Revisiter la notion de la peur dans le texte “ Les Dictateurs” de Maurice Sixto…
Par Philomé
Florida, USA – Un clip récent devenu “ viral” sur Les réseaux sociaux (Facebook, Mesenger, WhatsApp) montre le premier ministre de facto (Juillet 2021- …), Dr Ariel Henry répétant un slogan de rue des partisans ou opposants au pouvoir politique en place dans les périodes de crise aigüe :
“ Nou pa pè, Nou Pap jan m pè”…
Secondes, plus tard, dans le même extrait visuel, li est vu, dans une course ardue, époustouflante, entouré et protégé de sa garde de corps, le couvrant et le poussant à l’intérieur d’une voiture blindée…en parallèle à des crépitements d’armes automatiques vrombissant tout autour… La peur définitivement dans le ventre…. Fight or Fly (Se battre Ou s’enfuir).
1er janvier 1804, le résultat de 300 années de luttes incessantes pour chasser la peur. On s’est battus. Et on a gagné !
1er janvier 2022 aux Gonaïves ! Résultat des luttes sans grandeur entre nous pour la conquête d’un pouvoir vendu aux enchères par des forces Politiques obscurantistes internes et externes… Nos dirigeants en sortent généralement humiliés. Ou Bien, ils prennent leurs jambes à leur cou volontairement. Ou Bien on Les force à partir. Et la situation de terreur permanente créée et maintenue à dessein s’amplifie pour justement continuer à faire peur…
En fait, elle a repris du service ostensiblement, 218 ans après que des révolutionnaires, anciens esclaves et affranchis aient convenu de créer un Nouvel État de gens libres, conçu pour abriter Les victimes de génocide, de spoliation, de discrimination et de servitude de toutes formes dans cette Ville…. Qui devrait être perçue depuis comme Un “ symbole d’autonomie” pour tous les Peuples opprimés…de Notre Planète. Hélas !
La Peur ?
C’était le refrain d’alors “Grenadye a laso, Sa ki mouri zafèr a yo” qui explique comment le processus de destruction de toute humanité par le travail forcé et la peur a été finalement vaincu… Mais, les mécanismes puissants ayant engendré des situations de frayeur affectant individus et groupes sociaux ne se sont jamais avoués vaincus… Ils réapparaissent cycliquement forts, agressifs et violents dans des situations politiques confuses avec le même objectif d’asservir et d’abêtir pour le contrôle total et des biens et des gens….
Et, le texte “ Les Dictateurs” du grand diseur Maurice Sixto diffusé dans Les années 1980 a analysé et mis en évidence Les caractéristiques particulières de cette nouvelle “peur” qui, au cours de ces 60 dernières années a reconfiguré Les rapports sociaux et politiques en Haïti…
Une conversation apparemment anodine entre Un adulte déçu, dégoûté, obligé de tout abandonner pour aller refaire Une vie ailleurs et Un jeune plein d’avenir qui commence seulement à questionner la réalité ambiante qu’une nouvelle équipe politique façonnait de mains de maître avec la peur comme toile de fond…
Cet échange d’une même personne représentant deux individus d’âges différents avec évidemment des perspectives différentes expose les stigmates et Les défauts de fabrique et de fonctionnement de la Société Haïtienne qui ont permis l’émergence de monstres Politiques Se servant de la peur comme mécanismes et méthodes de contrôle de toute Une population…
Le chef a peur… Il crée des conditions pour que ses subordonnés, ses sujets aient également peur et ce Venin leur est inoculé pour Les besoins de la cause : le règne du chef ; le pouvoir du chef, tout le reste est secondaire…Tout est dit de façon à la fois concise et élaborée sur Les drames sociaux engendrés par la peur cultivée par le chef Suprême et distillée Savamment Dans tout le corps social…
Les citoyens qui ont bravé leur peur pour affronter Les aspects visibles du traumatisme global créé à partir des répercussions généralisées des frayeurs, des angoisses, du stress provoqués par des tueries insensées, des décisions inopportunes et abjectes sur L’ensemble de la population ont été soit éliminés, soit arrêtés, soit exilés… Ainsi la peur n’a jamais pu changer de camp comme à partir de 1791 où Les Bourreaux d’hier tremblaient, et vouaient AUX gémonies Les victimes tri centenaires des conditions effroyables de vie imposées AUX travailleurs sans salaire avec la bénédiction des saints, des anges et des archanges et des papes !
Depuis plus soixante ans, la peur s’installe partout chez nous. C’est généralisé. A l’église. Dans Les écoles. Dans Les foyers… Dans Les Universités. Dans Les médias… , Les Hôpitaux….Les gens Se terrent chez eux, dès la tombée de la nuit…On est passé de la peur des “ hommes en bleu et en Khaki” ( Les Tontons makouts), à celle Des zenglendos, Des Chimères, des Brassards roses, et maintenant des bandits légaux qui volent, violent, rançonnent en toute impunité depuis le jour où la restitution des Fonds Petro Caribe et du CIRH était devenue le leitmotiv des revendications des franges importantes et des secteurs très diversifiés de la société Haïtienne…
Qui fait peur maintenant et pourquoi ?
Un éclatement de pneus dans une rue passante à Port-au-Prince peut indiquer le niveau de compréhension de ce phénomène qui s’élargit exponentiellement avec des conséquences tout à fait dévastatrices si ceux qui se disent où se croient “ dirigeants d’état” ne se résignent point à prendre le taureau par les cornes pour commencer à faire bourgeonner la confiance et l’espoir pour faire échec à la peur…
Tout le monde a peur. On en parle. On n’en parle pas. On s’en plaint à demi-mots… On maudit en silence cet état qui laisse faire et qui se désagrège au fil des heures et de la musique des chaises dansantes des incompétents, des irresponsables et des voyous sonores en compétition permanente pour le meilleur classement dans la conduite vers l’abîme…
De quoi demain sera fait dans notre pays ?
La réponse à cette question pourra déterminer les enjeux de la politique qui se fait entre les mêmes opérateurs qui refusent de se recycler et abandonner…
De quoi demain sera fait pour les jeunes générations d’Haïtiens si avant même leur naissance leur cerveau est ankylosé ou atrophié par la peur ?
Philomé






