De Leon Jeune à Leon Charles II: 1995-2021

 

De Léon Jeune à Léon Charles II: 1995-2021

Comment peut-ont élaborer une politique pénale et un plan professionnel de police en Haïti ?

Par Patrick Moise

De 1995 à aujourd’hui, aucun des chefs ou directeurs de la police en Haïti ne connaissent son véritable rôle dans la direction de la seule force publique nationale. Ils n’avaient pas fait d’étude appropriée afin de pouvoir établir nettement la différence entre les sciences de la sécurité et celles de la police.  Le fonctionnement de la police est totalement différent de celui de la sécurité. Je me souviens du livre du professeur James Boyard « Le procès de l’insécurité » sur la sécurité environnementale, dont l’ancien directeur de la police nationale, Mr Mario Andrésol, avait préfacé. Sur le compte « Twitter » de ce dernier, il faisait allusion à ce livre du professeur James Boyard pour faire avancer sa thèse. J’ai fait un commentaire sur le tweet à savoir que la sécurité n’a rien à voir avec la police, l’ancien directeur de la police m’a vite bloqué pour que je ne puisse jamais avoir de l’opportunité d’accéder à son compte.

Mon Dieu, mon pays, Haïti !!! Ils oublient que les enfants grandissent et que les personnes âgées vieillissent, ceux qui étaient en prison pour des motifs politiques ont retrouvé leur liberté et ont complété des études sérieuses au plus haut niveau en sciences de la Police et sont arrivés même à décrocher leur PHD en sécurité. Il est normal que les nouveaux experts en sécurité mettent en question les connaissances révolues pour appliquer les nouvelles technologies dans les sciences de police.

Le moment actuel n’est plus à la répression de la population, de l’étranglement des détenus, de la torture des prisonniers, non plus les fusillades, ni les bastonnades…  Car, il existe des techniques nouvelles pour soutirer de la vérité d’un accusé sans l’utilisation de ces méthodes archaïques. C’est pourquoi il existe les sciences de police, des techniques modernes, des technologies de pointe, des laboratoires médico-légaux, des pathologistes, des chercheurs, des formateurs, des informateurs du renseignement, des investigateurs, des détectives bien formés, des inspecteurs/enquêteurs…En dépit de tout, Je salue l’énergie de Mario Andrésol et la mémoire des directeurs de la PNH décédés, tels que : Léon Jeune. Je salue aussi les efforts des secrétaires d’État à la sécurité publique, dont beaucoup d’entre eux n’ont jamais fréquenté aucune école de renseignement encore moins, une école de sécurité publique mais, mais arrivaient à se positionner une place de choix en se faisant passer pour un patron effectif.

Je maudis tous les juges qui avilissent la justice haïtienne en liquidant des décisions judiciaires en échange de l’argent. Par contre, je salue tous les juges honnêtes, particulièrement ceux d’instruction, qui ont su se comporter avec intégrité vis-à-vis des détenus innocents. Pour renforcer cette politique consistant à libérer les innocents injustement emprisonnés, j’espère de voir la création d’une université scientifique de sécurité publique et de renseignement pour qu’Haïti puisse avoir des entités professionnelles qualifiées. Ceux qui aiment cette science doivent avoir la possibilité de se former en Haïti même comme experts SUM CUM LAUDE.

Incarcération aux Etats-Unis, Noirs et blancs ( Major Prepa)

Par contre, il y a une réalité indéniable qui traverse les sociétés occidentales contemporaines, l’augmentation vertigineuse de la violence et de la criminalité. Cela se produit à la fois en Amérique et en Europe ; dans l’hémisphère nord comme au sud et dans les caraïbes, mais surtout dans les pays fortement industrialisés. La preuve en est que les États-Unis d’Amérique, avec le PIB le plus élevé du monde, est le pays qui arrive en tête du classement des personnes privées de liberté, plus de 730 pour 100.000 habitants, contre une moyenne d’environ 100 à 150 détenus par personne, contre 100.000 habitants dans les pays européens.

En Espagne, la croissance de l’incarcération a été de 190% en 15 ans, aux Pays-Bas de 240%, etc. Comme on peut le voir, on peut facilement le démontrer en se plongeant dans les statistiques officielles irréprochables, on arrive à la conclusion que quelque chose se passe au sein des sociétés occidentales et cette dérive est connue de tous, telle que : la violence sous toutes ses formes, le crime organisé, les limitations de la liberté des citoyens ordinaires qui doivent restreindre leurs activités par peur; le sentiment généralisé d’insécurité et les coûts énormes dépensés par les États pour maintenir un système pénitentiaire très souvent inefficace. Dans les tribunaux, c’est le même scénario, la lenteur bureaucratique dans les organisations policières souvent proches de la corruption…

Pour représenter graphiquement les dépenses monumentales consacrées aux prisons, il convient de noter que les États-Unis d’Amérique dépensent tous les jours pour le maintien du système pénitentiaire, un peu plus de 33 millions de dollars. Les études disponibles indiquent que la récidive est de l’ordre de 36% …Par conséquent, un gaspillage d’argent et un risque croissant pour la société. Seul un petit groupe de pays peut se permettre le luxe de gaspiller toutes ces fortunes quotidiennement. Il faut donc chercher une solution plus économique, plus efficace, plus humaine et surtout plus préventive. Nous ne gagnons rien à incarcérer l’homme qui a tué notre père, que la longue peine ou l’exécution n’arrivera pas à ressusciter.

 

Journaliste réprimé par la PNH (Twitter)

De plus, avec les coûts élevés de la répression, les états réduisent leurs budgets dans l’éducation, la santé, le logement… Par conséquent, la pauvreté et la marginalisation, l’instruction, la maladie et les dépendances augmentent, et ce cercle vicieux renforce la violence et la criminalité. C’est la spirale diabolique des années 2000. Que faire, face à ce tableau presque terrifiant : les honnêtes gens sont enfermés chez eux, qu’ils soient riches ou pauvres, et les villes sont livrées aux mains du crime organisé ? Il n’y a qu’une seule solution : mettre en œuvre une politique pénale globale.

Qu’est-ce qu’une politique pénale globale ? Une politique pénale globale est un ensemble large, complexe et diversifié de mesures et d’actions développées sous l’impulsion de l’État mais, avec une large participation de la communauté, visant à réduire, limiter et atténuer la criminalité en général. Cela contribuera à libérer la population et accroître le développement économique et social du pays. Comment une politique pénale est-elle élaborée ?

Premièrement, un diagnostic doit être fait dans les zones à problèmes, les institutions et organisations sociales, sans se limiter à la criminalité, bien que les chiffres à ce sujet soient fondamentaux. Le diagnostic nous permettra de comparer la situation existante avec une situation normale, qui dans ce cas serait idéal. À partir de là, les étapes à suivre dans la planification et l’exécution ultérieure d’un plan qui s´émerge, par exemple, un plan directeur de politique pénale.

Pénitencier national ( The Haitian Internet)

La politique pénale globale garantira que le délinquant ne peut pas commettre de crime (prévention situationnelle), mais elle garantira fondamentalement que l’enfant ou le jeune, en particulier le marginal, ne devienne pas un criminel; que d’autres ne deviennent pas dépendants de la drogue; que la circulation illégitime des armes à feu soit réduite, que les systèmes éducatifs et récréatifs pour les enfants et les jeunes soient renforcés; soutien à la famille à faible revenu; que les quartiers et les communautés soient organisés de manière participative et que dans chaque zone ils créent des mesures de prévention en coordination avec la police; que chacun s’implique dans la récupération de l’espace urbain souvent «désert» parce qu’il a été abandonné par les voisins et repris par des criminels.

Les institutions liées à la minorité, « foyer » fréquent de la criminalité des adultes, devraient également faire l’objet d’une analyse. Services pénitentiaires complètement restructurés (législation, règlements, infrastructures, formation et sélection du personnel, méthodologie de traitement, etc.) et créé des services post-pénitentiaires pour assurer une réinsertion sociale adéquate. Des mesures et des sanctions pénales non privatives de liberté ont été mises en place pour des infractions mineures, mais avec un traitement éducatif et correctif, le système judiciaire doit être modernisé, souvent tardif et inefficace, etc. L’élaboration d’un plan directeur de politique pénale doit également rechercher un consensus avec tous les secteurs politiques et sociaux, les engageant vers les mêmes objectifs, afin de former une politique d’État et non une politique du gouvernement en place. Le Plan doit disposer d’un budget et identifier les sources de financement et également disposer d’un organe de direction au plus haut niveau (scientifique et fonctionnel) et doté d’instruments d’évaluation pour analyser les résultats et corriger les écarts.

En guise de conclusion, il convient de noter que dans une étude promue par la Banque inter-américaine de développement, il a été établi, après avoir étudié six pays d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale, que la violence et la criminalité consommaient jusqu’à 25% du produit intérieur brut. En Haïti, nous avons une police corrompue jusqu’au cou, c’est-à-dire que nous avons aussi des hommes sérieux dans la police mais, ils n’ont pas de pouvoir de changement, c’est pourquoi nous nous préparons à donner des réponses pour rééduquer la police haïtienne pour qu’elle soit une institution honnête et donc recommander aux législateurs de voter  des lois capables de protéger la police des intrus, nous prions pour avoir un pays avec des hommes sérieux incorruptibles capables d’ordonner les entités et que la population à travers Les relations humaines institutionnelles pourront avancer et avoir un pays énergétiquement vivable …

Patrick Moise

Commissaire de Police Doctorant en sécurité

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