« Belles de Nuit »
Verrais-tu jamais Raymonde
Se moquer de tout le monde
Et se pavaner à toute allure
Avec une telle désinvolture
II
Tu ne verras pas Jocelyne
Élégante belle et coquine
Prêter vraiment l’oreille
Sans reluquer l’oseille
III
Que dire de la Rachèle
Certainement très belle
Mais pas du tout rebelle
Qui joue si bien à la marelle
IV
Veux-tu voir la Guerda
Avec son superbe dada
Et qui varlope dans le tas
Le genre sois belle et tais-toi
V
La plantureuse Rébecca
Se trémoussant au Djoumbala
À la manière d’un petit cheval
Et bien sûr jusqu’à la fin du bal
VI
Et puis la très belle Maryse
Qui se prend pour la marquise
Elle s’envoie sur la banquise
En savourant la douce brise
VII
Aimerais-tu revoir la Lydia
Qui dansait si bien la samba
En chantant : anba-anba
Et qui se mettait au pas
Bien avant de baisser bas
VIII
Souviens-toi de Rosemonde
Qui se prenait pour la Joconde
Pourtant partout à la ronde
On la disait plutôt féconde
IX
Et la succulente Catherine
À croquer telle une tangerine
Avec son sourire ensorceleur
Qui ravissait tous les cœurs
X
Et puis la splendide Natania
La sœur jumelle de Célina
Cette belle paire de beautés
Fiers symboles de volupté
Avec ces deux bombasses
Holà ça passe ou ça casse
XI
Sans oublier la belle Irène
Cette véritable petite reine
Et qui s’en faisait à peine
Des charmes elle était pleine
XII
Peut-on oublier Sophia
Après deux coups de tafia
Elle invoquait diable-baka
En disant : Pitô nou lèd nou là
XIII
Quand avec Marie-Renée
On faisait une randonnée
Admirant ses pétales de rose
C’était une bien belle chose
XIV
Il ne faut pas oublier Édmonde
Et ses racines vagabondes
Car : telle fille – telle père
Clamait-elle douce et fière
XV
La tonitruante Esméralda
Sur le matelas ou le sofa
Mettait en feu avec la foi
Tous les Pétionvillois
XVI
Pas si vite et la douce Isabelle
Qui se disait la plus sensuelle
Et comme une tourterelle
Passait si bien la rondelle
XVII
Et puis la sexy Emmanuella
Au sourire tellement sympa
Qu’elle a séduit les malfrats
De toute la rue Maurepas
XVIII
Éveline et Joséphine
N’aimaient pas les épines
Du gâteau et des fleurs
Elles faisaient ton bonheur
XIX
La douce et timide Émerante
Elle qui était si pétulante
Et à titre de confidente
Se révélait si compétente
XX
Marie-Yolaine jouait à la vamp
Hélas et ne passait pas la rampe
Mais comme une agace-pissette
Elle avait toutes les recettes
XXI
Alors Myrlande la boulotte
Et sa fière copine Charlotte
Portaient bien la mousseline
Et se revendiquaient madivin’n
XXII
Peux-tu oublier Emmanuelle
Toujours en robe de dentelle
Qui se révélait si gloutonne
Avec ou sans couronne
XXIII
En tout il faut envisager la fin
Car les belles histoires de vagin
En français en kreyòl ou en latin
Renvoient hélas au confessional
En quête du pardon sacerdotal
XXIV
Celle qui t’a passé la corde au cou
Te transformant en véritable fou
Comme t’avais pas assez de poux
Aura fait de toi un digne époux
XXV
Ton palmarès devient nouveau
Tes devoirs sont donc conjugaux
Fais en sorte d’avoir au plus tôt
Une ribambelle de marmots
Qui joueront au Nintendo
XXVI
Tu n’as plus à piper mot
Tu te consacres au boulot
Et tu feras de superbes dodo
Pour ne plus avoir mal au dos
SHM av.





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