De VSN, FRAPH, GNB au G9…
Par Esau Jean-Baptiste, professeur
New York, USA – De simples lettres, de différentes appellations de banditismes, et de différentes époques, au service de différents gouvernements, mais avec toutes, la même mission d’intimider, d’arrêter, d’enlever, d’emprisonner, de torturer et, finalement, de tuer.
Oui, avec ces lettres dans l’histoire machiavélique de la politique d’Haïti, le peuple était et est toujours dans la merde. Dans la merde avec des bourreaux assoiffés de sang. Tristement, comme leurs chefs, ils contribuent à écrire les récits d’un rythme infernal des escadrons de la mort du pays de la Caraïbe. Et, c’est cette haine de l’âme méchante de certains dirigeants politiques et hommes d’affaires haïtiens qui anime chaque jour les bandits pour continuer dans des sentiers obscurs et ténébreux du crime, à savoir : faire couler le sang de leurs compatriotes.
Ces progénitures de vipères qui reçoivent l’ordre de tuer par des hommes politiques et des sultans économiques sanguinaires du pays prennent grandement plaisir à tuer indéfiniment d’innocentes personnes. Aucun prétexte ne peut expliquer comment un petit groupe de personnes qui forme la classe dominante et qui détient toutes les richesses du pays continue, non seulement à accaparer toutes les ressources du pays à leur seul et exclusif profit, mais aussi, par le biais de leurs hommes de main, à tuer et massacrer, surtout les infortunés dans des zones marginales du pays.
Effectivement, cela fait des décennies depuis que « des progénitures de vipères d’appellation VSN, FRAPH, GNB et G9 sèment le deuil dans leurs familles haïtiennes. Comment Haïti est-elle arrivée là ? D’un pays indépendant en 1804, en pays sous tutelle. D’une nation de titans en une nation de lilliputiens. D’un peuple incarnant le génie de la race à une nation humiliée dans la globalisation contemporaine. D’un peuple hospitalier en un peuple où des bandits imposent leurs propres règles sataniques de tuer.
Les duvaliéristes et leurs hommes de mains après 1957

Chercher à comprendre comment en plus de cinquante ans Haïti est arrivée à ce carrefour de la mort qui fait peur à plus d’un, c’est comprendre, dans un premier temps, les deux régimes des Duvalier aussi bien que leurs hommes de mains, les tontons macoutes.
Durant toute l’administration des Duvalier, il y avait, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays une forme de mobilisation pacifique aussi bien des mouvements de résistances armés venant des Haïtiens de la diaspora. Questions pour dire non aux deux régimes sanguinaires des Duvalier dans ses basses œuvres dictatoriales. Cependant, ils avaient pu résister et faisaient obstacles à tous les assauts et tentatives de déstabilisation contre leurs régimes monté de toutes pièces par l’opposition.
Selon des analystes, le système ne serait pas en mesure de survivre à tous ces obstacles, et ceci pendant si longtemps, si toutefois Papa et Baby Doc n’avaient pas le soutien de la communauté internationale. Le contexte international et les conflits internationaux d’alors, particulièrement la guerre froide existant entre les États-Unis et l’Union Soviétique avait joué en leur faveur. Ce qui portait plus d’un de penser que les Duvalier semblaient maîtriser non seulement la classe politique locale, mais aussi les conjonctures internationales.
Puisque, à un moment où les États-Unis mataient dans la région Amérique Latine tous les gouvernements de tendance communiste ou socialiste, saisi de cette occasion, les deux régimes des Duvalier père et fils en avaient profité, pour se débarrasser de tous ses ennemis politiques, d’une partie de l’intelligentsia haïtienne aussi bien que des prêtres catholiques, surtout ceux-là qui étaient de souche socialiste.
C’était sur cette base de crise locale et internationale que les Duvalier avaient, pendant vingt-neuf ans, dirigé Haïti comme étant les seuls souverains. De l’amendement de la constitution, la création d’une force parallèle à l’armée d’Haïti dites les Tontons Macoutes, du changement des couleurs du drapeau national bleu et rouge en noir et rouge, l’emprisonnement, l’exile à, l’élimination physique des opposants politiques sont autant de choses négatives réalisées pendant les deux régimes de François et de Jean-Claude Duvalier.
Mais tous ceux-là ne pouvaient pas se faire sans le bras armé du régime à savoir les macoutes ou les membres des VSN. Ces derniers, du style d’escadron de la mort, organisaient « des exécutions sommaires ou des enlèvements d’activistes, de dissidents, d’opposants politiques ou économiques ou toute personne perçue comme interférant avec une politique ou ordre social établi. » En un mot, ils violaient, arrêtaient, emprisonnaient et tuaient les gens de la population comme bon les semble.
Les VSN et FRAPH après 1986 et 1991

Après le départ de Jean-Claude Duvalier le 7 février 1986, les attachés avaient refusé de se détacher du pouvoir. Ainsi, les secteurs nostalgiques du duvaliérisme avaient vite, une fois, qu’ils s’étaient vus écartés du processus électoral, recouraient à la violence pour pouvoir empêcher le bon déroulement et fonctionnement du scrutin démocratique. Encore, dans leurs sales besognes, les macoutes ont, le 29 novembre 1987, endeuillés la famille haïtienne.

Quelques années après cette date macabre du 29 novembre 1987, en septembre 1991, avec le coup de force des militaires contre le pouvoir lavalas, les VSN s’étaient convertis en FRAPH pour frapper très fort contre les masses dans les quartiers populaires. Ensuite vint les GNBistes.
GNB en 2004

En 2004, par le biais d’un contrat social, le secteur privé des affaires, des GNBistes et une frange de la communauté internationale avaient kidnappé, destitué du pouvoir et exilé Aristide en Afrique du Sud. Puis boom, en 2011, les attachés ou les anciens membres des VSN, du FRAPH et GNB sont, à travers des élections frauduleuses supportés par l’international et le statu quo local, devenus des bandits légaux au pouvoir.
Comme les attachés de l’après 1986, ils se sont plus attachés au pouvoir pour perpétrer dans la plus grande tranquillité les crimes d’État. En bandits légaux, ils distribuent des armes à des gangs dans les quartiers populaires pour continuer à massacrer leurs semblables les plus défavorisés. Les bandits au pouvoir font de ces gangs dans les quartiers populaires les artisans fanatisés de leur propre autodestruction. Stratégie byzantine pour étouffer les aspirations populaires à un vrai chambardement du statu quo. Et pour le malheur du pays, des bandits et alliés se regroupent.
Et enfin le G9
Avec des armes et munitions achetées de l’argent des contribuables, la mort s’éternise dans les quartiers populaires. L’union fait la force continue d’être la devise d’un pays déchiré en plusieurs petits morceaux entre ceux-là qui ont tout pris des richesses du pays, ceux qui n’en trouvent rien et ceux qui font leur fortune sur le viol, le vol, le kidnapping et l’assassinat des paisibles citoyens.
Avec des armes distribuées à des jeunes dans tout le pays, les anciens membres des VSN, du FRAPH et GNB misent grandement sur les membres de G9 et alliés pour continuer de frapper plus fort dans les quartiers populaires. De Jean Robert Cius, Mackenson Michel, Daniel Israel, ruelle Vaillant, Pont Rouge, La Saline, Cité Soleil, Carrefour-feuilles au Bel-Air, ils continuent à tuer les pauvres pour leur faire payer leur insolence d’avoir cru ou de continuer de croire à un changement démocratique dans ce pays.
Avant, pendant et après février 1986, le refus pour le duvaliériste sanguinaire d’accepter la marche évolutive de l’histoire, et une folie aveugle et destructrice de souiller la démocratie naissante, les VSN et FRAPH avaient tué plus particulièrement en novembre 1987 et septembre 1991.

N’étant pas rassasiés, au moment où le peuple célébrait les deux-cents ans de leur indépendance en 2004, les hommes de mains du statu quo national et international avaient encore tué. Avec un secteur privé rapace et des membres d’un groupe d’une appellation GNB, pour pouvoir destituer un président populaire sortant des élections, ils avaient tué des policiers dans des commissariats aussi bien que des supporteurs du chef de l’État. Ils avaient tué et exilé le chef de l’exécutif pour garder et ceci pendant longtemps les franchises douanières dans leurs poches. Plus ça change, plus c’est la même chose.
Et en 2011 et 2016, pour accaparer encore plus les richesses du pays, des bandits légaux sont devenus, une fois au pouvoir, plus légaux pour voler, encore, tout ceci ne peut se faire sans une force de répression. Ainsi, avec leurs alliés G9, ils continuent, comme les anciens membres des VSN, du FRAPH et GNB à faire pleurer la grande famille haïtienne.
Et le résultat est palpable : massacres à La Saline, Carrefour-feuilles, Pont Rouge, Bel-Air, Martissant etc. C’est tout un pays qui est en train d’être massacré par une horde satanique de “ bandi legal.’’ Si avant et après 1986, le coup de force de septembre 1991 et de février 2004, des tueurs continuent de massacrer le peuple tout en continuant d’échapper à la justice, tout simplement, on peut crier haut et fort que “ l’État, c’est les bandi legal”.
Prof. Esau Jean-Baptiste






