Ariel Henry doit présenter sa démission aux juges de la Cour de Cassation.

Ariel Henry doit présenter sa démission aux juges de la Cour de Cassation.

Par Joel Leon

Pennsylvania, USA – A partir de la publication de cet article bien documenté et étoffé par la chaîne de télévision américaine, CNN, et la diffusion de l’enregistrement audio des déclarations de Gary Aurélien, l’actuel premier ministre de facto, Ariel Henry, doit s’empresser de présenter sa démission aux juges de la Cour de Cassation pour assurer la permanence de l’État.

D’autres considérations justificatives sont à faire :

-A côté des révélations fracassantes, via un message audio, du juge Gary Aurélien sur la participation directe de Mr Ariel Henry dans le complot conduisant à l’assassinat du président Jovenel Moïse, celui-là même qui l’avait nommé au poste de premier ministre, dont le mandat arrivait à terme le lundi 7 février 2022 ;

-Il y a aussi l’article pimenté du groupe câblé CNN, dans lequel le journaliste a impliqué sans aucune réserve Ariel Henry dans le crime. En règle générale, les journalistes ne sont pas aussi catégoriques, excepté quand ils sont en possession d’éléments de preuves solides, donc irréfutables.

-Il faut mentionner aussi et surtout la résolution du Sénat de la république qui réduit la mission d’Ariel Henry à la liquidation des affaires courantes de l’État, parce que sa mission a pris fin le 7 février dernier.

D’autre en plus, l’hérédité est prohibée dans le lexique d’une république, mais Ariel Henry n’a pas de liens de sang avec Jovenel Moïse. Donc la disparition subite de ce dernier et la fin de son mandat sont deux éléments majeurs qui affaiblissent sévèrement la position du gouvernement haïtien et américain qui veut faire croire que le mandat d’Ariel Henry n’est pas lié au 7 février. Le premier ministre de facto n’a jamais été doté d’aucun mandat populaire, comme mentionné dans la note du Sénat, Ariel ne peut rien faire d’autre que liquider les Affaires  courantes de l’État. Avec les événements de ces dernières 24 heures, il a perdu ce privilège. Car, il importe maintenant de sauver la république.

Haïti est une république, bananière ou pas (qualificatif propre d’un État fortement marqué par l’instabilité politique chronique et d’une économie atrophiée). Le présumé assassin du président Jovenel Moïse ne peut être, sous aucun prétexte, à la tête de l’État d’Haïti. C’est une question de principes axés sur la moralité dans la gouvernance politique.

Que le premier ministre soit coupable ou pas, qu’il se dégage de la primature. Les grands hommes d’état échouent, mais ils ont cette responsabilité sacro-sainte de sauver la république dans son honneur et sa dignité. Car, l’État est permanent, sa raison d’être dépasse les limites intimes d’un quelconque individu. Dans les périodes médiévales, en face d’une pareille situation, on présente au chef un couteau ou une épée pour qu’il se suicide lui-même, mais dans l’honneur, tout en criant longue vie à l’institution étatique.

Maintenant, face à cette situation biscornue, les élites nationales, particulièrement celle de la politique, doivent faire preuve d’une grande maturité politique d’état. Le temps l’exige. Sinon, l’histoire retiendra qu’en des heures sombres, elles n’étaient pas en mesure de se dépasser pour sauver la république. Le peuple le retiendra aussi comme une défaite imméritée de la patrie.

La Cour de Cassation, conformément à l’article 149 de la constitution de 1987, est la seule institution légalement mandatée pour combler le vide politique. Les lois de la république sont suffisamment claires en la matière. Le ou la présidente provisoire aura pour mission de mettre fin à l’insécurité rampante qui paralyse toutes les activités du pays et d’organiser des élections inclusives, honnêtes et crédibles sur toute l’étendue du territoire national.

Joel Leon

Photo: Pinterest

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