Kenya reçoit 1.6 milliard de dollars des États-Unis, 0 $ pour Haïti

Kenya reçoit 1.6 milliard de dollars des États-Unis, 0 $ pour Haïti

 

BOUKAN NEWS, 12/04/2025 – Haïti se distingue comme le seul pays au monde dont les dirigeants collaborent avec les États-Unis dans le but principal de s’accrocher durablement au pouvoir. En 1962, le pays a voté pour l’exclusion de Cuba de l’Organisation des États Américains (OEA), une tâche confiée à René Chalmers, alors ambassadeur haïtien auprès de l’organisation, qui dut mener à bien cette honteuse action contre une nation sœur. En retour, au lieu d’un soutien financier, François Duvalier a obtenu de la part du gouvernement américain une sorte de « permis de tuer » pour éliminer toute opposition à son régime et ainsi conserver le pouvoir à vie.

Williams Ruto se rend à Washington afin de bénéficier de la nouvelle stratégie sanitaire des États-Unis, intitulée « America First Global Health Strategy ». Ce dispositif, contrairement à l’ancien modèle, n’implique plus les organisations non gouvernementales. Le secrétaire d’État américain, M. Marco Rubio, en a présenté les grandes lignes : « Les États-Unis ont dépensé des milliards de dollars au fil des années pour aider à mettre en place des stratégies de santé à travers le monde. Ce que nous avons appris avec le temps, et surtout après être venus ici, c’est que bien souvent – et je simplifie, mais c’est une description fidèle – ce qui se passait, c’est que nous allions dans un pays en disant que nous allions l’aider à répondre à ses besoins en matière de santé. Ensuite, nous allions quelque part dans l’ouest ou le nord de la Virginie, trouver une ONG, l’une de ces organisations, lui donner tout l’argent et lui dire d’aller dans ce pays et d’y mettre en œuvre un programme de santé. Cette ONG prenait alors une certaine partie de cet argent pour ses frais généraux et administratifs, et au final, le pays hôte avait très peu d’influence. Tout cela lui était en quelque sorte imposé, et seulement une fraction de l’argent parvenait réellement aux patients et aux populations sur le terrain que nous essayions d’aider, à cause de ces coûts. »

Williams Ruto, motivé par un engagement patriotique marqué, a su exploiter la crise haïtienne afin de consolider ses relations avec l’administration américaine, particulièrement dans les secteurs de la sécurité et du maintien de la paix. Il s’est distingué en prenant l’initiative d’envoyer plus de 1 000 membres des forces de l’ordre et militaires kényans pour diriger une mission internationale à laquelle aucun autre État n’avait souhaité participer. C’est dans ce contexte qu’il effectue actuellement une visite à Washington, où le Kenya devient le premier bénéficiaire du fonds « America First Global Health Strategy », visant à renforcer son système national de santé. Par le biais de ce programme, le pays recevra 1,6 milliard de dollars de la part de l’administration Trump sur une période de cinq ans.

En Haïti, les dirigeants concentrent principalement leurs efforts sur la préservation de leur position politique, souvent avec le soutien des États-Unis. Cette dynamique a été particulièrement visible à la fin du mois de novembre, lorsque des diplomates américains et canadiens sont intervenus publiquement pour demander au CPT de mettre un terme à toute initiative visant à révoquer Didier Fils-Aimé de ses fonctions de premier ministre.

Cette tendance constitue une constante dans la politique étrangère haïtienne. Sous la présidence de Michel Martelly, le neveu de Nicolas Maduro a été extradé vers Washington en 2015, mesure qui n’a généré aucun bénéfice tangible pour le pays ; par la suite, Michel Martelly a fait l’objet de sanctions américaines pour trafic de drogue. Durant le mandat de Jovenel Moïse, le vote opposé au Venezuela visait principalement à assurer son maintien à la tête de l’État. Jovenel Moïse a été assassiné à son domicile en 2021, soit deux ans après cet événement. Actuellement, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé lance l’organisation d’un processus électoral à haut risque, alors que des groupes identifiés sous le nom « viv ansanm » sont impliqués dans des massacres à Pont-Sondé et à l’Estère, ainsi que dans des menaces envers Saint-Marc, le jour même de la publication du décret relatif aux élections. Les gouvernements successifs semblent porter une attention limitée à la sécurité et au bien-être de la population.

Il apparaîtra un moment où les compétences avérées, l’intégrité et la vision seront les principes fondamentaux qui détermineront la conduite du pays. Les futurs dirigeants agiront avec discernement et dans l’intérêt fondamental du bien commun, privilégiant l’intérêt national plutôt que les ambitions individuelles. Cette évolution permettra d’abolir les pratiques contestables centrées sur la préservation du pouvoir personnel, et ouvrira une période caractérisée par l’intégration de la justice, de l’intelligence et de l’empathie dans la gouvernance.

Camp National

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