En Haïti, les politiciens se trompent de métier !

En Haïti, les politiciens se trompent de métier !

«Il y a cette inclination folle d’être des politiciens professionnels. Pourtant, l’exiguïté du paysage politique haitien ne permet pas l’absorption de la demande. En plus, ce qui exalte à se transformer en politiciens, ce n’est pas la volonté de servir, car la politique est avant tout le service, c’est plutôt la richesse facile. Cette tendance est encouragée par une certaine presse qui rejette son indépendance au profit de la fortune. Ce qui souille la noblesse du métier. Le pays est en train de faire les frais. D’où l’apparition du cynisme dans nos mœurs politiques !»

 

 Par Joel Leon

Des politiciens, tels que Moïse Jean Charles, André Michel, Nenel Cassy, Marjorie Michel, Simon Desras…réussiraient mieux en affaires que dans la politique. Aujourd’hui, ils seraient des milliardaires comme Gilbert Bigio. Parce qu’ils n’ont qu’un objectif politique majeur, s’enrichir !

On a l’impression que la majorité des politiciens haïtiens seraient de célèbres dealers de drogues, de types Pablo Escobar, des proxénètes ou maquereaux qui « pimpent » les filles, des maîtres de bordels…Ils amasseraient des millions de cette façon, et ceci sans histoire !

Ces énergumènes prennent la politique, qui est « l’organisation de la cité », c’est-à-dire le service, comme un trampoline pour escalader des murailles sociales. Un jour, quelqu’un m’a dit, et je cite que : « La politique est la science de l’opportunité », donc ces politiciens l’exploitent outrageusement. Car, les effets négatifs qui en découlent sont coupables du taux d’analphabétisme élevé qui frappe le pays profond et les ghettos. La dilapidation permanente des caisses de l’État quand ils sont au pouvoir, et les rackets quand ils ne sont pas au pouvoir, déroutent des millions de dollars de la poche du peuple à leur profit personnel. Ils opèrent comme des rapaces dignes de la « Cosa Nostra » des années 30, 40…aux États-Unis.

Le pire, ce sont des docteurs, des avocats, des ingénieurs, des agronomes…Ils refusent d’exercer leurs professions pour lesquelles ils ont été à l’université et décroché des diplômes. Cependant, être avocat, médecin…dans un pays comme Haïti ne rime pas avec la richesse grandiloquente. En revanche, la politique renvoie à des millions  et ceci rapidement.

Il y a aussi cette inclination folle d’être des politiciens professionnels. Pourtant, l’exiguïté du paysage politique ne permet pas l’absorption de la demande. Ce qui exalte à se transformer en politiciens, ce n’est pas la volonté de servir, car la politique est avant tout le service, c’est plutôt la richesse facile. Cette tendance est encouragée par une certaine presse qui rejette son indépendance au profit de la fortune. Ce qui souille la noblesse du métier. Le pays est en train de faire les frais. D’où l’apparition du cynisme dans nos mœurs politiques !

C’est le règne total de l’indécence qui s’impose en Haïti. Ils gagnent leur vie en se prostituant aux riches, en volant l’argent du peuple et en valets de l’international…Après qu’on les dénonce dans la presse et sur les réseaux sociaux, ils restent là. Ils se jacassent à la radio comme à la télévision, ils lancent des mots d’ordre de grève, de protestation, ils organisent des réunions publiques, ils participent dans des assises internationales, ils sont arrogants, ils se portent candidats…C’est pourquoi que je comprends la décision de Valéry Numa de stopper son émission très prisée, « Invité du jour ». Car, cela fait honte de voir défiler dans son micro les mêmes hommes qui condamnent tout un peuple à l’asphyxie.

Le dévergondage des Jovenelistes m’énerve…en particulier, Renald Luberice qui, découvre soudainement que l’immixtion des États-Unis dans les affaires d’Haïti est un problème. Il dénonce, sans aucun embarras, la lenteur du système judiciaire haïtien à rendre justice au président assassiné, en l’occurrence Jovenel Moïse. Il est tout simplement un farceur qui prend la politique d’assaut !

Tous ceux qui animent la classe politique haïtienne, à part quelques exceptions, conçoivent la politique comme son coin d’affaires. Cependant, ils n’investissent pas un centime, pourtant ils s’enrichissent honteusement au détriment du peuple. En ce sens, les hommes d’affaires qu’ils qualifient, péjorativement maintenant, de « syro-libanais » sont meilleurs qu’eux. Car, ils travaillent, ils investissent, ils créent des emplois, ils produisent certains biens. Même si en même temps, ils corrompent en distribuant des pots de vin aux éhontés de la politique, ils arment des gangs, ils tuent…En fait, ils font tous partie du même système qui condamne Haïti à l’asphyxie !

Les politiciens haïtiens, à l’exception d’une infirme minorité, font partie du problème, mais pas de la solution !

Joel Leon

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *