Claude Joseph, le premier ministre par intérim, est le nouvel homme fort d’Haïti après l’assassinat de Jovenel Moise.
Par Joel Leon
L’article 149 de la constitution amendée est en application. Que dit ce fameux article:« En cas de vacance de la Présidence de la République soit par démission, destitution, décès ou en cas d’incapacité physique ou mentale permanente dûment constatée, le Conseil des Ministres, sous la présidence du Premier Ministre, exerce le Pouvoir Exécutif jusqu’à l’élection d’un autre Président. Dans ce cas, le scrutin pour l’élection du nouveau Président de la République pour le temps qui reste à courir a lieu soixante (60) jours au moins et cent vingt (120) jours au plus après l’ouverture de la vacance, conformément à la Constitution et à la loi électorale.»
Cela dit en termes clairs que le premier ministre ad intérim, Claude Joseph et ses ministres exercent de fait le pouvoir exécutif. C’est la nouvelle réalité politique et, l’international par l’intermédiaire de l’administration de Joe Biden,«invite tous les partis politiques, les groupes de la société civile et les parties prenantes à s’associer à l’appel au calme du premier ministre par intérim et à travailler ensemble, suite à cette tragédie, pour assurer paix et gouvernance démocratique en Haïti».
Martine Moïse, l’ex-première dame de la république, touchée par 3 balles, se trouve actuellement dans l’État de la Floride pour recevoir les soins medicaux appropriés.
Claude Joseph, de fait, s’impose comme le nouvel homme fort du pays. En conséquence, il prend déjà des mesures que nécessitent le moment: la déclaration de l’état de siège, le deuil national de 15 jours, il rencontre le CORE GROUP, il rassure tout le monde. Il établit des contacts avec les Nations-Unies, l’organisation des États américains, le CARICOM, l’Union Européenne…
Je viens d’avoir un bref entretien avec le premier ministre ai, Mr Claude Joseph, au cours duquel il a fait état de l’urgence de la situation et que la priorité pour lui est « de s’assurer que la première dame, Martine Moïse, reçoive les soins nécessaires à son cas», et aussi de sauvegarder le caractère permanent de l’état. Tout ceci, toujours d’après lui, se fait en accord avec le conseil des ministres, et entend aussi «établir des contacts avec tous les secteurs en vue de protéger les acquis démocratiques.»
J’ai pu échanger avec certains leaders politiques de l’opposition aussi, ils sont tous sous le choc parce qu’ils ne s’attendaient pas à un tel développement. Ils condamnent tous l’assassinat de l’ancien président de facto, Jovenel Moise, et souhaitent une enquête internationale autour de cet acte, qu’ils qualifient d’odieux.
D’autres compatriotes souhaitent voir Mr Claude Joseph remettre le pouvoir à Madame Wendell Coq pour diriger un gouvernement de transition. Certains souhaitent voir installer le juge Mécène Jean Louis au palais national pour organiser des élections générales dans le pays.
Entre-temps, le peuple haïtien est sous le choc, on n’a enregistré aucune manifestation populaire à travers le pays. Les 48 heures à venir sont cruciales pour la nation.
Les réseaux sociaux sont enflammés de questions, d’accusations, de colère…
Claude Joseph s’impose comme le seul interlocuteur devant l’international et essaie de maintenir un semblant de stabilité. Mais, reussira t-il?
Joel Leon
Photo: The Haitian Times




