Ariel Henry, un bien encombrant colis pour les Etats-Unis !
« En politique, les amis sont souvent plus encombrants que les adversaires » !
Par Michaud Joanier, journaliste
Alors Haïti continue d’enterrer ses filles et fils carbonisés, non seulement sous l’effet des flammes venant du transporteur de carburant, mais aussi victime d’une insécurité galopante caractérisée. Dont la prolifération soutenue des gangs criminels à travers tout le territoire national est le principal responsable. Cependant, cela n’empêche pas le premier ministre haïtien, Ariel Henry, d’enjamber un Himalaya de fatras pour entreprendre une campagne de charme, ce qu’il sait mieux faire : recevoir les secteurs dits clés de la vie nationale en vue de mieux préparer son référendum et d’organiser des élections, selon les vœux de ses maîtres!
Sous le gouvernement d’Ariel Henry, certaines pratiques qu’on croyait révolues, sont revenues sur le terrain politique haïtien ! À titre d’exemple, les vœux de “Bonne année”, une pratique qui avait existé dans le temps, et voilà un premier ministre de facto qui entend marcher sur les traces des Duvalier avec leur formule de salutation et de souhait qui s’était révélée indécente et plate !

En effet, de la fin du mois de décembre jusqu’aux premiers jours de la nouvelle année, les Ministres, Secrétaires d’Etat, Directeurs Généraux, sous la dictature des Duvalier….se précipitaient, défilaient au palais national, les mains placées sur la poitrine tout en chantant la Dessalinienne, afin de souhaiter “Bonne Année “ au dictateur. Parfois, certains allaient jusqu’à s’agenouiller, se prosterner, pour mieux s’humilier, en répétant comme des perroquets : « Excellence, vous ou personne ! Régnez mille ans, Excellence ». Pendant que d’autres ” Restavèk “ récitaient le catéchisme de la révolution qui disait ceci : « Papa Doc qui est au palais à vie ! Que ta volonté soit faite tant à Port-au-Prince qu’en villes de provinces ! Donne-nous, Excellence, une Haïti, et surtout ne pardonne jamais aux ennemis de la patrie » ! Fin de citation !
Donc, c’est dans ce schémas politique que fonctionne Ariel Henry qui bénéficie du soutien de l’ancienne opposition politique marquée à droite par le SDP d’André Michel, sur fond de séparation de gâteau politique !
C’est aussi dans ce contexte politique que, d’un côté comme de l’autre, Ariel Henry et Kenneth Merten, le chargé d’affaires américain en Haïti, multiplient des rencontres ! Si le premier ministre Ariel Henry pense qu’il pourra

survivre politiquement au-delà du 7 février 2022. Quant à Merten, il semblerait qu’il est en porte-à-faux, voire dubitatif sur cette survie qui s’est révélée à la fois brûlante et préoccupante pour les faiseurs et defaiseurs de présidents en Haïti, les Etats-Unis. À l’heure où, Daniel Foot, le Victor Schoelcher du peuple haïtien, fait monter la pression à la fois politique mais aussi diplomatique sur l’administration Biden en l’accusant directement d’être le responsable de cette descente d’Haïti aux enfers. A partir de la façon dont Foot renseigne le congrès américain sur la météorologie politique haïtienne !
Le côté encombrant d’Ariel Henry est à aller se chercher sur ce palier, un niveau d’optimisme qu’il ne faut pas mettre en parenthèse !
Pour les Américains, les jours d’Ariel Henry sont comptés, mais reste à savoir comment s’y prendre pour le déloger vu qu’il a été nommé à la suite d’un tweet ! Faut-il le démettre de ses fonctions de premier ministre par le même procédé, par la publication d’un autre twitte ? Que sais-je ?
En tout cas, le dernier rapport du Journal « New-York Times » sur la famille Martelly, viendrait fragiliser davantage Ariel Henry, à un moment où son nom aurait quelque chose à voir dans l’assassinat de Jovenel Moïse !
De toutes les façons, si la communauté internationale n’est pas en mesure de déplacer Ariel Henry, là où il s’installe, vu son côté encombrant et sa lourdeur, le peuple haïtien s’en fiche, à défaut de ne pouvoir le déplacer, il demande qu’on le roule. Car il n’en peut plus avec ce vaurien politique surtout, au moment où les activistes politiques du SDP ont sorti leurs couteaux pour qu’ils soient nommés dans les mairies à travers le pays.
Dossier à suivre…
Michaud Joanier






