Les Virtuoses de l’Incompétence : Quand Haïti Brûle et Ses Dirigeants Écrivent des Lettres
L’Orchestre de l’Incompétence
BOUKAN NEWS, 07/15/2025 – Pendant que Port-au-Prince suffoque sous la fumée des gangs et que les mères pleurent leurs enfants disparus, Fritz Alphonse Jean et Alix Didier Fils-Aimé ont découvert une nouvelle passion : l’épistolaire. Oui, vous avez bien lu. Pendant que le peuple haïtien agonise, nos “dirigeants” ont décidé de se transformer en écrivains publics, échangeant des lettres ouvertes comme des adolescents qui se disputent par SMS.
Fritz Jean, dans sa dernière missive datée du 9 juillet 2025, demande des explications sur le contrat avec Caribbean Port Services, le dossier SCIOP S.A., les passeports, et les mesures sécuritaires. Magnifique timing ! Pendant que les gangs contrôlent plus de 80% du territoire et que les familles mangent de la terre mélangée à du sel, monsieur le Coordonnateur découvre soudainement que la transparence, c’est important.
L’Art de l’Aveuglement Sélectif
L’audace de ces hommes dépasse l’entendement. Fritz Jean s’inquiète d’un contrat de 25 ans avec CPS alors que des milliers d’Haïtiens n’ont même pas 25 jours de survie garantie. Il veut des explications sur 17 millions de dollars “à risque” dans l’affaire SCIOP, pendant que des millions d’Haïtiens risquent leur vie quotidiennement faute de sécurité alimentaire et physique.
C’est comme si le Titanic était en train de couler et que le capitaine demandait des rapports détaillés sur la qualité des serviettes dans les cabines de première classe. L’absurdité devient tragique quand on réalise que ces hommes ont des œillères plus épaisses que les murs de Fort National.
Les Maîtres de la Diversion
Fils-Aimé, de son côté, n’est pas en reste. Pendant que les hôpitaux manquent de tout et que les écoles ferment par centaines, il trouve le temps de répondre aux lettres de Fritz Jean. Quelle productivité ! Pendant que les mères accouchent à même le sol dans les rues de Cité Soleil, nos dirigeants jouent aux correspondants de guerre… depuis leurs bureaux climatisés.
L’ironie est saisissante : ils parlent de “protection des intérêts de l’État” alors que l’État haïtien n’existe pratiquement plus. Ils s’inquiètent de la “sécurité nationale” dans la production des passeports, pendant que la sécurité tout court est un luxe inaccessible pour 95% de la population.
Le Théâtre de l’Absurde
Cette correspondance publique ressemble à du théâtre amateur. Fritz Jean joue le rôle du contrôleur vigilant, Fils-Aimé celui du Premier Ministre incompris. Pendant ce temps, le vrai drame se joue dans les rues : enlèvements, massacres, famine, choléra qui refait surface.
Nos “dirigeants” semblent avoir confondu gouvernance et divertissement. Ils offrent du spectacle quand le peuple a besoin de pain, des polémiques quand il faut des solutions, des lettres quand il faut des actes.
Les Leçons de l’Incompétence
Première leçon : Quand on est au pouvoir pendant une crise existentielle, on ne fait pas du théâtre épistolaire. On agit.
Deuxième leçon : La transparence ne se décrète pas par correspondance. Elle se vit au quotidien, devant les caméras, avec les documents sur la table.
Troisième leçon : Le peuple haïtien n’a pas besoin de plus de palabres. Il a besoin de résultats tangibles : sécurité, nourriture, santé, éducation.
Quatrième leçon : L’urgence ne connaît pas de protocole bureaucratique. Quand la maison brûle, on n’écrit pas de lettres aux pompiers, on éteint l’incendie.
L’Indécence du Pouvoir
Il y a quelque chose d’obscène dans cette correspondance. Pendant que Fritz Jean s’inquiète d’un contrat portuaire, des familles entières tentent de fuir Haïti sur des embarcations de fortune. Pendant qu’il réclame des bilans sécuritaires, des enfants sont recrutés de force par les gangs.
Cette indécence révèle une déconnexion totale entre ceux qui prétendent diriger et ceux qui subissent. Nos “dirigeants” vivent dans une bulle où les vraies priorités sont inversées, où l’urgence humanitaire devient un détail administratif.
La Tragédie Nationale
Haïti mérite mieux que cette mascarade. Le peuple haïtien, qui a survécu à l’esclavage, aux dictatures, aux catastrophes naturelles, ne mérite pas d’être gouverné par des bureaucrates qui confondent correspondance et gouvernance.
Fritz Jean et Fils-Aimé incarnent tout ce qui ne va pas dans la classe politique haïtienne : l’ego avant le service, la forme avant le fond, les querelles personnelles avant l’intérêt national.
Un Réveil Nécessaire
Messieurs les “dirigeants”, le peuple haïtien n’a pas besoin de vos lettres. Il a besoin que vous cessiez de jouer et que vous gouverniez. Il a besoin que vous sortiez de vos bureaux et que vous touchiez la réalité du pays.
Sinon, continuez votre correspondance. L’histoire jugera. Et elle ne sera pas tendre avec ceux qui ont choisi d’écrire des lettres pendant que leur peuple se noyait.
“Nan benyen pa gen kache lonbrit” – Dans le bain, impossible de cacher son nombril. La vérité finit toujours par éclater, messieurs. Et votre vérité, elle pue l’incompétence et l’indifférence.
Pierre-Richard Raymond







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