Hommage à frère Wadner François !
« Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jean 13 :34-35)
Par Joel Leon
Le vendredi 24 septembre 2021 dernier, j’ai assisté aux funérailles du regretté Wadner François, un homme de bien qui consacra tout ce qu’il avait au profit des autres. Un vrai chrétien !
Cet homme, dont on venait de célébrer la vie, Mr Wadner François, fut né le 19 juin 1956 en Haïti, soit un an avant la montée de François Duvalier au pouvoir. Il a rendu l’âme le 11 septembre 2021, une autre date fatidique de l’histoire récente d’Haïti, quand des sbires violaient l’espace de l’église de Saint Jean Bosco pour massacrer des fidèles.
J’ai rencontré « Frè » François au mois de janvier 1994, quelques semaines après mon entrée aux Etats-Unis. Lui et sa femme, Darline François, firent d’une aide extraordinaire. C’était le début de mon exil, pas besoin de décrire comment c’était difficile, ce couple fut d’un support indispensable sans lequel la transition serait trop pénible. Car, contrairement à beaucoup d’autres compatriotes, je n’avais pas une structure familiale d’accueil, donc tout support m’était fondamental !
Wadner François fût toujours présent pour faciliter la transition. Tantôt comme interprète, on ne parlait pas l’anglais, ou comme transporteur pour aller à l’hôpital, au market, a l’église, au bureau d’immigration…Quand il n’était pas disponible, sa femme Darline François, avec une amabilité étonnante, elle se mettait à la disposition de nous tous. J’ai bien dit nous tous, car nous étions des dizaines à débarquer dans ce pays combien compliqué et différent des pratiques haïtiennes auxquelles on s’habituait.
En écoutant les témoignages vibrants de ceux et celles qui l’avaient connu au cours de ce matin d’adieu, j’ai fini par réaliser que Wadner François avait vécu une grande vie. Car, il marque à jamais la vie de plusieurs dizaines de personnes venues de tous les horizons, backgrounds, religions, idéologies…Pourtant il n’était pas riche ni une vedette cinématographique ou musicale. C’est ce que j’appelle une vie complète et fructueuse !
En se faisant vieux, on devient plus sage, on réfléchit aux choses passées, « a nos actes manqués », aux erreurs, aux victoires, aux défaites…il faut être conscient pour dire qu’il faut faire mieux. Il faut penser à l’héritage qu’on va laisser, comment peut-on contribuer à faire de ce monde un meilleur endroit, comment on doit toucher la vie des autres, spécialement les plus vulnérables, ceux qui n’ont rien…Car, après la mort physique, ce sont les œuvres qui vont rester, c’est cette mémoire qui sera retenue de vous, comment on avait aidé les autres !
Après avoir écouté les hommages poignants et sincères des participants, les murmures tristes des membres de la famille, surtout les mots forts de son fils Darvens François retraçant la vie de son père, les gémissements élégiaques, les chagrins exprimés…Darline François et les enfants doivent éprouver un sentiment de fierté et d’apaisement que Wadner a rencontré Dieu, conformément au 2 Thimothé 4 : 7,8 « J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi. Désormais la couronne de justice m’est réservée ; le Seigneur, le juste juge, me la donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais encore à tous ceux qui auront aimé son avènement. »
Wadner n’est plus, mais ses actes resteront dans les mémoires pendant des années. Car, la charité est l’amour en acte !
Joel Leon





