IL FAIT MINUIT, JOVENEL
J’ai vu le fils du prince des ténèbres ligoté.
Ses regards, pleins d’effroi, restent figés
Vers l’abime où son étoile pâlie est coincée
Entre deux glaives croisés et une lame dentelée.
«J» débute son prénom. Il se croit un Jésus.
Son calice jusqu’à la lie, le peuple en a bu.
Courroucée, une foule serrée, parcourant les rues,
Lui gesticule : Va! Senteur puante! T’es foutu!
J’ai vu un large nuage épais obscurcir son ciel
Et empêcher le soleil de luire sur l’écharpe présidentielle.
Ses biens mal acquis, emportés par une pluie torrentielle,
Finissent par être carbonisés par de vives étincelles.
J’ai vu ses gangs armés se retourner contre lui.
Comme une rivière en crue, il a quitté son lit.
Comme un oiseau égaré, il méconnait son nid.
Exaspéré, repus, sans coup férir…il périt.
L’heure imite le rouge de la colère des insurgés.
Il fait minuit. Une invitation spéciale est lancée
A l’archange de la guerre qui va tout annihiler
Aujourd’hui, demain, bon gré mal gré.
Il fait minuit, Jovenel…
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Réginal Souffrant
24 novembre 2019






Bravo Reginal Souffrant, you are one of the best!
Nancy Souffrant