Incroyable Mais Vrai…
« Ala m genyen sis pitit pou lekòl… »
« M ap f’on travay ki pa menm rapòte » (L’orchestre Septentrional).
Par Wilfrid Supréna
Pourquoi a-t-on choisi de laisser ce peuple à majorité analphabète dans cet état ? Pourquoi en 29 années de pouvoir, les duvaliéristes n’ont construit que trois lycées secondaires, l’un à Pétion Ville et deux autres à Petit Goâve (Lycée Faustin Soulouque) et l’autre à Léogâne (Le lycée Simone O. Duvalier) … Si ma mémoire est bonne, en 29 années de pouvoir, trois lycées secondaires ont été construits dans l’Ouest. Rien dans le reste du pays…
Dans le Nord, par exemple, un seul lycée pour tout un département avec 19 communes. C’était un choix ou quoi ?
En tout cas, ce ne fut nullement un investissement dans le sens de la préparation du mental et du civique de jeunes Haïtiens et Haïtiennes à contempler les défis du futur dans un monde qui était en complète gestation : La guerre Froide, La décolonisation, Le non-alignement, les Revendications civiques aux États Unis, La Révolution Culturelle en Chine, La guerre de Libération au Viêt Nam, Mai 1968….
À la même époque, au contraire, de jeunes cadres et professionnels Haïtiens étaient poussés de gré ou de force à s’effacer.
– De gré (embrigadement par l’ONU pour aider dans l’enseignement en Afrique et/ou au Québec.
– De force : Répression systématique contre les lecteurs ou sympathisants des Che, Neruda, Ho Chi Minh, Malcolm X Ou Lumumba.

Alors, comment aider à construire une société démocratique chez nous ?
Où la majorité des analphabètes pourraient consciemment rejeter les 1.000.00 gourdes pour un vote pour ne pas compromettre leur avenir et celui du pays et déposer leur bulletin derrière un programme (une équipe) et non un homme… ?
Voici les idées d’un minuscule projet. Il donne la priorité à l’éducation.

Une fois arrivée au pouvoir, une équipe prendrait toutes les dispositions nécessaires pour reprendre la formation éducative des Jeunes Haïtiens des mains des Levantins, des Normands et autres confessions religieuses ou nationalités ayant investi dans la formation de cette élite dont la tête est partout ailleurs dans les boîtes à penser de “L’Occident Chrétien et Capitaliste” et les pieds sur ce territoire méconnaissable… !
Les églises (catholiques ou protestantes) n’auraient aucun, absolument aucun rôle à jouer dans le curriculum éducatif Haïtien !
On voit déjà la tête que ferait une certaine élite intellectuelle et professionnelle qui ne jure que par les Religieux et Religieuses français ou canadiens ayant orienté leurs facultés cognitives… !
– On déclarerait le système éducatif Haïtien gratuit à tous les niveaux. De la maternelle à l’université. L’école privée en Haïti serait bannie à jamais. Donc plus « d’écoles Borlette » pour former des sous citoyens à la Jovenel et Martelli…
– Des écoles maternelles et primaires contrôlées et supervisées par l’état dans toutes les sections rurales…Deux lycées secondaires (garçons et filles) dans chaque commune…
Un Lycée technique et agricole dans chaque chef-lieu d’arrondissement
Une université pluridimensionnelle publique dans chaque chef-lieu de département…
-On ferait obligatoire la formation continue pour les adultes dans les lycées….
Chaque adulte Haïtien devrait pouvoir lire :
– un ouvrage de formation civique
– La constitution Haïtienne
– Le vieux Paysan de Louis Joseph Janvier
– L’effort dans le Mal (Anténor Firmin).
– Gouverneurs de La Rosée de Jacques Roumain….
Voilà, comment on peut s’y prendre pour aider les Haïtiens à quitter leurs statuts de “ sujets” i.e.…des récipients vides « empty vessels » prêts à suivre n’importe quel « chef de gwoukman » qui promet monts et merveilles à l’approche des joutes électorales et incapable de délivrer quoi que ce soit…
On formerait ainsi des citoyens, pas des sous hommes et sous citoyens ou des sujets toujours prêts à abdiquer leurs droits pour des miettes…
Seuls des citoyens formés et conscients de leurs droits et leurs devoirs peuvent être garants de la stabilité politique à long terme.
– Les armes, pas
– Les milices, pas
– La force, pas
– La peur, pas
– L’autoritarisme, pas
– Le Culte de la personne où
– Le pouvoir personnel, encore moins dans un pays créé par un ensemble d’anciens abrutis qui avaient un seul rêve commun : casser leurs chaînes…
Ils ont cassé leurs chaînes certes depuis mais on les a poussés à vivre dans des conditions environnementales tellement malsaines et épouvantables qu’ils se demandent : quel est le goût de la liberté…et quel est son coût ?
La stabilité politique émergera dans notre pays quand on décidera d’être Haïtien. C’est à dire d’accepter d’être collectif et solidaire. Dans toutes les occasions. Dans toutes les circonstances…
Depuis la mort de Dessalines. Nous n’avons jamais été éduqués en ce sens. Admettons-le. Soyons honnêtes avec nous-mêmes. Conditions sine qua non d’un vrai et nouveau départ…
Wilfrid Supréna





