Des conseillers présidentiels souffrent du Syndrome de « Lame Duck » !

Des conseillers présidentiels souffrent du Syndrome de « Lame Duck » !

BOUKAN NEWS, 01/25/2025 – En politique, on qualifie de « Lame Duck » un responsable qui, approchant de la fin de son mandat, se retrouve considérablement affaibli et impopulaire auprès de la population. Craignant ce qui pourrait lui arriver après avoir quitté le pouvoir, il adopte souvent des attitudes imprévisibles, conflictuelles ou menaçantes, tout en développant une certaine paranoïa et un sentiment de grandeur vis-à-vis de son entourage.

En ce qui concerne Smith Augustin, celui-ci est manifestement affecté par ce que l’on désigne comme une « dissonance cognitive de sortie du pouvoir » ou un « dénis fin de mandat ». Cela se traduit par des attitudes incohérentes, marquées par des revirements constants. Par exemple, Smith a d’abord apposé sa signature sur la résolution visant à révoquer Didier Fils-Aimee du poste de premier ministre, puis, moins de vingt-quatre heures plus tard, il s’est rétracté, semblant ignorer la portée de son geste. Il a ensuite adressé une lettre au coordonnateur du CPT, Laurent Saint-Cyr, dans une démarche apparemment destinée à apaiser sa conscience, en adoptant un ton plus conciliant.

Par ailleurs, il a sollicité l’avis de deux animaux politiques, Youri Latortue et Joseph Lambert, pour obtenir des conseils. Finalement, quarante-huit heures plus tard, après avoir subi des pressions de la part d’autres signataires de la résolution, il publie un tweet dans lequel il affirme à nouveau : « J’ai voté, j’ai signé. J’ai pris cette décision en toute légalité, dans l’exercice plein et entier de mes prérogatives présidentielles. Je l’assume pleinement. »

Le comportement observé chez Smith Augustin et ses homologues illustre parfaitement une tendance récurrente dans la sphère politique haïtienne, où nombre de dirigeants s’accrochent au pouvoir au-delà de la fin de leur mandat. Sans pour autant qualifier cette attitude de pathologie médicale, il apparaît que ces responsables cultivent une relation de dépendance psychologique préoccupante avec l’exercice du pouvoir. Il s’agit là d’une forme de narcissisme politique qui altère leur capacité à appréhender objectivement la réalité.

Lors d’un échange avec un ancien responsable haïtien de haut rang, celui-ci suggère vivement au dirigeant de prendre ses distances avec la scène politique une fois son mandat terminé. Selon lui, il est essentiel de s’accorder une période de retrait afin de se réadapter à une existence ordinaire, où les coups de téléphone se font plus rares, les opportunistes disparaissent et les flatteurs se tournent vers de nouveaux protecteurs.

Pour Smith Augustin, Gerald Gilles et Emmanuel Vertilaire, l’inquiétude quant à leur avenir est pleinement justifiée. Leur implication dans le honteux scandale de la BNC ne fait guère de doute, tant les éléments à charge sont nombreux, notamment à l’encontre de Gerald Gilles. Ce dernier avait pris pour habitude d’envoyer des messages via WhatsApp à des hauts fonctionnaires dans le but d’obtenir d’importantes sommes d’argent, n’hésitant pas à user de menaces contre eux. Conscients qu’ils risquent fortement d’être condamnés à de longues peines de prison, ils se retrouvent prisonniers de la sphère politique. Pour eux, le pouvoir est devenu vital, à la fois une identité, une raison d’être et un miroir ; la simple idée de devoir vivre sans dominer les leviers du pouvoir les terrifie, au point de les pousser à adopter des comportements criminels pour le conserver à tout prix.

Alors que le 7 février approche, il est essentiel de rester vigilant face à toute éventualité dans ce pays de 27 500 km². Les bouleversements qui pourraient survenir à cette période sont susceptibles de provoquer de profondes répercussions sur les anciens dirigeants politiques. Fragilisés par l’incertitude, certains risquent de perdre tout repère, de manifester des comportements irrationnels, voire, dans les situations les plus extrêmes, de sombrer dans la violence politique ou la criminalité. L’angoisse du vide laissé par la fin du mandat et la peur d’éventuelles représailles peuvent amener ces individus à poser des actes désespérés, au mépris de toute éthique, dans le seul but de préserver un semblant de pouvoir ou d’échapper à la justice.

Boukan news

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