LE MASSACRE DE WIRIYAMU : L’HOLOCAUSTE OUBLIÉ DU MOZAMBIQUE

LE MASSACRE DE WIRIYAMU : L’HOLOCAUSTE OUBLIÉ DU MOZAMBIQUE

 

BOUKAN NEWS, 12/30/2025 – Le 16 décembre 1972, un matin comme les autres se leva sur Wiriyamu, un village paisible du district de Tete, dans le Mozambique encore sous domination portugaise. Environ 400 âmes y vivaient : des cultivateurs, des enfants insouciants, des vieillards gardiens de la mémoire orale. Le soleil éclairait la vallée du Zambèze, ignorant qu’il allait éclairer l’indicible.

Les bourreaux étaient les commandos spéciaux portugais, sous le commandement opérationnel du capitaine Manuel João Diogo Neto, et la direction stratégique du général Kaúlza de Arriaga, commandant suprême des forces coloniales au Mozambique. Leur doctrine : la « terre brûlée », destinée à briser tout soutien présumé à la guérilla du FRELIMO, le Front de libération du Mozambique.

L’opération débuta à 9 heures du matin. Les commandos encerclèrent le village, coupant toute issue. Les habitants, surpris dans leurs activités matinales, furent rassemblés de force sur la place centrale. Hommes, femmes, enfants furent séparés. Les soldats fouillèrent les huttes, cherchant des armes ou de la propagande.

Puis, pendant six heures, l’horreur se déploya avec une précision méthodique.

Les hommes furent alignés contre le mur de l’école. Parmi eux, le père Mateus Gwengere, 52 ans, qui s’agenouilla pour prier. Un soldat l’abattit d’une balle dans la nuque, à bout portant. Quarante-deux hommes subirent le même sort. Le sol devint rouge et visqueux.

Les femmes furent soumises à des violences d’une brutalité inouïe. Maria Banda, 24 ans et enceinte de sept mois, fut traînée derrière sa hutte. Trois soldats la violèrent successivement. Le dernier, après avoir fini, lui enfonça sa baïonnette dans le ventre en ricanant : « Pour le petit terroriste ». Dix-sept femmes furent violées avant d’être exécutées.

Les enfants ne furent pas épargnés. Le soldat António Ramos, dont le nom fut plus tard révélé par des témoins, prit le bébé de Celina Jorge, âgé de cinq mois. Il le lança en l’air comme un ballon et tira dessus avant qu’il ne retombe. Les autres soldats applaudirent. Douze nourrissons furent tués de manière similaire.

À midi, les huttes furent incendiées. João Nhantumbo, 68 ans et paralysé, fut jeté vivant dans les flammes de sa propre maison. Ses cris durèrent deux longues minutes. Quatre-vingt-neuf personnes périrent carbonisées

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