Haiti: les amuseurs publics créent de l’ambiance
Boukan News, 05/29/2025 – L’amusement tout comme, la drogue, la cigarette, la prostitution déprogramme l’être et le fait oublier l’essentiel. Et ce n’est pas sans raison que ceux qui veulent dominer créent à fond des champs d’amusement :
– La Rome Impériale avec ses arènes de lions affrontant les guerriers,
– L’Espagne de Franco avec ses combats de taureaux
– USA avec Hollywood
– Les dictateurs haïtiens avec leurs 3 B (Bouyon, Banbòch, Baton) suivant un agenda festif programmé à l’année : fêtes champètres, carnaval et raras. Mais pire, depuis après 1986, l’explosion de la radio diffusion et le grand come in du créole sur la scène publique projettent un autre type d’amuseurs hâbleurs, fabulateurs, grands révisionnistes de l’histoire, iconoclastes, sapeurs des mythes, coutumes et religions, démolisseurs des structures sociétales et étatiques .
Les auteurs, metteurs en scène, acteurs, marionnettistes de ce “rabòday” sont nombreux et pour beaucoup dans une dilution totale de conscience.
Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux lorsqu’on ne nous amuse pas avec des prophéties de débiles mentaux, des guerres de Dessalines contre Pétion, ou des choix de drapeaux, surgit la guerre des drones ( men li anlè a lap vini) qui ne frappent que sur les réseaux sociaux et qui n’y tuent que les méchants virtuels.
Cette semaine c’est le tour d’une constitution-fœtus-d’orage-avorté envahissant tous les espaces juste pour amuser la galerie. Si vous pensez que ce n’est pas du pipeau, allez regarder ceux qui sont sous la hampe des projecteurs, écoutez ou lisez-les et puis regardez leur parcours professionnels et académiques et puis allez voir le cursus du droit public et du droit constitutionnel par eux suivi et puis demandez-vous si pour un dîner de Palais on n’est pas en train de faire appel à des “chenjanbis” des cuisiniers improvisés de trottoir.Parallèlement, regardons sérieusement la réalité du Pays et en quoi elle est prise en compte :
1) Pendant près de 6 années consécutives les lycées et écoles nationales sont fermées; déjà vingt ans de declin de l’Université d’Etat d’Haiti (UEH) et deux ans presque de fermeture totale. Pourtant ce sont les tranches naturellement sédentaires de la population qui sont touchées (la masse des lumpen qui ne partira pas) et qui sera par la force des choses et par nombre fournisseuse de politiciens et de dirigeants. Pourtant aucun débat !
2) La population perd ses principaux repères par déracinement physique, mental et psychologique; une population sans domicile fixe avec une jeunesse oisive et ignorante est une bombe nucléaire . Cela ne préoccupe pas grand monde.
3) Les entreprises haïtiennes, les Eglises, les Écoles en général sont sournoisement déclarées terroristes . Oui! Parce que la survie leur a imposé de passer au moins une fois à la caisse de ceux qui détiennent le pouvoir réel, la milice armée makouto-lavalasso-PHTKiènne, déclarée terroriste. Pourtant ses principaux bailleurs, certaines ambassades et ONGs, allaitant cette insécurité, sont retirées de la liste des terroristes même quand elles sont identifiables et identifiées . Le Boss des boss absout leurs actions sous le fallacieux prétexte que c’est par nécessité de sauver de la famine la population haïtienne des camps et ghettos qu’ils ont dû composer avec les terroristes pour y avoir accès. Pince-sans-rire ! Pourtant l’Etat Haïtien est poussé doucement mais sûrement vers la catégorie des États voyous où toutes agressions subies plus tard lui seront bienvenues et applaudies . Or, aucun Haïtien ne réagit.
4) Les banques de la place ne respectent aucune règle et n’ont aucun respect pour leur clientèle attaquant ainsi la stabilité d’un des piliers de la souveraineté , “la monnaie”. Mais aucun débat ! c’est trop sérieux.
5) La crise haïtienne grandit dans une quasi invisibilité sur la scène internationale . Mais comble de malheur, nos marionnettes politiques amadouées par les commanditaires de la catastrophe déplacent de l’ONU le cas haïtien – où la contradiction entre les puissances pourrait jouer en faveur d’Haiti – pour le ramener à la petite chambre de l’OEA, officine de nos élections controversées, l’une des causes de nos malheurs. Cet organe domestique du grand voisin, supporteur de nos compétiteurs déloyaux de la grande Caraïbe, ne saurait être en mesure de porter à nous Haïtiens, dans le moment actuel aucune solution viable de paix et de bien-être . Mais non ! Laisse faire, ça ne dérange personne chez nous.
Il est plus sérieux pour nos pantins politiques de jouer aux “aloufa” dans des postes politiques, des petits projets de consultation et de confection de constitution “malatchong” tout moun jwenn qui n’est autre que de la poudre aux yeux :
Les femmes 40%, même si la violence politique ne vous le permettra jamais;
La jeunesse au pouvoir sans écriture ni lecture pour terminer en Poupée Habitant;
La diaspora a droit de participation au champs politique même si de plus en plus, en majorité, elle perd en qualité et en attachement au pays natal, délaissant les espaces de savoir et de fréquentation des structures organisées pour n’être que de simples chauffeurs de taxi et/ou chômeurs masqués sur les réseaux sociaux en attendant un retour en force à la cité de bambocheurs sans foi ni loi (lakay se lakay).
Maurice Sixto crierait : “Chalmas a la kotew tande ! “
Daniel Jean
daniel_jean50@yahoo.fr






