n’est pas forcément la meilleure, parce qu’elle permet aux pays cités plus haut de monter facilement une coalition stratégique contre les Etats-Unis ». C’est le cas de l’Ukraine, ou la Russie s’enlise dans une guerre sans merci pour rétablir un nouvel ordre mondial, multipolaire !

Vladimir Putin préparait ce qui se passe aujourd’hui depuis des années. Il croit que stratégiquement c’est le moment d’agir. À côté de sa supériorité militaire élaborée plus haut, il y a aussi d’autres éléments importants qui motivent ce choix périlleux, allant même à un holocauste nucléaire, et voilà :

1) La division interne des États-Unis d’Amérique.

L’élection de Donald Trump à la présidence a été perçue par des millions d’américains, spécialement les démocrates, comme une manipulation de la Russie. Des enquêtes ont été menées, y compris par le Congrès américain, qui faillit renverser Trump du pouvoir. Psychologiquement, toutes ces vacarmes autour du maniement du système électoral américain par Putin, sans l’apercevoir, renforçaient l’idée que l’ancien officier du KGB est un génie. Ce dernier est devenu le symbole de l’intelligence humaine, l’incomparable manœuvrier, le stratège des stratèges. Ce qui n’allait pas laisser Putin indifférent. D’ailleurs, Donald Trump, président en exercice, exprimait clairement son admiration pour le maître du Kremlin. Certainement, tous ces bravos allaient gonfler son ego, renforcer sa self-confidence et surtout aiguiser son sens d’aventure. En filigrane, Putin se croit supérieur, il n’a plus peur. Il agit conformément à sa fantasmagorie. Maintenant, on a affaire à un surhomme !

Je viens d’écouter une bande sonore, dans laquelle l’ancien président américain applaudissait l’incursion Russe en Ukraine en ces termes : « J’y suis allé hier, et il y avait un écran de télévision, et j’ai dit : C’est du génie », a déclaré Trump. « Poutine déclare une grande partie de l’Ukraine – de l’Ukraine – Poutine la déclare indépendante. Oh, c’est merveilleux ». Il va plus loin pour qualifier Vladimir Putin, avant d’enchaîner que : « Je connais très bien Vladimir Poutine, et il n’aurait jamais fait sous l’administration Trump ce qu’il fait maintenant, pas question » !

Cela donne idée de la profondeur de la division qui traverse les États-Unis. Même en temps de conflits ouverts, les hommes politiques ne se rassemblent plus autour de leur président. Tout ceci se joue en faveur de Vladimir Putin !

2) La déchéance morale de l’Occident

L’occident n’est plus perçu comme le grand civilisateur du monde. Le wilsonisme qui était en pleine expansion dans le monde, c’est-à-dire « l’internationalisation de la doctrine de Monroe », est en chute libre. Après que les peuples finissent par découvrir que la civilisation occidentale reposait uniquement sur le profit, mais dépourvu de la moindre humanité. Les guerres, les coups d’État, les assassinats, les pandémies…tous sont liés avec le développement hégémonique de l’ouest. Ainsi, l’Asie jeta la première pierre.

L’occident n’est plus chrétien. Elle ne mise plus sur l’homme. La violence est inhérente à son existence. D’où la décadence accélérée de tous les empires occidentaux. Le pire, ni l’Europe, ni les États-Unis, ils n’ont pas un clou en termes d’idée pour stopper cette descente corruptive dans l’abîme. Le monde en est conscient et décide de prendre leur destin en mains !

Vladimir Poutine a tort

Aucun chef d’un quelconque empire que ce soit, détient cette autorité suprême de défaire un état ou de créer d’autres. Agir ainsi, c’est mettre en péril toute la charpente du droit international sur laquelle repose le système mondial. C’est exposer la paix universelle, déjà si fragile, a toutes sortes d’aventures horribles de la guerre. Malheureusement, les États occidentaux qui condamnent fermement aujourd’hui le comportement de la Russie à propos de l’Ukraine, ont eux aussi une longue liste d’invasions suivies d’occupations d’autres États à leurs actifs. D’où le problème moral qui se pose au niveau international, une réalité qui effraie les pays de la périphérie et affaiblit considérablement les institutions internationales, en particulier les Nations Unies, ayant pour mission de préserver la paix et la détente.

Pour finir, si Vladimir Poutine, de 1997 à nos jours, arrive à transformer la Russie sur tous les points de vue. Cependant, il faut qu’il ne répète la même bêtise d’Hitler. Ce dernier a reconstruit l’Allemagne a tous les niveaux, et arriva même à doter le pays de la plus grande machine de guerre de l’époque. En revanche, il détruisit tout avec lui quand il avait décidé de faire la guerre contre toute l’Europe. Quel narcissisme !

Joel Leon

Photo: Tass

One comment

  1. Eske ou panse Putin ap gin ge a nan rale pit sa paske ou ka we eta us ap fe yon ti jouet monté dedans ak Putin li pa vreman bay Ukrainian yo yon Zam pou l kraze dan Putin

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *