Qui Parle de Démocratie au Pays ? (2eme partie)

  1. Qui Parle de Démocratie au Pays ?

« Nou vle rete Ti moun, Nou refize Granmoun » (Tropicana d’Haïti).

Par Wilfrid Suprena

C’est quoi le débat politique aujourd’hui ?

Les partis politiques ?

La corruption ?

L’insécurité ?

La Criminalité à son paroxysme ?

La délinquance juvénile ?

Un système éducatif dévalorisant en chute libre… ?

Un système judiciaire moribond et inadapté

La “ruralisation des cités”. ?

L’industrialisation du pays ?

Les questions de santé et de salubrité publique ?

L’émigration forcée… ?

L’environnement du pays sacrifié ?

La décapitalisation des classes moyennes ?

La culture travestie. ?

J’hésite à avancer une réponse.

A écouter les émissions radiophoniques ou télévisées, les discours et les points de presse de l’équipe au pouvoir, l’on continue à se demander mais dans quelle boue nous envoie-t-elle patauger encore ?  Avec la priorité accordée au référendum pour une nouvelle constitution cousue par des intellos aux doigts branlants, au cerveau délirant avec une vision totalement étriquée du pays Haïti et des Haïtiens ! Où veulent-ils nous conduire eux et leurs suppôts nord-américains et européens ?

Le parti politique au pouvoir tout fractionné qu’il soit avec des vues autocentrées, rétrogrades et portées vers la résurrection d’un passé honni, infectieux ne saurait en aucune façon alimenter des discussions sérieuses et honnêtes sur l’essence de nouveaux types de rapports sociaux et politiques pouvant aider la société haïtienne à construire du nouveau, du neuf sur des ruines encombrantes qu’on veut ensevelir…

Du débat, du vrai débat sur la démocratie, ou encore sur plus de démocratie au pays, ces gens-là, très petits et en pensée politique et en intelligence sociale n’en ont cure…

De l’autre côté aussi ? Cette myriade de particules, de groupuscules politiques qui se prennent très au sérieux et qui se regroupent sous le label assez poétique mais très désopilant «d’opposition plurielle» tarde encore à prouver qu’ils peuvent constituer une vraie alternative pour en finir une pour toutes avec le passé duvalierien et autocratique….

Leur discours ? Confus et incapable de projection de bien-être collectif pour tous les Haïtiens à l’orée de trois ou quatre décennies…

Des occasions en or pour constituer une vraie force, une vraie machine politico sociale pour déboulonner et effacer les tares monopolisatrices et despotiques ayant jalonné notre histoire, ils ont raté et continuent d’en rater depuis après 16 décembre 1990… Beaucoup d’entre eux n’ont eu ni le bon sens civique, ni la conscience patriotique, ni la vision idéologique de construire ENSEMBLE ce grand Parti socialiste avec des tendances différentes en son sein pouvant se représenter à chaque quinquennat (constitution 1987) mais avec idées modernes et adaptées au moment…

La constitution de 1987 était élaborée, en ce sens, pour donner vie à de grands partis politiques inclusifs et pour qu’aucun Haïtien ne se cache plus derrière des prétextes farfelus pour ne pas s’engager dans la vie politique…

Constitution Haitienne de 1987 (Photo: Amazon.com)

C’était ça l’objectif, la marche vers une conscience sociale épanouie quand dans la nuit du 27 au 28 Mars 1987, on se faisait vigiles, sentinelles, on battait les « ténèbres » pour décourager les officiers et les soldats de l’armée d’Haïti ainsi que les anciens tontons macoutes réaffectés comme agents répressifs, « attachés » de la gent militaire pour les dissuader de dérailler le processus enclenché pour reconstruire notre pays…

On écoutait Radio Haïti Inter et on chantait tous : « Peyi a pou Nou De… Sa k pa kontan voye ròch o… »

Mais l’esprit de clan, l’esprit de chapelles politiques ici et là a triomphé presque immédiatement. La coordination lavalas avec les marxistes révisionnistes et certains théologiens de libération, des experts en verbiage politique, des opportunistes «tout terrain» ont entamé le processus de destruction de cette constitution moderne et démocratique qui voulait institutionnaliser une vie politique saine au niveau de la paysannerie Haïtienne…Ils n’ont pas voulu voir de vrais partis politiques à l’œuvre dans de vrais débats démocratiques où le pouvoir sans discussion reviendrait «aux plus capables» ( slogan d’Edmond Paul, d’Anténor Firmin)…

Et puis, on est arrivé à cet émiettement de valeurs et d’idées qui ont permis à des gens sans préparation, sans intellect, sans empathie qui n’auraient jamais dû s’approcher des affaires administratives d’état d’avoir les commandes de ses appareils. Quelle tristesse ! Quelle aberration !

En 2015/2016, une occasion en or leur était encore offerte pour se refaire une personnalité politique collective… Là encore, ces «brasseurs» en politique de conquête immédiate de pouvoirs ont opté de jouer en solo pour aller Se plaindre après… Comme en 2011, ils n’ont pas cherché à éviter à ce fier pays l’hécatombe Martelly.

Qui parle de démocratie au pays en l’an de grâce 2021… ?

A quand la réelle «Caravane» pas d’un homme, un scélérat, un fieffé menteur mais d’une équipe qui sillonnera tout le pays, soulèvera les montagnes pour replacer Haïti les rails démocratiques par :

⁃              l’application de la constitution de 1987 dans son intégralité…

⁃              La mise sur pied du Conseil électoral permanent, point de départ pour un travail constant et à long terme d’éducation au civisme et à la démocratie

⁃              La loi du fonctionnement des partis politiques

⁃              L’élimination des bases de la délinquance armée au pays…

⁃              La mise sur pied de programmes et de projets vitaux pour la restauration de la confiance des Haïtiens en eux-mêmes en vue de préparer consciemment leur avenir…

Parlons entre nous de Démocratie, de la vraie démocratie qui incitera et poussera tous les Haïtiens à s’engager dans la vie et la bataille politique avec seul et unique objectif de redresser notre pays en faisant échec aux imposteurs de tout acabit, aux opportunistes sans foi ni loi, aux politiciens revanchards, aux corrupteurs et corrompus sans état d’âme…à tous les monopolistes…aux despotes déguisés, à visière levée ou dans l’ombre cachés…

Oui, parlons de démocratie ! De la démocratie participative et collective où le souverain sera à nouveau roi et non une minorité qui veut toujours parler en son nom….

Oui, parlons de démocratie dans une Haïti libérée de la domination étrangère… ! V

 

Wilfrid Supréna…

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