CPT : Le culte de l’échec ! (1ere partie)

CPT : Le culte de l’échec ! (1ere partie)

BOUKAN NEWS, 08/06/2025 – Le CPT fonctionne comme un collectif où l’incompétence domine. Portés par une arrogance évidente, ses membres stagnent dans la médiocrité, l’immobilisme et l’inefficacité. Pendant ce temps, l’unique enjeu qui justifie leur place à la tête de l’État—la lutte contre l’insécurité—s’aggrave sans cesse, au point de mettre en péril les fondements mêmes de la République. Plutôt que de reconnaître leur échec et de demander l’aide nécessaire ou de s’effacer, les membres du CPT préfèrent semer de faux espoirs en orchestrant des opérations armées qui ne sont que de la poudre aux yeux des victimes. Comme on le dit souvent en Haïti, le gouvernement est à l’oral en se contentant seulement de discours creux. La désinformation y règne, alors que les responsables s’évertuent à dissimuler leurs lacunes plutôt qu’à rechercher les compétences requises.

Selon Samuel Beckett, lauréat du prix Nobel de littérature, l’échec peut constituer une étape vers l’innovation et la réussite : « échoue encore, échoue mieux ». Pourtant, parmi les « intellectuels et marxistes » du CPT, l’échec semble être un compagnon fidèle dans la quête de privilèges. Loin de redouter l’insuccès, ils s’y complaisent, le transforment en norme et en font presque un art, au point de former une véritable confrérie des défaits. Un simple regard sur les récentes nominations dans l’administration publique suffit à s’en convaincre : à quelques rares exceptions près, on assiste à un rassemblement d’individus ayant déjà connu l’échec. Ce rendez-vous assumé avec l’adversité leur permet de s’unir pour échouer collectivement, sans hésiter à entraîner tout le pays dans leur chute.

On doit reconnaître que l’échec du CPT n’a rien de surprenant, tant il avait été annoncé par de nombreux analystes haïtiens et internationaux. Neuf figures politiques, neuf soi-disant présidents, neuf ambitieux avides. Pourtant, la présence de Fritz Jean, Leslie Voltaire, Jean Gardy Leblanc laissait entrevoir une mince lueur d’espérance, même chez les plus sceptiques. Plusieurs croyaient qu’à travers cette équipe, il serait enfin possible de rompre avec la fatalité qui pèse depuis toujours sur le destin national : ce sentiment que le pays ne parvient jamais à échapper à ses dirigeants opportunistes, apatrides ou subordonnés à des intérêts étrangers. Mais la réalité s’est vite imposée : les actions du CPT et de l’administration actuelle ont vite dissipé ce mince espoir, laissant place à un pessimisme grandissant face à l’avenir du pays. On a parfois l’impression qu’une même matrice façonne ces dirigeants obsédés par leur propre ascension, chacun animé par un indéfectible « complexe de Napoléon ».

Cette situation d’échec chronique pourrait s’expliquer par l’influence d’un système éducatif entier, ou le mensonge d’une idéologie valorisant le principe du « pouvoir aux plus capables ». Il s’agit, sans doute, d’un constat sévère quant à la capacité effective de la classe moyenne haïtienne — en grande partie noire — à occuper les plus hautes fonctions de l’État après la période Duvalier. Comme je l’ai déjà souligné lors d’une intervention radiophonique, cet échec ne se limite pas à un groupe, mais illustre bien l’incapacité de l’ensemble de la classe politique traditionnelle.

Il faut reconnaître que l’échec du CPT n’a surpris personne : de nombreux observateurs haïtiens et étrangers l’avaient prédit. Pourtant, la participation de figures telles que Fritz Jean, Leslie Voltaire ou Jean Gardy Leblanc entretenait, même chez les sceptiques, une lueur d’espérance. Ce revers ne touche pas seulement un groupe, mais bien l’ensemble d’un système éducatif et d’une idéologie fondée sur le principe du « pouvoir aux plus capables ». Il met aussi en question la capacité de la classe moyenne, en grande partie noire, à prendre en main les plus hautes fonctions de l’État après l’ère Duvalier. Comme je l’avais souligné lors d’une intervention radiophonique, cet échec est également celui de l’ensemble de la classe politique traditionnelle.

Je vais m’apitoyer un peu sur les raisons fondamentales qui ont produit ces échoués politiques et administratifs du CPT, qui en plus font l’apologie de l’échec. Regardons de près un par un la composition du Conseil Présidentiel de Transition pour se faire une idée plus profonde.

Fritz Jean, souvent perçu comme une voix retentissante et crispée de catéchisme gauchisant, affichait un cynisme mâtiné de profondes ambitions politiques. Il s’est longtemps présenté comme expert en analyse économique, mais en réalité, son passage à la tête de la banque centrale n’a laissé aucune trace marquante, aucune initiative mémorable. Au contraire, il s’est retrouvé empêtré dans une sombre affaire qui a bien failli lui coûter la vie. Ce fut l’intervention rapide d’un ancien député de Pilate qui permit son évacuation, en pleine nuit, vers la République dominicaine, alors que des individus armés — supposément liés à un ancien président déchu et furieux — avaient été dépêchés pour le tuer. Il était accusé d’avoir détourné une forte somme d’argent à des fins personnelles alors qu’il occupait la fonction de gouverneur de la banque centrale. Fritz Jean est égal aux autres, un élément moyen qui s’est faufilé aux plus hauts niveaux de l’État.

Au sein du CPT, Fritz s’est imposé comme le conseiller présidentiel ayant orchestré le plus grand nombre de nominations dans la fonction publique. Plusieurs sources affirment qu’il a placé ses proches à la tête des douanes nationales, de l’APN, du PNCS, ainsi qu’au sein des ministères de l’Éducation nationale et de la Culture, tout en désignant aussi l’ambassadeur d’Haïti à Washington, auprès de l’OEA, et le directeur de la PNH. D’après certains témoignages, Fritz Jean bénéficierait largement de ces nominations, aussi bien sur le plan ministériel qu’administratif et diplomatique.

Jean Gardy Leblanc, affilié à l’OPL et souvent présenté comme l’héritier idéologique du défunt Gérard Pierre-Charles, figure marquante du marxisme haïtien, n’a jamais su se distinguer par son action. Que ce soit comme président de l’Assemblée nationale ou coordonnateur de son parti, il est resté dans l’ombre, sans éclat particulier. Sous sa direction, le parti, censé incarner la modernité politique, a été réduit à une simple façade. Dans un contexte de difficultés personnelles et politiques, il a choisi de scinder le parti pour se rapprocher du pouvoir en place, le PHTK. Cette alliance, pour le moins inattendue, a porté un coup fatal à l’héritage de Gerard Pierre-Charles, à une époque où Michel Martelly incarnait le courant le plus conservateur de la politique haïtienne.

Au sein du CPT, Gardy a souvent été considéré comme peu audacieux, préférant de s’aligner sur les positions du premier ministre Gary Conille afin de préserver, de manière controversée, sa fonction de coordonnateur du Conseil. À l’image de Fritz Jean, Gardy Leblanc a déçu les attentes placées en sa personne.

Concernant Leslie Voltaire, il demeure difficile d’évaluer la portée réelle de ses compétences, tant il n’a laissé derrière lui aucune réalisation tangible. On le connaît surtout pour son éloquence, typique de l’intelligentsia haïtienne. À deux reprises ministre, il a également siégé dans de nombreuses commissions présidentielles, mais sans jamais livrer de résultats concrets. Son parcours ne présente rien qui puisse justifier la confiance qu’on lui accorde. Malgré tout, on vante souvent son intégrité et sa réputation de rigueur dans la gestion des ressources.

L’incident survenu à l’Ambassade du Brésil demeure notable. Lors de cet événement, Gary Conille, alors Premier ministre, n’a pas convié Leslie Voltaire à la table de discussion avec Lula Da Silva. Il convient de rappeler que ce dernier a occupé la fonction de président de la République parmi neuf autres titulaires.

En ce qui concerne les autres membres du Conseil Présidentiel, leur situation sera abordée plus en détail dans la seconde partie du texte qui sera de trois parties, à des fins d’information pour le lectorat.

Boukan News

2 Comments

  1. Ton article présente une critique sévère du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et de ses membres, notamment Fritz Jean, Jean Gardy Leblanc et Leslie Voltaire. Les auteurs de l’article soulignent leur déception face à l’incapacité du CPT à résoudre les problèmes du pays et à respecter les accords conclus.

    Les principaux points de critique sont :

    – Le manque de résultats concrets et de réalisations tangibles de la part des membres du CPT.
    – Les nominations controversées et l’utilisation des postes pour des intérêts personnels.
    – Le manque d’intégrité et de rigueur dans la gestion des ressources.
    – L’incapacité à rompre avec les pratiques politiques traditionnelles et à apporter des changements significatifs.

    L’article conclut que l’échec du CPT est symptomatique d’un problème plus large au sein de la classe politique haïtienne et que des réformes profondes sont nécessaires pour restaurer la confiance et promouvoir le développement du pays.

    Il est important de noter que ton article présente une perspective critique et que d’autres opinions et analyses peuvent exister sur le sujet.

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