La constitution de 1987, la seule solution haïtienne de rupture !
« Cette crise, d’abord institutionnelle avant d’être politique…est une opportunité offerte aux élites nationales de se faire une réévaluation critique de leurs actions de 1986 à nos jours. Une façon de faire leur « mea culpa » et de se lancer dans la lutte pour le rapatriement des rênes nationales des décisions politiques. Il est possible de réaliser tout cela avec l’application de l’article 149 de la constitution de 1987. Cependant, ils choisissent de se recycler dans le même schéma néocolonial qui consiste essentiellement à subordonner leurs droits de peuple libre, conquis sur le champ de bataille, aux tuteurs étrangers ».
Pennsylvania, USA – Au début, les gens de l’Accord Montana disaient poursuivre une solution haïtienne à la crise. C’était une démarche louable, compte de l’échec de l’international en Haïti. En réalité, ils ont changé de maîtres, en passant du département d’État au congrès américain, particulièrement le « Black caucus ». En fait, le maintien de la politique de « l’état Vassal ». Au fur et à mesure que le temps passe, ils s’éloignent totalement du projet initial pour s’incorporer sous la même « umbrella » que le premier ministre de facto haïtien, Mr Ariel Henry.
C’était perceptible, ce groupe hétéroclite essentiellement composé d’individus qui avaient comploté grandement au boycottage de la célébration du bicentenaire de l’indépendance nationale, le 1er janvier 2004, comment pourrait-il s’inspirer de tout projet national.
Comme je l’ai toujours dit, « vérité se lafimen », il est impossible de tromper tout le monde. Cette crise, d’abord institutionnelle avant d’être politique…est une opportunité offerte aux élites nationales de se faire une réévaluation critique de leurs actions de 1986 à nos jours. Une façon de faire leur « mea culpa » et de se lancer dans la lutte pour le rapatriement des rênes nationales des décisions politiques. Il est possible de réaliser tout cela avec l’application de l’article 149 de la constitution de 1987, qui dit ceci: « En cas de vacance de la Présidence de la République pour quelque cause que ce soit, le Président de la Cour de Cassation de la République ou, à son défaut, le Vice-Président de cette Cour ou à défaut de celui-ci, le juge le plus ancien et ainsi de suite par ordre d’ancienneté, est investi provisoirement de la fonction de Président de la République par l’Assemblée Nationale dûment convoquée par le Premier Ministre. Le scrutin pour l’élection du nouveau Président pour un nouveau mandat de cinq (5) ans a lieu quarante-cinq (45) jours au moins et quatrevingt-dix (90) jours au plus après l’ouverture de la vacance, conformément à la Constitution et à la Loi Electorale. » Cependant, ils choisissent de se recycler dans le même schéma néocolonial qui consiste essentiellement à subordonner leurs droits de peuple libre, conquis sur le champ de bataille, aux tuteurs étrangers.
Toute solution imposée par l’international et avec l’assistance des valets locaux ne fera que croître et accroître la crise. Les réunions futiles se multiplient à Port-aux-Crimes entre les bourreaux du peuple haïtien et les faux légalistes de rupture. Je vous le garantis, cette crise générale institutionnelle ne bronchera pas d’un pouce. Ce sont les mêmes pyromanes qui s’improvisent en sapeurs-pompiers pour éteindre le feu, en pensant que le peuple, trop imbécile, ne comprendra pas.
Nous avons la preuve que la classe politique haïtienne n’est pas à la hauteur de cette crise systémique, elle ne le comprend même pas. De ce fait, elle est incapable de la gérer, voire de la résoudre. Le plan compliqué et irréel de Montana, au détriment de la légalité constitutionnelle et de la simplicité, démontre clairement que leur motivation n’a rien à voir avec une solution haïtienne de rupture. Les individus de Montana font le choix le plus compliqué, et ils s’allient avec l’aile réactionnaire qui a longuement contribué à la destruction de l’appareil de l’État. Et, paradoxalement, ils prétendent inaugurer une ère nouvelle en rupture avec le statu quo. C’est faux !
Le pire, ils n’ont pas de couilles ! C’est un rassemblement de peureux à l’attente du département d’état américain pour qu’il renverse Ariel Henry à leur profit. Ils n’ont pas les moyens de leur politique. Sinon, des hurleurs médiatiques en mal de pouvoir. Le premier ministre de facto le comprend parfaitement bien pour avoir été un des leurs. Donc, la transition de rupture, que l’on scandait à tout bout de champ, est tout simplement un slogan politique creux pour amadouer les profanes. C’est ce qui explique que le peuple, dans sa science consciente, ne se mobilise pas autour de ce projet. Il avait compris que ces individus allaient poursuivre la politique de Jovenel Moïse, mais sans Jovenel Moïse, au détriment de leur intérêt, si ce n’est pas le pire !
Il est encore tôt pour rejoindre le « Camp National » qui se bat pour une solution haïtienne à la crise. Soyez assez humble pour reconnaître que votre plan n’est pas différent de ce qui est déjà opérationnel dans le pays. Toute solution haïtienne passe nécessairement par l’application de l’article 149 de la constitution de 1987, qui dit ceci : « En cas de vacance de la Présidence de la République pour quelque cause que ce soit, le Président de la Cour de Cassation de la République ou, à son défaut, le Vice-Président de cette Cour ou à défaut de celui-ci, le juge le plus ancien et ainsi de suite par ordre d’ancienneté, est investi provisoirement de la fonction de Président de la République par l’Assemblée Nationale dûment convoquée par le Premier Ministre. Le scrutin pour l’élection du nouveau Président pour un nouveau mandat de cinq (5) ans a lieu quarante-cinq (45) jours au moins et quatrevingt-dix (90) jours au plus après l’ouverture de la vacance, conformément à la Constitution et à la Loi Electorale ». Autour de ce choix politique national, nous parviendrons à mobiliser le peuple pour une vraie “transition de rupture” sous le pilotage d’une feuille de route allant dans le sens d’une rupture irréversible.
Joel Leon






