La transition politique haïtienne : enjeux et propositions du Front Commun
En route vers l’échéance du 7 février 2026
BOUKAN NEWS, 01/15/2026 – Alors que la date du 7 février 2026 approche, la scène politique haïtienne est marquée par une agitation généralisée. Ce tumulte est principalement alimenté par l’attente de la chute du Conseil Présidentiel de Transition, souvent désigné sous le nom dépréciatif de CPT. Les tensions se manifestent tant au sein du CPT, dont certains membres cherchent à conserver le pouvoir par des manœuvres en coulisses, qu’à travers l’appel à la mobilisation populaire lancé par des opposants. Cette mobilisation s’apparente à une « poté bouré » à l’haïtienne, illustrant la volonté d’une partie de la population de s’impliquer dans le processus politique. Par ailleurs, de nombreuses organisations sociales et politiques de la société haïtienne s’appuient sur l’application de l’article 149 de la constitution de 1987 comme seule issue envisageable à la crise actuelle.
La position du Front Commun vers la Cour de Cassation
Le 8 janvier 2026, le « Front Commun vers la Cour de Cassation » a organisé une conférence de presse pour réaffirmer publiquement sa position sur la question de l’article 149 de la constitution. Selon cette disposition constitutionnelle, la présidence provisoire, à partir du 7 février 2026, devrait être exercée exclusivement par un juge issu de la plus haute juridiction nationale, la Cour de Cassation. Si le Front Commun n’est pas seul à défendre cette interprétation, il se distingue par l’originalité et la constance de son approche.
En effet, cela fait près de trois ans que ses responsables demeurent fermement attachés à la solution de la Cour de Cassation, une rareté dans le paysage politique haïtien. Les membres actifs du Front Commun ne poursuivent pas la quête du pouvoir, mais agissent dans un esprit patriotique et responsable. Leur sérieux et leur conviction ouvrent la perspective d’une sortie de crise et d’une contribution renouvelée d’Haïti à la civilisation. Ce collectif se distingue également par la formulation d’une proposition claire et organisée, conçue pour répondre à la profondeur de la crise, qu’il considère comme structurelle. Ainsi, il estime impératif de rejeter toute approche superficielle, afin d’éviter que des solutions inadaptées n’aggravent la détresse de la population.
Organisation et objectifs du Front Commun
Le « Front Commun vers la Cour de Cassation » rassemble un large éventail d’organisations sociales et de partis politiques haïtiens. Il s’agit d’une coalition formée autour d’un objectif fondamental : garantir la réussite de la transition politique, en restaurant la légalité constitutionnelle, la légitimité populaire et une véritable représentativité nationale. Ce regroupement se distingue par sa diversité et son ampleur, réunissant des acteurs venus de multiples horizons, tous convaincus que l’application de l’article 149 de la constitution est indispensable pour instaurer une solution durable à la crise politique. À partir du 7 février 2026, la présidence provisoire devrait donc être confiée à un juge de la Cour de Cassation.
Parmi les membres du Front Commun figurent notamment le Congrès de Ouanaminthe, le parti Camp National, Proposition Citoyenne, CEHAH, Group de Contact to Haiti, Fos Peyizan pou Chanjman, Diaspora Pour la Paix, Parti Fédéraliste, Protestants pour la Défense des droits humains, Association des Planteurs, Symposium de Madrid, Mobilizasyomn Hayisyen Natif Natal, ainsi que de nombreuses autres organisations partageant l’aspiration à une gouvernance responsable et représentative.
Engagements et principes d’action
L’engagement des entités membres du Front Commun se traduit par la défense de principes démocratiques et constitutionnels, mais aussi par la volonté d’impliquer la société civile et la diaspora dans l’élaboration d’un avenir stable pour Haïti. Leur mobilisation collective s’appuie sur le dialogue et le respect des institutions, avec pour objectif de garantir une transition politique transparente et inclusive. Cette démarche vise à offrir à Haïti une réelle opportunité d’apaisement et de renouveau.
Propositions pour une gestion transparente de la transition
Pour concrétiser ses objectifs dès le 7 février 2026, le Front Commun a mis en place plusieurs dispositifs structurants. La première mesure proposée est la désignation d’un juge issu de la Cour de Cassation pour exercer la présidence provisoire, avec un mandat limité à une année. Ce choix reflète la volonté de garantir la neutralité et la légitimité institutionnelle à la tête de l’État durant la période de transition.
En complément, le Front Commun recommande la nomination d’un Premier ministre de consensus. Cette personnalité, choisie en concertation avec les différentes forces vives de la nation, devra recevoir l’approbation du président provisoire. L’objectif est de favoriser un climat politique apaisé, propice à la cohésion nationale et à une transition efficace.
Pour assurer une gestion rigoureuse des finances publiques et prévenir les dérives observées par le passé, la création de l’Organe de Contrôle de l’Action Gouvernementale (OCAG) est prévue. Cet organisme indépendant aura pour mission de surveiller en permanence l’utilisation des ressources de l’État, d’encadrer les décisions budgétaires et de promouvoir la reddition de comptes à tous les niveaux du pouvoir.
Enfin, le Front Commun propose la mise en place d’un gouvernement technocratique composé d’un nombre restreint de membres, choisis pour leur compétence et leur intégrité. Ce choix vise à privilégier l’efficacité administrative et à réduire les risques de clientélisme et d’influences partisanes. L’ensemble de ces mécanismes ambitionne de restaurer la confiance des citoyens dans les institutions et de jeter les bases d’une gouvernance moderne, centrée sur l’intérêt général.
BOUKAN NEWS






