EURO 2021 : Quels seront les deux finalistes ?

EURO 2021 : Quels seront les deux finalistes ?

Par Réginal Souffrant

On vient d’atteindre le dernier carré. Les quatre demi-finalistes sont ambitieux. Ils espèrent tous pouvoir soulever le trophée_ que ce soit pour la première fois ou pour une énième fois.

Espagne vs Italie: La guerre de deux styles opposés

Luis Enrique, entraineur de la selection d’Espagne

La première demi-finale mettra face-à-face l’Espagne à l’Italie. L’entraineur espagnol, Luis Enrique, privilégie le style tiki-taka qui consiste à passer la balle rapidement en losange ou en rectangle, la récupération et la conservation de balles, un cocktail de foot chatoyant qui provoque l’admiration des fans du ballon rond.

Adama Traoré, footballeur espagnol

Cependant, tout esthétique qu’est le jeu espagnol, Enrique devra songer à améliorer l’état poreux de sa défense s’il veut contrecarrer le flair opportuniste des italiens Ciro Immobile et Lorenzo Insigne qui ont toujours su profiter des moindres erreurs adverses pour marquer. Ensuite, l’inconsistance offensive des coéquipiers d’Álvaro Morata constitue une préoccupation. Les deux dernières rencontres face à la Croatie et la Suisse ont exposé les faiblesses de la « Roja » dans ces deux aspects, bien qu’elle soit très technique dans l’ensemble.  

Pour que l’Espagne cesse d’offrir cette image d’une fleur trop délicate qui peut être fanée aux moindres intempéries, son sélectionneur devra aligner un tambour battant comme Adama Traoré. Ce bœuf de labour est capable de tout. Evoluant comme attaquant, il inquiète la défense avec sa course éclair, ses dribbles, sa force de pénétration, ses tirs brulants (à distance) que les portiers ont du mal à stopper, son portrait d’haltérophilie qui fait peur et sa façon de marquer dans des conditions difficiles. En plus, son athlétisme lui permet de renforcer la défense quand son équipe subit une attaque. Un joueur d’un tel profile devrait être un atout indispensable quand on est confronté à une armure composée, entre autres, de Leonardo Bonucci et Giorgio Chiellini_ deux défenseurs italiens expérimentés et réputés parmi les meilleurs du globe. 

Le choix de Luis Enrique de reléguer Traoré au banc des réservistes continue de troubler le bon sens des mordus du foot.

L’Italie : Rien à réviser ou inventer

Roberto Manchini, le tacticien italien

De son côté, l’Italie n’a rien à réviser ou inventer. Elle n’a qu’à poursuivre dans la même lancée. Quand la « Nazzionale » évolue, ce ne sont pas les footballeurs qui décident, bien qu’ils soient de haut calibre ; mais, c’est le maitre à penser Robert Manchini qui impose son schéma tactique. Du moins, c’est ce qu’on a toujours observé. La formule du coach de la « Squadra Azzurra » est simple : Empêcher l’adversaire d’imposer son jeu, le forcer à improviser (ce qui est de nature à le démoraliser), lui dérober le ballon, puis l’attaquer lors de son retrait désorganisé afin d’inscrire un ou plusieurs buts.

G. Chiellini (à gauche) L. Bonucci (à droite) forment le mur italien

On a vu la flamboyante équipe belge tomber dans ce piège lors du 8ème de finale, malgré l’efficacité de son entraineur, Roberto Martinez. Les fameux « Diables Rouges » peinaient à se trouver une cohésion entre la défense, le milieu et les deux extrêmes à cause des choix du tacticien transalpin. Pendant le derby Italie-Belgique, l’avant-centre belge, Romelu Lukaku, était isolé la plupart du temps comme un égaré dans un désert_ faute de recevoir de passes de ses coéquipiers.

Le prof Manchini instruit ses poulains comme un maitre de jeu d’échec qui enseigne à un joueur novice l’art de déplacer les pièces avec précaution. Les Italiens suffoquent l’adversaire dans sa propre moitié de terrain à partir des consignes claires et détaillées venues de leur manager. Question: Est-ce que Manchini va aussi damer le pion à son homologue espagnol, Luis Enrique, comme il l’avait fait à Roberto Martinez? Voilà le grand hic!

Danemark vs Angleterre : Collision entre talent et détermination

Christian Erksen, vedette danoise indisponible

Les Danois sont les moindres favoris des quatre prétendants au titre de champion de cet Euro 2021. Ils le savent. Ils acceptent leur statut de parent pauvre. Pourtant, ils n’en ont pas cure. Chutés lamentablement devant la Finlande et la Belgique (toutes deux écartées de la course) pendant la phase de poules, les Scandinaves admettent que leur compteur n’est pas assez riche pour jouir d’une presse élogieuse. Leur précieuse super star, Christian Eriksen, est indisponible suite à un malaise cardiaque au cours du tout premier match du championnat. Toutefois, faute de grands noms, ils misent sur la fraternité qui règne entre eux, leur ardeur guerrière, l’estime réciproque entre le coach et les joueurs, et la foi pour bousculer les pronostics défavorables. Leur force mentale constitue leur unique fureur de vaincre.

Jadon Sancho, jeune pépite anglaise de 21 ans

Une Angleterre revue et corrigée

L’Angleterre, pour sa part, commence à se faire des amis d’entre ses anciens détracteurs. Dans le passé, le jeu anglais laissait à désirer. Sous la direction de Gareth Southgate, les Bretons ont abandonné le « kick & rush » pour adopter un système plus réfléchi et mieux élaboré. Ils ont beaucoup progressé pendant la compétition. Solides en défense et mordants en attaque grâce à l’exactitude d’un Harry Kane qui ne pardonne jamais, le milieu de terrain est devenu plus créatif après l’insertion de la jeune pépite de 21 ans, Jadon Sancho. Ce dernier, à côté de Raheem Sterling, rend le jeu plus fluide, plus imaginatif et plus agréable également.

Raheem Sterling et Harry Kane: deux moteurs de l’attaque anglaise

La confiance en soi des « Dynamites » danois est à apprécier. Cependant, ils auront à cuire une vaillante formation britannique qui allie la technique à la puissance athlétique et qui possède des talents individuels qui donnent des frissons à l’adversaire.

Que les meilleurs gagnent ! Vive le foot!

Réginal Souffrant

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