18 NOVEMBRE 1803: LA BATAILLE DE VERTIÈRES

18 NOVEMBRE 1803: LA BATAILLE DE VERTIÈRES

LETTRE DE JEAN JACQUES DESSALINES À NAPOLÉON BONAPARTE

Par Réginal Souffrant

 

  1. LIBÉRATION MENTALE 

 

La PEUR* ne me fait plus peur.

Pour moi, plus de pleurs!

Désormais, mon épinard est garni de beurre.

Adieu errances dans les bois et frayeurs!

C’est moi qui suis le vainqueur,

Malgré ton épouvantable laideur,

Ta témérité et ton impitoyable torpeur.

 

2.- LES ATROCITÉS DE LA PEUR

 

Hier, sur mon corps affaibli coulait une froide sueur,

Car tu m’avais terriblement  frappé  de la chaleur

De ta géhenne et de ta redoutable fureur_

Lesquelles furent aussi meurtrières  que les obus du Fürher.

Pourtant, ton cynisme n’a point nourri les germes de la grandeur.

 

La Peur, où fais-tu ta demeure?

Est-ce en enfer d’où se dégage ta senteur?

On dit que ta puante odeur

Est bien celle de ta malveillante ferveur.

 

Je sais que les herbes rabougries du jardin de mon malheur

Verdoient pourtant le champ de ton bonheur:

C’est  un signe très révélateur.

Pendant longtemps, tu m’avais traité avec rigueur.

De mes notes de détresse, ton démon était le chanteur.

 

Mes tracasseries de jadis constituaient tes marques d’honneur.

Á tes yeux, mon ça, mon moi et  mon surmoi n’ont rien de valeur.

Tu as toujours eu  pour compagnon le Sieur Menteur.

Ton diable n’a jamais été un rassembleur.

Sont suraigus ses penchants destructeurs :

Il pille en riant ; c’est un voleur!

Il chavire la joie et l’espoir dans un ravin de terreur.

Qui plus est, il sait se déguiser en faux pasteur.

De l’avenir, c’est un véritable tueur.

Tout le monde…oui! Tout le monde a horreur

De son effronterie et de ses inciviles mœurs.

 

Avant, mon destin oscillait comme un vieux ventilateur.

De ma propre vie, j’étais loin d’être l’acteur,

Car ton ombre m’avait enseveli comme un serpent accapareur.

Ma vélocité obéissait aux caprices de ton accélérateur.

De ma sphère d’évolution, c’était toi l’arpenteur.

Epée en main, tu me forçais à boire ton liqueur.

Fantasmée, ma tête gommait ta bêtise avec ardeur.

Tu étais couverte de lauriers par de passifs auditeurs.

 

Penses-tu pouvoir congeler ma bonne humeur

Dans ton igloo et dans ton drôle de réfrigérateur.

Impossible! Je suis prêt à t’enterrer dans un bunker.

Va, donc, le dire à ton cher seigneur!

 

3.- LA DÉCADENCE DE LA PEUR

 

La Peur, pourquoi cet instinct trompeur?

Pour une fois, affiche un peu de candeur.

Elle touche à sa fin, ton heure;

Car, le grand horloger est l’ultime décideur.

 

…mon courage vient de creuser un trou d’une grande profondeur

Où il a inhumé mes hésitations et ma peur.

Sur sa tombe, pas de gerbe de fleurs.

Avant sa mort, ma peur avait perdu de sa saveur.

Dorénavant, je peux même patiner, cadencer comme un danseur.

 

Ma conscience ne veut plus mémoriser tes discours autodestructeurs.

Mon subconscient refuse de vénérer ton portrait d’agresseur.

Mon innocence s’est révoltée de ton comportement d’artilleur.

Mon inconscience riposte comme un fou tirailleur.

Mon être éveillé cesse de voir en toi un agent bienfaiteur.

Mes réflexes, mon attention réagissent comme un intrépide lutteur,

Et, je le jure de mon âme: De mon for intérieur,

Ta main mise s’est échappée comme une fumée, une vapeur.

Plus de monopole de la pensée comme dans les années antérieures !

 

Tes nuages qui, jadis, avaient teinté mon ciel de noirceur,

Viennent d’être tronçonnés, et ils ont perdu de leur épaisseur.

J’ai brisé l’iceberg d’amertume de ma propre chaleur.

Ma personnalité reprend place dans un cadre enchanteur;

Puis, ma force s’est épanouie à l’instar d’une rare-et-belle fleur.

Ma chanson de victoire est entonnée ici et ailleurs.

Plus rien! ne peut stopper le vol énergique de mon ascenseur.

 

Á mon tour d’être l’agresseur.

Mes prouesses sont vantées par tous les chroniqueurs,

Et les cantatrices louent ma percée vertigineuse en chœur.

 

4.- LA VICTOIRE FINALE

 

Ma force d’aimer dispose de cette vigueur

Qui écrase ta haine comme un bulldozeur!

 

La Peur, j’ai exposé avec brio ton manque de pudeur.

Pour tes balivernes, il n’existe plus de consommateurs.

On s’accorde tous qu’est nauséabonde ta senteur,

Tandis que mon arôme s’est répandu partout à l’aide d’un atomiseur.

Ma révolution psychologique fait de moi le NOUVEAU commandeur.

 

Dépourvue de patrie, tu évolues maintenant dans l’Apesanteur _

Le disent et le redisent la faune, la flore et la clameur…

Mon suprême mépris de toi, voilà mon antidépresseur!

Ma pierre philosophale  a finalement retrouvé sa splendeur,

Et j’ai chassé ton obscurité épaisse de ma puissante lueur.

Tu m’es soumise comme l’est la force à la pesanteur !

 

Au p’tit feu, je viens de te carboniser, la Peur.

Tu ne pourras plus rayer la félicité qui inonde mon cœur.

Mon âme n’est plus noyée dans un chagrin dévastateur;

Mon esprit s’est enfin libéré de cette longue stupeur.

Adieu métamorphose, mutations et perpétuelles erreurs!

 

Je t’ai vaincue, misérable Peur!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Ah! Comme je me réjouis de mon dur labeur!

 

Même mon incertitude n’a plus peur

Du spectre combien affreux de la Peur.

De moi, au contraire, c’est la peur qui a peur.

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*La Peur : L’impérialisme

 

Réginal Souffrant

20 février 2014

 

 

 

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